Le conseil consultatif, vecteur d’amélioration du réseau

2011-11-08T16:45:00+02:0008.11.2011, 


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Organe méconnu des réseaux français, le conseil consultatif a pourtant fait ses preuves à l’étranger. Lors de son atelier du 26 octobre, l’IREF a insisté sur l’importance de cet outil de management et de partage des idées.


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Outil de communication bidirectionnelle entre le franchisé et le franchiseur, le conseil consultatif permet l’harmonisation des pratiques au sein du réseau.

Un vecteur de communication

Encore peu usité, le conseil consultatif est un vecteur de communication et de dialogue au sein du réseau. Contrairement à l’association qui défend les intérêts des franchisés, le conseil consultatif a pour vocation de défendre l’intérêt du réseau dans son ensemble. Cette structure joue un rôle de catalyseur : c’est un outil de communication bidirectionnelle entre le franchisé et le franchiseur, qui permet l’harmonisation des pratiques au sein du réseau.


Faciliter la transmission du savoir-faire

« Le principal objectif du conseil consultatif est de rappeler aux franchisés que la marque fait partie de leur fonds de commerce, rappelle Michel Kahn, consultant expert en franchise et président de l’IREF. C’est souvent parce qu’ils se sentent détachés de la marque que les franchisés sont hostiles aux changements proposés par le franchiseur. » Au sein d’un conseil consultatif, tous les acteurs de l’enseigne – franchisés, franchiseurs, commissions spécialisées – fertilisent l’expérience du réseau, ce qui en fait un véritable outil de management. « On observe que l’intégration de nouvelles innovations se fait sans résistance dans les réseaux ayant mis en place des conseils consultatifs », confirme Pierre-Olivier Villain, avocat spécialiste du droit de la franchise et membre de l’IREF.


Le paradoxe français

En matière de conseils consultatifs, la France est très en retard sur les pays anglophones. En Australie par exemple, l’absence d’un conseil consultatif indique que le franchiseur est défavorable à l’idée du partage d’informations, et qu’il ne prend pas en compte les bonnes pratiques des franchisés pour améliorer les performances de son réseau1. « En France, l’association d’adhérents est souvent mieux organisée que le conseil consultatif ! Il manque à cet organe un statut légal, pour le structurer et le rendre légitime en tant qu’instance de décision », explique Pierre-Olivier Villain.


Différentes sources de financement

« Pour fonctionner, un conseil consultatif doit être indépendant. Il doit donc disposer de ses propres ressources », ajoute Pierre-Olivier Villain. Plusieurs solutions existent pour financer cette structure. L’enseigne peut bâtir un système similaire à celui du comité d’entreprise, et le financer par le franchiseur. Au Canada, où le conseil consultatif tient une place importante dans la gestion d’un réseau, cette solution est généralement privilégiée2. Il est possible également de financer le conseil consultatif via la création d’une association, ou l’adoption d’une autre forme juridique qui bénéficierait de subventions. Finalement, le réseau peut exiger une participation de tous les adhérents, à travers la redevance par exemple.

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1 Témoignage de Jason Gehrke, directeur du Franchise Advisory Centre : « What is a franchise advisory council ?», publié le 1er septembre 2009 pour www.smartcompany.com.au
2 Didacticiel de la Franchise, chapitre 10 : Introduction au Conseil Consultatif des Franchisés, par l’Association canadienne de la franchise

Camille Prigent