Engagement

Développement durable : accepter que l'entreprise idéale n'existe pas

2010-08-09T10:15:00+02:0009.08.2010, 


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La responsabilité sociale des entreprises (RSE) induit des changements d'organisation, de fonctionnement et de communication. Une problématique à l'ordre du jour lors du Greenday de juin de l'association Génération Responsable.


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Les enjeux environnementaux, sociaux et économiques s'immiscent dans les grandes groupes, mais aussi au sein des réseaux.

Changer les mentalités

« Dans toutes les entreprises, des freins apparaissent dès que l'on souhaite intégrer de nouveaux process – le développement durable en fait partie », affirme Hugues Carlier, directeur associé au sein du cabinet Des Enjeux et des Hommes. Il poursuit en expliquant que « le travail se fait à tous les étages. Il faut par exemple, que le directeur des achats accepte de remettre en cause sa méthode de travail. Ce n'est pas toujours facile, car lui estime que sa façon de faire fonctionne et il ne voit pas l'intérêt de changer. » Une tendance encore plus accentuée dans le commerce en réseau ou les intervenants sont nombreux. « Avant de délivrer un message vertueux, il faut d'abord « évangéliser » l'affilié. Ensuite, ce dernier peut transmettre le message à ses équipes avant d'arriver au client final. La communication interne d'une enseigne se révèle, alors, fondamentale », précise Jocelyne Leporrati, Présidente de l'Association Club Génération.
Mais avant de communiquer sur les actions, les entreprises doivent faire des choix et surtout accepter qu'elles ne pourront pas être vertueuses d'un coup de baguette magique. L'entreprise idéale n'existe pas. Partant de ce précepte, les enseignes peuvent s'inspirer de pratiques déjà expérimentées.


Un imprimeur vert

Point 44, acteur engagé dans le développement durable, se vante d'être une imprimerie propre. Christophe Delabre avance que le but de son entreprise est « d'imprimer moins mais mieux, en éco-concevant les documents produits ». Tout est étudié afin de limiter le gaspillage. Le choix de l'impression par rapport à un autre support est évalué, le cœur de cible du document est défini tout comme ses conditions d'utilisation. Au-delà des préoccupations propres à son activité, Point 44 insiste sur l'aspect humain. « Chez nous, le développement durable, c'est aussi établir une relation solide avec l'ensemble de nos partenaires » poursuit Christophe Delabre. La volonté est de valoriser l'implication de chacun et de rester à l'écoute de chaque collaborateur. Les conditions de travail sont améliorées afin de créer un cadre agréable. Un choix qui optimise les résultats de l'entreprise et accroit la productivité.


Une refonte de la stratégie commerciale

De son côté, Carglass change, progressivement, sa stratégie afin d'inclure les problématiques du développement durable à son activité. La directrice DD du réseau succursaliste, Céline Coulibre, est épaulée par Olivier Classiot des Enjeux et des Hommes. Ce dernier révèle qu'une « démarche se révèlera positive, à condition de la conjuguer avec une stratégie commerciale totale qui offre un service supérieur aux clients ». Les produits utilisés sont modifiés afin de respecter au mieux l'environnement, les infrastructures sont éco-pensées, etc. Afin de mener à bien ce processus, Céline Coulibre et Olivier Classiot préfèrent communiquer en interne avant de s'exposer au grand public. « Nous voulons créer une adhésion naturelle dès le départ et ainsi actionner les bons leviers. La clé du succès se trouve dans cette propension à concerner toutes les personnes du réseau », énonce l'expert du cabinet Des Enjeux et des Hommes.