Psychologie du repreneur

Reprise entreprise : se préparer à prendre une décision par jour

2009-10-29T17:38:00+02:0029.10.2009, 


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Ancien cadre dirigeant âgé en moyenne de 45 ans, tel est le portrait robot du repreneur. Entre les grands groupes et les TPE, la réalité varie et le candidat au rachat d’une entreprise doit savoir s’adapter. Quelques conseils à lire avant de s’engager dans un projet de reprise.

Reprise d'entreprise et motivation
Crédits photo : Getty Images
Entre la peur de devenir entrepreneur, les illusions à perdre et la difficulté à trouver un vrai cédant, la reprise d'entreprise peut parfois ressembler à un parcours du combattant.

Etre au clair avec ses motivations

Se créer son propre emploi, acquérir un statut et une reconnaissance sociale ou prendre en main une affaire que l’on pourra ensuite transmettre à ses descendants… Les raisons qui animent les repreneurs sont variées. « Ils sont souvent été licenciés et s’engagent sur le chemin de la reprise pour éviter de revivre le traumatisme qu’ils ont connu », déclare Jean-Pierre Robin responsable au CRA. Pris entre le rejet du salariat et la peur de quitter un statut confortable, le porteur de projet se lance souvent par défaut dans la reprise.


Apprendre à renoncer

S’il n’est pas au clair sur ses motivations, le repreneur peut s’acharner : « Dès que je reçois un repreneur, je lui demande de se fixer un délai pour reprendre une entreprise, explique Florence Bouis, coach d’entrepreneurs. Par la suite, je le recadre toujours sinon il reste piégé dans le fantasme de la reprise. » Etre en cohérence avec soi-même et se donner le droit de changer de direction, ce n’est pas toujours évident. Le repreneur ne doit donc pas hésiter à se faire accompagner et à parler de son projet autour de lui.


Se projeter dans la peau du cédant

Ancien cadre, directeur général d’une filiale, tel est le profil-type du candidat à la reprise. « La plupart du temps, les candidats à la reprise ont besoin d’être ramenés à la réalité entrepreneuriale, explique Florence Bouis. Ils ont toujours été habitués à avoir une grosse équipe autour d’eux et ont assez peu d’autonomie. Je dois leur expliquer que dans une petite entreprise, ils devront toujours être sur le pont et qu’ils seront amenés à prendre une décision par jour, qu’elle soit bonne ou mauvaise. » Rémunération réduite, horaires extensibles, solitude face aux doutes, polyvalence… Le repreneur doit donc se projeter dans la peau du cédant et voir si cette vie lui convient. L’idéal est de faire un stage d’immersion de quelques jours, ce qui est impensable pour les indépendants mais qui est devenu une pratique courante au sein des entreprises en réseau.


Dialoguer avec le conjoint

« La reprise est une démarche très engageante. Le repreneur ne doit pas s’engager seul sur ce chemin car sa décision implique également un changement dans l’équilibre de vie familial », signale Florence Bouis. Changement de niveau de vie, stress, déménagement… le conjoint et les enfants du repreneurs adhèrent-t-il au projet et sont-ils conscients de ses implications ? Animateur chargé des transmissions d’entreprise au sein du groupement Espace Revêtement, Jean-Bernard Peylet explique que le conjoint peut également être un levier très efficace pour le projet : « Je prends le temps de dialoguer le conjoint. Cette rencontre permet d’établir une confiance avec l’enseigne mais aussi de l’inclure dans le projet de reprise et de l’aider à mieux comprendre l’expérience que son compagnon va vivre. »