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Franchiseurs, à quels risques vous exposez-vous ?

2016-04-20T07:25:00+02:0020.04.2016, mis à jour le 20.04.2016,


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Diriger un réseau de franchise n’est pas une sinécure. Plusieurs dangers guettent le franchiseur, qui doit sans cesse trouver le bon équilibre entre la pérennité de son concept et l’indépendance de ses partenaires.

Les problématiques des dirigeants de réseaux de commerce organisé, dont la franchise est la forme la plus répandue*, diffèrent de celles des réseaux succursalistes. L’une des raisons est simple : chez les intégrés, tout le monde est salarié, tandis que dans les réseaux organisés, plusieurs entrepreneurs indépendants gravitent autour de l’enseigne. « Chaque responsable de magasin est indépendant et exploite le concept qu’il a acheté à l’enseigne », rappelle Catherine Bergaud, associée expert-comptable et responsable nationale de l’offre franchise au sein du cabinet Mazars. « Tout l’enjeu pour le franchiseur sera alors d’arriver à maintenir un lien entre son réseau et ces chefs d’entreprises indépendants », poursuit Catherine Bergaud.

Trouver le bon équilibre

De cette indépendance des acteurs peut naître deux sources de risques, auxquelles le franchiseur doit prendre garde. « Le premier danger est que le franchiseur ne s’investisse pas suffisamment dans le bon déploiement de son concept et l’aide qu’il apporte à chaque franchisé, analyse Catherine Bergaud. Alors, le franchisé peut se retourner contre lui en assurant avoir été trompé lors de son adhésion à la franchise. » Si le franchisé parvient à prouver cette tromperie, le contrat peut être requalifié et les sommes versées par le franchisé au franchiseur lui sont, généralement, restituées. « Inversement, un autre risque consiste à trop s’impliquer. Dans ce cas-là, on parle "d’ingérence", ce qui va à l’encontre du principe initial [d’indépendance des franchisés NDLR] et peut déboucher sur une requalification du contrat de franchise en contrat de travail », explique l’experte Mazars. « Outre le remboursement des sommes versées par le franchisé, il y aura en plus le versement des salaires et charges patronales ». Le préjudice financier pour le franchiseur est donc très grand, surtout si plusieurs franchisés décident de faire requalifier leur contrat. « Il faut arriver à trouver le juste milieu », conclut Catherine Bergaud.


La comptabilité, un élément crucial

« L’une des difficultés majeures pour le franchiseur est d’avoir une visibilité d’ensemble des performances financières de son réseau », rappelle l’expert-comptable de Mazars. Il est donc primordial de trouver le moyen de faire remonter efficacement toutes les informations comptables et financières de chaque point de vente – il s’agit d’une obligation contractuelle pour le franchisé – et de collecter efficacement ces données pour les transformer en outils d’aide à la décision. Si ce travail n’est pas fait, le franchiseur risque de ne pas repérer à temps les magasins en difficulté au sein de son réseau et de n’apporter son soutien au franchisé que trop tard, lorsque son point de vente ne peut plus être sauvé.

« Franchiseur, c’est un véritable métier, prévient Catherine Bergaud. On le devient au fur et à mesure ». Au démarrage, l’experte conseille donc de s’entourer de prestataires et de professionnels afin de s’assurer que tous les éléments du concept sont solides, que les documents juridiques sont fiables et que tous les éléments sont réunis pour commencer à déployer le réseau.

Propos recueillis lors du Salon des Entrepreneurs de Paris en février 2016 par Widoobiz

*Les autres formes du commerce organisé sont : la concession, la licence de marque, la location-gérance, le mandat, le partenariat, la commission-affiliation et le commerce associé qui réunit coopératives et groupements.