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Paris ou province : où créer sa franchise ?

2016-07-25T08:08:00+02:0025.07.2016, mis à jour le 25.07.2016,


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Prix des loyers commerciaux, rythme de vie, concurrence… Ouvrir son commerce en franchise en région parisienne diffère sensiblement d’une installation dans le reste de la France. Pour certains, créer en franchise est même l’occasion de quitter la capitale pour changer de vie.

Paris ou province en franchise
Crédits photo : Marcin Krzyzak / Shutterstock.com

Chaque année, près de 200 000 Franciliens quitteraient Paris pour s’installer en province, selon les chiffres de « Quittez Paris pour entreprendre », un collectif d’aide à la création d’entreprise en région. Pour ceux qui décident de saisir cette occasion pour changer de carrière, la franchise offre de nombreuses opportunités.


Un investissement moindre

C’est ce qu’a fait Laurent Bossin : après avoir travaillé pendant une quinzaine d’années en tant que directeur salarié de plusieurs magasins de bricolage, ce quadragénaire a décidé de quitter la région parisienne pour repartir à zéro… et devenir son propre patron. « Je ne me reconnaissais plus dans les valeurs du groupe qui m’employait et je souhaitais me rapprocher de mes enfants qui habitaient en Anjou », commente Laurent Bossin. Rapidement, la franchise s’impose comme une solution pour quitter Paris et un poste qui ne l’enchante plus. Contacté par Tryba après s’être rendu à Franchise Expo, il décide d’en apprendre plus sur cette enseigne spécialiste des fenêtres. « J’ai eu un véritable coup de cœur », témoigne-t-il. Sa décision est donc prise : il devient concessionnaire pour la marque en 2008 et installe son affaire à Saumur, dans le Maine-et-Loire. « Je n’ai pas envisagé une seconde de m’implanter en région parisienne, notamment parce que cela aurait coûté quatre fois plus cher !», ajoute-t-il.

Rien qu’en termes de loyers commerciaux, les différences de coûts sont énormes entre la capitale et le reste de la France. D’après les données annuelles de BNP Paribas Real Estate pour l'année 2015, il faut compter 3 300 euros par mètre carré à l’année pour un commerce rue de Rivoli, 7 000 euros dans le quartier Saint-Germain et jusqu’à 20 000 euros pour un local situé sur les Champs Elysées. A titre de comparaison, pour un emplacement numéro 1 dans une autre grande ville de France il faudra investir 2 800 euros à Lyon, 2 200 à Lille, Strasbourg et Nice, 2 100 à Toulouse et Marseille, 1 200 euros à Annecy ou Orléans. Dans certaines agglomérations comme Clermont-Ferrand, Brest, Chambéry ou encore Saint-Etienne, les loyers commerciaux ne dépassent pas les 900 euros annuels par mètre carré. « Et puis le tissu économique local étant plus petit, il est plus facilement de démarrer rapidement et de faire connaître son entreprise en province qu’à Paris », souligne le concessionnaire Tryba.


Un projet de vie

Quitter la région parisienne, c’est aussi adopter un nouveau rythme de vie, comme le souhaitait Ambre Cholley, une esthéticienne diplômée qui a travaillé durant 7 ans à Paris avant de devenir franchisée Carlance à Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. « Mon compagnon travaillait dans le Sud et nous voulions fonder une famille », raconte la franchisée. « En province, le rythme de vie est moins stressant, plus serein : les conditions sont idéales », ajoute-t-elle. A la différence du concessionnaire Tryba, Ambre Cholley n’a pas de plan de carrière défini lorsqu’elle quitte la région parisienne pour rejoindre son compagnon. Après plusieurs mois de recherche, elle devient esthéticienne pour l’institut Carlance d’Orange. « C’est ainsi que j’ai découvert cette enseigne, dont le concept m’a tout de suite plu ». Un an et demi plus tard, en février 2013, elle décide de passer côté franchisée et ouvre son propre institut avec l’enseigne. « Je suis devenue chef d’entreprise, ce que je n’aurais jamais pu envisager en restant à Paris », estime Ambre Cholley, rassurée d’avoir entrepris sur un marché « à taille raisonnable ».


Des opportunités même dans les petites villes

En 2015, sept franchisés sur dix étaient installés dans des villes de moins de 40 000 habitants, selon l’enquête annuelle CSA-FFF-Banque Populaire. Preuve que les enseignes recherchent des candidats partout, et pas seulement dans les grandes agglomérations. Au contraire, pour supporter des loyers commerciaux souvent lourds et garder le contrôle sur des emplacements stratégiques, certains réseaux peuvent avoir intérêt à exploiter en succursale les points de vente des grandes villes et plus particulièrement ceux situés à Paris, et proposer en franchise le reste de la France. C’est la stratégie qu’a adoptée le roi du surgelé Picard pour densifier son réseau et ouvrir dans des zones rurales. Certaines enseignes proposent même en franchise un format « réduit » de leur concept, adapté à une implantation dans les petites villes, comme par exemple le réseau de services à la personne Centre Services et la chaîne de restauration La Boîte à Pizza. « Devenir franchisé dans une petite ville, cela n’implique pas forcément un petit chiffre d’affaires », a rappelé Julien Moineau, président-directeur général d’Axeo Services, lors du salon Provemploi en octobre 2014. « D’autant qu’une zone trop grande à couvrir n’est pas forcément une bonne chose, car le coût d’acquisition du client est en général plus élevé. En revanche, l’un des éléments déterminants de la réussite, c’est l’implication du franchisé dans son point de vente », a conclu Julien Moineau.

Jennifer Matas