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Devenir franchisé à l’étranger : est-ce possible ?

2018-08-13T06:00:00+02:0013.08.2018, 


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38 % des franchises qui se développent en France disposent déjà d’un réseau à l’étranger tandis que d’autres envisagent de se déployer à l’international. Parmi toutes ces opportunités, certaines sont accessibles à des entrepreneurs souhaitant s’expatrier.

Ouvrir une franchise à l'étranger
Crédits photo : Shutterstock.com

Lorsque la stratégie conçue par l’enseigne est pertinente, l’international représente un puissant levier de croissance. D’ailleurs, 38 % des franchises présentes en France ont déjà ouvert à l’étranger, et la moitié de celles qui ne l’ont pas encore fait envisagent de s’implanter à l’international dans les douze mois (source : enquête annuelle 2017 de la Fédération française de la franchise en partenariat avec l’institut CSA et la Banque Populaire). Pour cela, plusieurs options sont possibles : ouvrir directement un ou plusieurs points de vente, créer une joint-venture avec un partenaire, choisir un master-franchisé ou confier cette mission à un franchisé.


Entrepreneuriat et expatriation

Plus d’un tiers des Français souhaitent créer leur entreprise et la moitié d’entre eux envisagent de le faire en franchise. Parmi les raisons les plus citées, on retrouve l’envie de changer de vie et devenir son propre patron tout en bénéficiant de la notoriété et de l’assistance d’une enseigne. Le changement de vie est également l’une des principales motivations à l’expatriation. En s’installant à l’étranger tout en devenant franchisé, le porteur de projet n’a pas à se poser la question de trouver un emploi sur place puisque c’est lui que se le crée.

Ces dernières années, les destinations favorites pour l’expatriation étaient, dans l’ordre : la Suisse, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Allemagne. A noter que les Français qui s’expatrient partent dans 32 % des cas pour un autre pays européen et 26 % pour l’Asie (source : étude MyExpat 2016).


Les profils recherchés pour l’expatriation

L’international représente un enjeu de taille pour toute enseigne car, derrière, se cachent souvent de lourds investissements et surtout l’engagement de l’image de la marque sur tout un territoire. Lorsqu’il choisit de s’implanter dans un nouveau pays via un master-franchisé ou un franchisé, le franchiseur prend généralement le temps de trouver le candidat idéal pour réussir. Le master-franchisé a un profil plus complexe tout simplement lié au fait qu’il aura pour mission de développer l’enseigne sur toute une région voire dans tout le pays, ce qui induit de plus grandes capacités d’investissement et de management. Certaines enseignes mettent plusieurs mois voire années à trouver le partenaire idéal. Les choses vont généralement plus vite lorsqu’elles optent pour la franchise en direct. Mais, là encore, il leur faut trouver le porteur de projet à la hauteur d’un tel défi, surtout lorsqu’il s’agit d’une première implantation de l’enseigne dans le pays. Généralement, le franchiseur préfère donc accorder sa confiance à un franchisé déjà existant et ayant fait ses preuves en France. Cela a notamment été le cas pour Hervé Bigéni qui vient d’ouvrir la toute première boulangerie Ange à Montréal. Avant de se lancer outre-Atlantique, il a en effet piloté deux boulangeries de l’enseigne à Vitrolles et Plan-de-Campagne, dans le Sud-Est, pendant cinq ans. La tête de réseau peut aussi mettre le pied à l’étrier de l’un de ses collaborateurs, comme a pu le faire l’enseigne de recrutement Lynx RH avec sa consultante Margaux David, partie ouvrir une agence au Canada. L’opticien Alain Afflelou passe lui aussi par de la franchise directe et privilégie généralement des membres du réseau. Mais une tête de réseau peut aussi préférer se lancer avec un partenaire local, qui connaît déjà le marché et maîtrise la langue et les coutumes. Pour en savoir plus, mieux vaut contacter directement l’équipe de développement française ou, lorsque cela existe, l’équipe basée dans le pays visé.


Précautions avant le départ

Aussi excitante qu’elle puisse paraître, cette aventure n’en reste pas moins doublement risquée. D’abord parce qu’il s’agit d’une création d’entreprise et que, statistiquement, une sur deux ferme ses portes dans les six premières années, et aussi parce qu’une création à l’étranger est particulière. Barrière de la langue, différences culturelles, réglementations inconnues… Les obstacles peuvent se révéler nombreux pour le franchisé à l’étranger, surtout en cas de difficulté. Avant d’accepter de relever un tel challenge, le porteur de projet doit avant tout s’assurer qu’il est prêt à quitter la France pendant plusieurs années – au minimum pour la durée du contrat signé avec l’enseigne – ce qui implique un soutien total de la part de sa famille et de son entourage.

Autre point de vigilance : l’accompagnement du franchiseur. C’est encore plus une condition de réussite dans le cadre d’un lancement à l’international que pour une ouverture en franchise en France. Mais avec la distance et le décalage horaire, la présence de la tête de réseau peut parfois se révéler compliquée. Avant de signer, le porteur de projet doit s’assurer que l’enseigne se montrera disponible pour répondre à toutes ses questions, pour l’épauler de près pendant toute la phase de démarrage et l’assister pour tout ce qui concerne l’administratif, le financier et autres thématiques pas faciles à aborder quand on crée son entreprise à l’étranger. Il faut aussi vérifier que le concept prévu par l’enseigne a été pensé pour correspondre aux mœurs et aux goûts locaux. Cet aspect est particulièrement important pour les concepts de restauration, mais pas seulement.

Jennifer Matas