Interview

L. Amar (Groupe Monceau Fleurs) : « Notre cotation en Bourse garantit aux franchisés transparence, notoriété et pérennité »

2010-06-14T09:52:00+02:0014.06.2010, 


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En décembre 2007, le Groupe Monceau Fleurs entrait en Bourse, sur le marché Alternext. Deux ans et demi plus tard, Laurent Amar, président du groupe, explique son choix et dresse un premier bilan de cette décision stratégique.

Laurent Amar, groupe Monceau Fleurs
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Laurent Amar, président du groupe Monceau Fleurs.

Pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir le capital du groupe Monceau Fleurs en 2007 ?
Comme tous les réseaux de franchise, nous accordons une importance majeure au développement de nos enseignes : cela fait partie de notre ADN. En 2007, nous cherchions donc un levier financier pour accélérer notre expansion. Le groupe possédait déjà deux marques phares – Monceau Fleurs et Happy – et nous avons ainsi pu en acquérir une troisième, Rapid’Flore : de quoi happer le consommateur à différents moments, grâce au positionnement spécifique de chaque enseigne.
L’introduction en Bourse nous a également permis de finaliser le travail mené depuis 10 ans sur notre filière amont : nous avons court-circuité tous les intermédiaires entre la production et la distribution en magasin. Ce choix nous permet de proposer nos produits végétaux à des prix défiant toute concurrence et d’être ainsi particulièrement attractifs en période de crise économique.


Pourquoi avez-vous fait le choix de la Bourse ?
Etant très attaché à l’entreprise, je privilégie une gestion de bon père de famille. J’estime que la Bourse apporte davantage de cohérence et de stabilité qu’un fonds d’investissement, dont les temps de présence au capital d’une société sont généralement très courts – de l’ordre de 3 à 5 ans. Nous nous sommes donc introduits sur Alternext, le marché dédié aux PME d’Euronext. Mais j’ai choisi de ne céder que 25 % du capital et de garder le reste en mon nom, afin de garder la maîtrise stratégique de l’entreprise : je voulais bénéficier des avantages de la Bourse sans ses contrecoups potentiels.


Concrètement, comment avez-vous mis en place ce projet ?
Nous avons commencé par réaliser un important travail technique pour consolider le groupe, adopter les normes comptables IFRS, etc. Les contrôles de l’AMF (Autorité des marchés financiers) sont très pointus ! Cette phase de préparation, qui a duré plus d’un an, nous a été très bénéfique : c’est un passage comparable à l’étape de modélisation d’un concept avant son lancement en franchise.


Quel accueil avez-vous reçu, en externe comme en interne ?
Comme nous sommes le numéro un mondial de notre secteur d’activité, le marché boursier a très bien réagi : nous avons levé 30 millions d’euros. En interne, le réseau a également accueilli très favorablement la nouvelle. En effet, la cotation en Bourse garantit aux franchisés davantage de transparence, de contrôle et de sécurité dans la gestion financière du réseau. En outre, elle apporte une plus forte notoriété à l’enseigne et renforce les assises du franchiseur sans entamer sa pérennité, puisque la majeure partie du capital n’est pas cotée.


Quelles sont les contraintes d’être coté en Bourse ?
Le marché se nourrit d’information : il faut faire énormément de reporting, dire en permanence où l’on se situe. Mais cela ne me dérange pas. L’information est vitale dans une entreprise, elle est à la source de toute réflexion. Nous avons donc appris à communiquer davantage, pour expliquer aux investisseurs les spécificités de notre secteur d’activité, les forces de notre business model, détailler nos choix stratégiques… Cette communication boursière intensive nous a d’ailleurs aidés à nous faire connaître auprès de partenaires étrangers, pour nous développer notamment en Italie et au Japon.


Quels conseils donneriez-vous à un réseau qui souhaiterait s’introduire en Bourse ?
La priorité est de prendre son temps, pour que l’opération se fasse dans les meilleures conditions possibles. Le timing est d’ailleurs essentiel : en période d’euphorie boursière, le marché peut perdre son objectivité et rester sourd aux augmentations de capital. C’est pourquoi le choix du courtier (ou broker) est fondamental. Nous avons décidé de travailler avec Marc Fiorentino, d’Euroland Finance, qui nous a prodigués de précieux conseils et qui continue à nous suivre. La confiance qui doit s’instaurer avec son prestataire est essentielle à la réussite du projet.