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D. Noël (Fusacq) : « La transmission d'entreprise se prépare au moins 2 à 3 ans à l’avance »

2009-02-16T12:09:00+02:0016.02.2009, 


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Enjeu majeur de l’économie française, la reprise reste encore peu anticipée au sein des entreprises. Début de solutions avec Damien NOEL, fondateur et gérant du Fusacq.

Damien Noël, FUSACQ
Crédits photo : FUSACQ
Damien Noël, fondateur de FUSACQ

Selon vous, comment se porte le marché de la transmission d'entreprise ? Sur le long terme, le marché de la reprise d'entreprises est promis à un avenir florissant, à cause du phénomène du papy-boom. Aujourd'hui, environ 25 % des chefs d'entreprise ont plus de 55 ans mais ces données sont relatives. En effet, si l'âge moyen des départs à la retraite oscille entre 60 et 65 ans pour les salariés, celui des chefs d'entreprise varie entre 60 et 75 ans. Cette marge de manœuvre plus grande leur permet donc d'attendre et de céder leur entreprise au moment qu'ils jugeront le plus opportun.


Selon vous, les chefs d'entreprises sont-ils bien préparés à la transmission ? Non, les chefs d'entreprise n'adoptent une démarche active qu'à partir du moment où ils ont décidé de vendre leur affaire. Nous leur conseillons de s'y prendre au moins 2 à 3 ans à l'avance. Ils doivent profiter de ce délai afin d'optimiser la valorisation de leur entreprise pour la revente. Par exemple, s'il maîtrise la majorité de la clientèle, le chef d'entreprise doit prendre le temps de former un bras droit qui puisse assurer le relais après des clients lors de la transmission.


D'autres pistes ? Nous leur conseillons également de consulter des experts en transmission, en stratégie, en valorisation et des experts comptables. Ces rencontres leur permettront d'avoir une idée plus juste de la valeur de leur entreprise et de cerner les différents problèmes qui pourraient entraîner une baisse de son estimation afin d'y remédier. Il suffit parfois d'améliorer quelques détails comme l'efficacité d'un service de recouvrement pour augmenter directement la valeur d'une entreprise sur le marché.


Quels sont les effets de la crise actuelle sur le marché de la reprise d'entreprise ? En ce moment, nous observons que les cédants deviennent plus souples : ils acceptent plus souvent de vendre dans des conditions qui leur sont moins favorables qu'auparavant et les accords se concluent donc plus rapidement. Notre site a ainsi vu le nombre d'accords doubler depuis le mois d'octobre 2008 mais au-delà de la signature de lettres d'intention, le problème du financement demeure. Les chefs d'entreprise qui n'étaient pas encore en recherche active avant la crise prennent, quant à eux, le parti d'attendre de meilleurs auspices. Avec les difficultés actuelles, leur préoccupation principale tend vers la préservation des acquis plutôt que vers la recherche d'un éventuel repreneur.


Est-ce que de nouveaux publics apparaissent ? La crise économique change aussi le panorama des repreneurs. En effet, de nombreux cadres ayant entre 50 et 55 ans se sont vus récemment licencier. Ils partent avec une grosse indemnité et n'ont pas d'autre choix que de se lancer dans l'entreprenariat.