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L’international, oui, mais pas n’importe comment

2016-04-27T08:17:00+02:0027.04.2016, mis à jour le 27.04.2016,


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Brioche Dorée, Yves Rocher, L’Occitane… Les exemples français de réussite à l’international ne manquent pas. Attention, toutefois, à ne pas rater votre lancement à l’étranger. Les conseils de David Borgel, country manager France chez Franchise World Link.

Franchise à l'étranger
Crédits photo : Rawpixel.com / Shutterstock.com

Simple opportunité ou véritable stratégie d’expansion, l’ouverture de points de vente à l’international fait rêver de nombreux réseaux. D’ici la fin de l’année 2016, près de 52 % des enseignes françaises en franchise prévoient d’ouvrir de nouvelles boutiques à l’étranger, selon l’enquête annuelle de la franchise publiée en novembre dernier. Pour certaines, il s’agira d’un premier essai à ne pas manquer, tant les pertes financières et en termes d’image pour la marque peuvent être conséquentes.


Les points à surveiller

Tout le monde n’est pas prêt à se lancer à l’international. S’il n’existe pas de véritables limites à proprement parler puisque les économies sont mondialisées, plusieurs éléments doivent être surveillés. « A commencer par le concept lui-même », explique David Borgel, country manager France chez Franchise World Link, une plateforme spécialisée dans la mise en relation entre investisseurs et enseignes souhaitant se développer à l’international. Selon cet expert, il faut notamment avoir éprouvé son concept dans son propre pays avant de penser à l’exporter. « Les réseaux qui n’ont qu’un ou deux points de vente en France et souhaitent déjà ouvrir à l’étranger courent un réel risque », assure David Borgel.

Autre source de danger : accepter trop rapidement une opportunité sans se renseigner sur le partenaire choisi. Dans un contrat de master-franchise, le franchiseur cède le développement de son concept et de sa marque à une tierce personne sur un territoire donné, généralement à l’échelle d’un pays entier. Veiller à ce que ce partenaire respecte le concept et ait à cœur de développer efficacement le réseau dans son pays est primordial.

« Certains freins peuvent aussi être culturels », rappelle l’expert de Franchise World Link. En particulier dans la restauration et l’alimentaire : « Parfois, il faudra adapter son concept d’origine au pays d’accueil », prévient David Borgel. « En Asie par exemple, on évitera les produits à base de lait et on les remplacera par du riz ». Bien connaître son marché d’implantation est une condition sine qua none de réussite. Concurrence, culture, typologie de population sont autant de données à analyser avant de décider de s’implanter dans tel ou tel pays.

Succès des enseignes françaises

Réfléchir à une expansion internationale peut s’avérer un véritable levier de croissance pour un réseau. D’autant que dans certains domaines, notamment dans la boulangerie-pâtisserie, le luxe, la restauration ou encore la cosmétique, les produits français bénéficient à l’étranger d’une solide image. « Ce n’est clairement pas un mythe : cet engouement est bien réel », souligne David Borgel, qui ajoute que de nombreuses demandes d’importation de concepts français émanent de partout dans le monde, et principalement d’Asie et d’Afrique. « Dans certaines destinations, on commence à avoir des classes émergentes au pouvoir d’achat qui se développe, et qui ne satisfont plus l’offre locale », analyse le country manager de Franchise World Link. Une manne potentielle que beaucoup de franchiseurs espèrent ne pas laisser filer !

Propos recueillis lors du Salon des Entrepreneurs de Paris en février 2016 par Widoobiz