Yprema, la première PME industrielle à faire le pari de la franchise

2013-02-13T08:22:00+02:0013.02.2013, mis à jour le 13.02.2013,


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La PME industrielle Yprema, spécialiste de la déconstruction de matériaux du BTP, a fait le pari de la franchise pour accélérer son développement. Un premier franchisé a signé en 2013, et le recrutement doit se poursuivre à un rythme de 3 nouveaux franchisés par an.

Yprema, site de Pluguffan
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Le site Yprema de Pluguffan, dans le Finistère.

Passer de 10 implantations à plus d’une vingtaine d’ici quatre ans : un objectif ambitieux pour Yprema, PME de recyclage de déchets industriels. Pour y parvenir, l’entreprise a décidé de miser sur le système de la franchise, qui lui permettra de se développer rapidement, et sans investir ses propres ressources financières.

Claude Prigent et Alexis Manent
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Claude Prigent (g), président d'Yprema, et Alexis Manent (d), premier franchisé du groupe.

Un premier franchisé en Ardèche

En juin 2012, la PME annonçait sa volonté de se développer en franchise, afin d’accélérer les ouvertures de sites. C’est aujourd’hui chose faite, puisque le premier contrat de franchise Yprema a été signé le 5 février 2013 avec CBM, une PME familiale du Teil, commune d’Ardèche de 8.000 habitants. L’entreprise de maçonnerie, nettoyage et terrassement, dirigée par Alexis Manent, ajoute l’activité de recyclage de matériaux routiers à son portefeuille. Pourquoi choisir Yprema ? Pour, bien sûr, bénéficier du savoir-faire de l’enseigne, en termes techniques mais également commerciaux. « Je sais concasser du béton, pas forcément vendre des cailloux », souligne Alexis Manent. Le chef d’entreprise ouvrira son usine dédiée au recyclage de matériaux au cours des prochains mois, et versera à Yprema des redevances sur le chiffre d’affaires réalisé : 5 % sur le résultat tiré du dépôt des matériaux usagés par les entreprises, et 3 % sur la vente de matériaux aux collectivités, sur un chiffre d’affaires potentiel estimé par Yprema entre 120 à 180.000 euros annuels. Claude Prigent, président de la PME, annonce un deuxième franchisé d’ici la fin de l’année, et tient l’objectif de « trois nouveaux franchisés par an les années suivantes. »


Un cas unique dans la franchise

« L’industrie est la troisième activité de la franchise, après la distribution, qui tient la première position, et les services », rappelle Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise (FFF). Yprema n’en est pas moins une entreprise originale dans le paysage de la franchise : « A ma connaissance, ce sont les seuls franchiseurs sur le marché [du recyclage, ndlr]. » Troisième acteur de la déconstruction de BTP, derrière les géants industriels Eurovia (Vinci) et Colas (Bouygues), Yprema pourrait bien « ouvrir le marché », estime Chantal Zimmer. Et donner des idées à d’autres acteurs de l’industrie.

Yprema, une PME sur un marché à fort potentiel

Yprema réceptionne et recycle 2,5 millions de tonnes de matériaux bruts par an, sur un marché qui en draine 200 millions. Les granulats recyclés sont revendus aux entreprises routières au même prix que les matériaux naturels, mais avec l’avantage « de la proximité », explique son président, Claude Prigent. « Les collectivités avec lesquelles nous travaillons y gagnent en coûts de transports, c’est notre avantage par rapport aux carrières, qui sont plus éloignées des villes et des pôles industriels que nos usines. » Avec 10 implantations sur trois régions (l’Ile-de-France, la Bretagne et la Champagne-Ardenne), la PME se positionne sur un marché à fort potentiel. « La directive européenne Cadre Déchets de 2008 a fixé l’objectif de recycler 70 % des déchets du BTP d’ici 2020, explique Claude Prigent. Nous sommes à 32 % aujourd’hui, ce qui laisse une belle marge de progression. »

Camille Prigent