Interview franchiseur

E. Guth (Mezzo di Pasta) : « Il ne faut pas mésestimer les coûts de développement »

2011-02-07T08:39:00+02:0007.02.2011, 


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Lancé en franchise en 2004, le réseau de restauration rapide spécialisé dans les pâtes Mezzo di Pasta compte aujourd’hui 120 points de vente. Retour sur l’histoire d'un succès avec Emmanuel Guth, fondateur et dirigeant de l’enseigne.


Crédits photo : DR
Emmanuel Guth, fondateur et dirigeant de Mezzo di Pasta.

Pourquoi avoir choisi de vous développer en franchise deux ans après l’ouverture de votre premier restaurant ?
Le concept Mezzo di Pasta avait un fort potentiel de développement mais nous n’avions pas les fonds propres nécessaires pour évoluer à un rythme soutenu. La franchise était un moyen rapide d’occuper le terrain en nous adossant à l’énergie des franchisés, qui allaient tout mettre en œuvre pour que leur projet aboutisse au plus vite. L’étape prépondérante a été l’accompagnement pendant 24 mois par un cabinet de conseil spécialisé en franchise pour structurer le manuel opérationnel, mettre en place le système de caisse, sélectionner une agence de communication… Au bout d’un an environ, le cabinet a recruté les premiers franchisés. En observant leur méthode, nous avons appris notre métier de franchiseur. Ensuite a débuté une phase plus autonome.


Avez-vous rencontré des difficultés particulières lors de cette phase de lancement ?
La principale difficulté a été la course au développement. Lorsqu’on lance un réseau de franchise, il faut recruter des équipes pour assurer l’animation, la formation… Or, cela a un coût qu’il faut financer en signant des contrats. Mais ouvrir des unités nécessite plus de collaborateurs pour accompagner les franchisés. C’est sans fin. Nous sommes malgré tout restés très exigeants quant au choix de nos franchisés. Le recrutement est une prise de risque pour le franchisé comme pour nous. Quand nous n’avons pas cru au projet d’un candidat, nous l’avons refusé. Résultat, notre taux d’échec est très faible.


Comment avez-vous géré la rapide montée en puissance du réseau ?
Nous avons connu des effets de palier importants. Lorsque nous avions 40 établissements, les problèmes informatiques et logistiques notamment étaient réels. En recrutant des équipes supplémentaires, nous avons fait face et commencé à respirer à partir de 60-80 unités. Il ne faut pas mésestimer les coûts de développement, de l’ordre de 200 à 250 000 euros par an les deux premières années dans notre cas. Idéalement, il faut donc avoir des fonds propres assez solides.