Interview

J.-P. Lehmann (FNCV) : « Travailler sur l'accueil du magasin et proposer de nouveaux services »

2009-03-11T16:17:00+02:0011.03.2009, 


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Pour attirer le consommateur, les centres-villes jouent la carte des services. Un souffle nouveau pour les réseaux, avec Jean-Pierre Lehmann, président des Vitrines de Nancy et de la Fédération Nationale des Centres-Villes (FNCV).

Jean-Pierre Lehmann, Les Vitrines de Nancy
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Jean-Pierre Lehmann, président des Vitrines de Nancy et de la FNCV.

Pourquoi les centres-villes subissent-ils encore fortement la concurrence des zones commerciales périphériques ?

Dans l’agglomération nancéenne, sur 100 € dépensés, 75 € le sont en périphérie, et 25 € en centre-ville, soit le même ordre de grandeur qu’au niveau national. Le handicap des centres-villes est double. Il est d’abord financier. Pour l’implantation, le coût du foncier en ville est relativement cher par rapport à la périphérie. Une difficulté à laquelle s’ajoutent des contraintes architecturales ou patrimoniales lors des travaux d’aménagement. Second désavantage : l’accessibilité pour les consommateurs ou les visiteurs. Même si c’est dans l’air du temps de supprimer la voiture en zone urbaine, il faut continuer à partager l’espace urbain avec les véhicules individuels. Le développement des transports en commun en site propre, dont les cadences sont plus rapprochées, reste onéreux pour la collectivité. En périphérie, on se gare facilement et on ne porte rien.


Comment répondez-vous aujourd’hui à ces handicaps ?

Les centres-villes bénéficient d’un cadre de vie plaisant, d’une convivialité et d’un patrimoine qu’on ne retrouve pas en périphérie. De plus, l’accroissement du tourisme urbain profite aux commerçants indépendants et aux artisans, ainsi qu’aux produits « haut de gamme ». L’investissement porte donc sur l’accueil en magasin, mais aussi sur de nouveaux services comme l’information sur l’offre commerciale. A Nancy, il y a un an et demi, nous avons lancé l’expérience d’un Office du Commerce, place Maginot, juste à la sortie de la gare SNCF.

Les Vitrines de Nancy à l’Europe
En 1991, alors que le commerce en centre-ville se désagrégeait au profit des périphéries, « les Vitrines de Nancy » sont nées sur un principe nouveau : mettre en lien les commerçants, les collectivités locales et les chambres consulaires. Trois ans plus tard, ce projet précurseur s’étend à d’autres villes pour former la Fédération Nationale des Centres-Villes (Vitrines de France), qui compte aujourd’hui une cinquantaine de grandes et moyennes villes. Il existe désormais des « Vitrines de l’Europe », dont le siège est à Barcelone et la présidence italienne. Son prochain colloque est prévu à Bruxelles en octobre prochain. Les Vitrines de Nancy regroupent actuellement 400 adhérents commerçants. F.S

Ce kiosque répond notamment à la méconnaissance de l’offre commerciale en cœur de ville, rencontrée chez les visiteurs occasionnels de Nancy, dont l’itinéraire reste tracé d’avance. Sa base de données, tenue à jour, communique aux clients les enseignes présentes, les adresses des boutiques, les horaires d’ouverture et les avantages consentis. Un coupon est édité pour les visiteurs, afin de permettre un suivi personnalisé du client dans un point de vente, dont le nom du responsable est indiqué. Nous avons également une réflexion sur le portage de paquets jusqu’à la voiture par un coursier ou la livraison à domicile dans une consigne de parking, comme le permet déjà le service City Butler à Luxembourg-Ville.


Bientôt, de nouvelles solutions ?

Un nouveau concept, un magasin « Drive-in » Auchan, connaît un franc succès. Dans un esprit de gain de temps, il permet au consommateur de commander ses courses sur Internet et de les récupérer le lendemain en moins de cinq minutes. Ce qui évite de devoir être présent chez soi au moment de la livraison. Pourquoi ne pas imaginer des systèmes à l’identique pour d’autres magasins en centre-ville ? Nous faisons également travailler une école d’ingénieur sur un caddie urbain, capable de monter trottoir et escalier, étanche sous la pluie et protégé contre le vol. Location de vélo, petite voiture électrique, service de voiturier : tout est envisageable. La ville de Luxembourg reste en avance sur ce domaine notamment avec la diffusion d’informations fondamentales sur les téléphones portables, tels que les horaires de bus, la localisation des commerces sur un plan et le nombre de places de parking disponibles. A nous de travailler avec les collectivités locales pour nous équiper de la sorte.