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Nostrum se lance dans la cryptofranchise

2018-04-16T07:16:00+02:0016.04.2018, 


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Surfant sur le succès des cryptomonnaies, le réseau espagnol aux 123 restaurants en Europe annonce le lancement de sa propre monnaie virtuelle, le MealToken, en juin 2018. Son objectif : dynamiser sa présence à l’international.

Nostrum cryptofranchise
Crédits photo : Droits réservés

Si des entreprises comme Kodak ont fait sensation en Bourse comme dans la presse en lançant leur propre cryptomonnaie, ce n’était encore jamais arrivé dans une franchise de restauration rapide. Nostrum, réseau spécialisé dans le fast casual, est donc le premier à se lancer en créant sa propre monnaie virtuelle : le MealToken.


La cryptofranchise, nouveau levier de financement ?

Home Meal Replacement – la société qui détient les restaurants Nostrum – se dote ainsi d’un nouveau levier de financement : l’Initial Coin Offering (ICO). Ce mode de financement 2.0 est une sorte de modèle hybride entre le crowdfunding et l’introduction en Bourse. Il permet en effet de lever rapidement des fonds en échangeant des actifs numériques sur une plateforme dédiée – les « tokens » ou « jetons » en français – contre des cryptomonnaies. Cette méthode rapide a déjà séduit plus d’une start-up dans le monde et la tendance semble aller crescendo : en 2017, plus de 4 milliards de dollars (environ 3,2 milliards d’euros) ont été collectés via une ICO contre 96 millions en 2016. Soit quarante fois plus en l’espace d’une année seulement. Qu’un réseau de franchise opte pour ce levier est en revanche peu commun, de sorte que la cryptofranchise est pour l’instant un concept très novateur dont Nostrum veut être l’un des pionniers à l’échelle européenne.


Point de vente Nostrum
Crédits photo : Droits réservés


Dynamiser son réseau à l’international

L’objectif de Nostrum est simple : dynamiser son réseau à l’international. « Dorénavant, les franchisés devront se lancer dans la cryptofranchise plutôt que dans une franchise traditionnelle et déposer leur capital sur un portefeuille de MealToken, explique l’enseigne catalane. Parallèlement, les clients auront eux aussi leurs MealTokens sur leur compte Nostrum Fan’s Club et pourront ainsi en disposer pour payer plus facilement lors de leurs passages dans nos restaurants. » Des MealTokens sont déjà en vente depuis le 5 mars, mais seuls les investisseurs professionnels et spécialisés dans les cryptomonnaies y ont accès pour l’instant. La vente publique est quant à elle prévue pour juin (franchisés et master-franchisés) et juillet 2018 (clients). Un million de MealTokens seront émis au prix de 0,12 € en vente privée et 0,15 € en vente publique. C’est la société suisse Cryptofranchise System AG qui pilotera l’ICO pour le compte de Home Meal Replacement. Au total, l’entreprise catalane espère lever 50,4 millions d’euros (source : communiqué de presse de Quirze Salomó, dirigeant de Home Meal Replacement).


Une opération risquée

Il faut dire que le réseau multiplie les initiatives pour trouver des fonds, faute de ne pas avoir atteint les objectifs annoncés côté développement : début 2017, Nostrum espérait terminer l’année avec 160 restaurants et n’a atteint que les 123 unités. En 2015 déjà, l’enseigne déclarait vouloir atteindre les 500 restaurants d’ici 2020, un résultat dont elle est encore bien loin début 2018. Home Meal Replacement a pensé pendant un temps s’introduire à la Bourse de Paris comme elle l’avait déjà fait en Espagne où sa capitalisation boursière s’élève 38,5 millions d’euros (chiffres du 13 avril 2018). Mais il semblerait que ce soit finalement vers la blockchain que l’entreprise a préféré se tourner. Certains craignent qu’il ne s’agisse là que d’une tentative désespérée pour réunir des fonds, rappelant que l’enseigne est non seulement loin de ses objectifs de développement, mais en plus que ses pertes se sont élevées à 1,7 million d’euros au premier semestre 2017.

Le réseau Nostrum en France

Arrivée dans l’Hexagone courant 2015, l’enseigne a commencé par ouvrir ses premières unités dans le sud de la France avant de gagner progressivement le reste du pays. En 2016, elle a inauguré son flagship français à Paris et poursuivi les ouvertures dans les grandes agglomérations. Elle compte désormais cinq adresses dans la capitale, deux à Montpellier et une à Marseille, Bordeaux, Chambéry, Toulouse, Lille et Sophia-Antipolis, près de Nice. Trois ouvertures supplémentaires à Lyon et Bordeaux sont d’ores et déjà au programme et Nostrum annonce sa volonté de conquérir davantage les parcs tertiaires, ciblant ainsi une clientèle d’étudiants et de travailleurs comme c’est déjà le cas à Sophia-Antipolis. « Dans les centres-villes, notre concept triomphe avec des restaurants d’une surface entre 200 et 300 mètres carrés et c’est vers ce modèle que nous poursuivrons notre développement en Europe, en combinant ce type de restaurants avec les emplacements sur les lieux de transit et travel retail », détaille la tête de réseau.

Jennifer Matas