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Reprendre une franchise : le guide

2017-06-23T08:10:00+02:0023.06.2017, mis à jour le 23.06.2017,


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Au cours des deux dernières années, plus de la moitié des réseaux de franchise ont connu en leur sein une ou plusieurs cessions d’entreprise. En volume, cela représente plusieurs centaines d’opportunités par an.

Reprendre une franchise
Crédits photo : shutterstock.com

Ouvrir une franchise permet de démarrer rapidement son activité grâce à un concept clef en main et une notoriété déjà développée par une enseigne. Pour débuter encore plus vite et ainsi espérer un retour sur investissement rapide, certains envisagent la reprise d’entreprise franchisée. Une option qui peut en effet s’avérer payante, à condition de suivre trois règles qui vous éviteront certaines déconvenues.

Prendre le temps de la réflexion

Certes, reprendre une entreprise déjà en marche permet d’entrer plus rapidement dans le bain et d’espérer réaliser tout de suite des niveaux de chiffre d’affaires intéressants. Toutefois, la précipitation ne doit pas être de mise. Et ce même si le cédant cherche à jouer la carte de l’urgence pour vous convaincre. Au contraire : plusieurs mois sont généralement nécessaires pour trouver la bonne affaire, mener vos propres investigations et, enfin, entrer en négociation avec le propriétaire. Un conseil qui vaut aussi bien pour une franchise que pour une entreprise classique, à la différence qu’en franchise, vous devrez aussi réfléchir au choix de l’enseigne car en cas d’accord, vous vous engagerez aussi auprès d’un franchiseur pendant plusieurs années.


Contrôler l’historique de la société

Dénicher la bonne affaire n’est pas toujours facile et un prix un peu trop alléchant ou un cédant un peu trop pressé doivent vous mettre la puce à l’oreille. Dans tous les cas, un diagnostic approfondi du dossier de reprise devra être mené afin d’établir si, oui ou non, la reprise s’avère être une meilleure solution qu’une création ex nihilo. Parmi les éléments à passer au crible, la comptabilité et l’analyse financière de l’entreprise sur ses derniers exercices. Bilans comptables, comptes de résultat, mais aussi état actuel des actifs financiers – l’entreprise a-t-elle des dettes, des retards de paiement de TVA ou de redevances au franchiseur, etc.

Reprendre une entreprise, c’est aussi composer avec les salariés embauchés par le cédant. Une analyse des contrats de travail, et notamment des éventuels litiges en cours aux prud’hommes, ne doit pas être négligée. Autre point à étudier : l’analyse fonctionnelle. Il s’agit de s’assurer du bon état du matériel repris – c’est particulièrement important dans des restaurants, par exemple, ou dans des pressings, en résumé dans tout point de vente où l’utilisation d’un ou plusieurs appareils conditionne fortement la productivité et le niveau de qualité pour le client final. Il faut également vérifier que le bâtiment qui abrite le fonds de commerce respecte les normes en vigueur et qu’aucun projet de travaux particuliers n’est à l’ordre du jour. Dans le cas contraire, les coûts à venir pourraient être déduits du prix demandé par le cédant.


Évaluer le juste prix

Le montant exigé par le cédant n’est pas gravé dans le marbre : vous pourrez sans aucun doute engager des négociations afin d’établir un prix juste en toute objectivité et qui conviendra aux deux parties. Pour évaluer le prix, plusieurs méthodes sont possibles : analyser la valeur patrimoniale, la rentabilité, les flux de trésorerie actualisés ou comparer avec d’autres entreprises similaires cédées dans les environs sont des process courants. À vous de déterminer avec lequel vous êtes le plus à l’aise et celui qui correspond le mieux au type d’activité exercé par l’entreprise à reprendre.

La franchise constitue un cas particulier de transmission d’entreprise. En effet, le contrat qui lie le franchisé cédant à l’enseigne est dit « intuitu personae », ce qui signifie qu’il devient caduc dès lors qu’une autre personne que le franchisé signataire acquiert l’entreprise concernée. Dans le cas d’une cession, le profil du repreneur devra donc être validé à la fois par le cédant, bien évidemment, mais aussi par le franchiseur. Si les trois parties tombent d’accord, un nouveau contrat de franchise sera alors rédigé entre l’acquéreur et le franchiseur.

Jennifer Matas