Témoignage repreneur

F. Dives (Ada) : « Face aux salariés de l’entreprise que l’on reprend, l’humilité est de rigueur »

2012-02-06T16:22:00+02:0006.02.2012, 


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Ancien salarié de la grande distribution puis de l’immobilier, Franck Dives a racheté deux agences de location de voitures sous enseigne ADA en 2009 à Deauville et Lisieux (14). Une reprise réalisée en quelques mois.

Franck Dives
Crédits photo : Droits réservés
Franck Dives, franchisé Ada à Deauville et Lisieux (14)

Un projet de vie

Issu d’une famille d’entrepreneurs, parmi lesquels figure son père, Franck Dives a décidé de franchir le cap après 13 années de salariat : « J’ai travaillé comme commercial dans la grande distribution, puis comme négociateur dans un réseau d’agences immobilières. En 2008, le secteur a été touché de plein fouet par la crise. Cela a fonctionné comme un accélérateur pour ce projet qui a toujours été pour moi un objectif de vie. »


Recourir à son réseau

Un négociateur en fonds de commerce propose à Franck Dives le rachat des deux agences ADA. L’ancien salarié de l’immobilier a préféré faire confiance à l’un de ses confrères plutôt que de se lancer lui-même dans la recherche d’une affaire. « Lorsque l’on n’est pas fixé précisément sur ce qu’on souhaite, explique-t-il, la recherche d’un fonds relève de la jungle. A l’époque, j’hésitais entre reprendre un bar-brasserie haut de gamme ou une entreprise dans le secteur de la réparation automobile. Mon collègue connaissait son métier, mais aussi mes goûts et mes compétences. Dès qu’il a été contacté par mon prédécesseur, il a pensé à moi et m’a fait sa proposition un matin, autour d’un café. »


Négocier le fonds

Tout est ensuite allé très vite pour Franck Dives : « J’ai eu connaissance que cette affaire était à vendre en octobre 2008. Dès décembre, je signais le compromis de vente et je suis devenu propriétaire des deux agences de location en février 2009. » La négociation a été rapide car, comme le reconnaît Franc Dives, « le cédant et moi-même sommes arrivés à un prix qui était correct pour les deux. Le vendeur souhaitait en tirer le meilleur prix car son affaire était saine et son excédent brut d’exploitation (EBE) élevé. Ce franchisé était connu chez ADA pour avoir de bons résultats. » De son côté, Franck Dives avait un plan de financement solide : « J’ai démarché trois banques et les trois étaient prêtes à me suivre. Je savais où j’allais et ce que je voulais. »


Le passage de relais

Accompagner la transition

L’ancien propriétaire a été très présent lors de l’entrée en activité du nouveau franchisé. « Il m’a accompagné pendant un mois », témoigne l’entrepreneur trentenaire. « Il venait tous les jours, le matin et l’après-midi. Il m’a aidé par exemple dans la gestion de mon parc automobile. Il m’a guidé concernant les commandes à effectuer pour la saison à venir. Il m’a également mis en relation avec les partenaires locaux tels que les garages à proximité. »

Le temps des changements

Si l’ensemble du personnel a été conservé lors du changement de propriétaire, Franck Dives a surtout apporté sa touche personnelle dans l’organisation du travail : « Avant mon arrivée, certains contrats de travail étaient informatisés, d’autres étaient faits à la main et le planning sur papier. Les locations étaient gérées par téléphone. J’avais l’impression d’être au Moyen Âge. J’ai donc commencé par mettre en place un système informatique pour les deux agences. J’ai également uniformisé le système de facturation et leur envoi : tout se fait désormais par internet et avec un seul format de facture. » Le loueur de voitures normand reconnaît avoir eu la chance que ses salariés le suivent : « Pour certains, cela faisait 20 ans qu’ils travaillaient ici. Mais personne n’a émis de réticence. »


Associer les collaborateurs

Si les salariés des agences de Deauville et Lisieux ont été si volontaires, c’est peut-être parce que Franck Dives a pris soin de les associer à chaque décision importante : « Je leur ai toujours expliqué pour quelles raisons j’opérais tel ou tel changement. Je pense qu’ils ont apprécié et cela a permis de créer un climat de transparence et une bonne ambiance entre nous. » Le  jeune franchisé leur a aussi accordé sa confiance : « A la demande du chef d’agence de Deauville, en poste depuis 30 ans, j’ai également modifié mon parc de véhicules en intégrant des voitures milieu de gamme, plutôt que du 100 % haut de gamme. Et cela a fonctionné dès la première saison. »


Avoir envie et rester humble

Le respect et l’écoute

Franck Dives avoue s’être attendu à tout : « Grâce à ma famille et à l’expérience de ses entrepreneurs, je connaissais pratiquement tous les rouages de la reprise d’entreprise. » Seule surprise peut-être, la gestion parfois difficile du personnel. « Dans mes missions précédentes, j’ai eu jusqu’à 17 commerciaux sous mes ordres », explique le repreneur. « Mais dialoguer de salarié à salarié est plus facile. En tant que chef d’entreprise, il faut respecter chacun de vos collaborateurs, prendre en compte leurs difficultés y compris personnelles, sans pour autant se laisser déborder. » Un équilibre que le franchisé est parvenu à trouver au fil du temps.


Un objectif de 7 ou 8 agences en 2 ans

Les maîtres mots de Franck Dives ont été le courage et l’humilité : « S’il faut faire le ménage dans les voitures que je loue, je le fais », déclare-t-il. « Même si je suis chef d’entreprise, cela fait partie de mes missions. (…) Face aux salariés de l’entreprise que l’on reprend, l’humilité est essentielle, surtout si l’on ne connaît pas le métier. Aujourd’hui, je souhaite reprendre d’autres entreprises. Mes résultats sont connus de tous. Ce sera donc très différent de la première reprise, car je n’avais aucune référence dans le secteur. » Désormais, Franck Dives espère augmenter son parc d’agences, avec un objectif de « 7 ou 8 unités en moins de deux ans. » Superstitieux en affaires, il préfère pour l’heure ne pas en dire plus sur les trois affaires qu’il vise en 2012.

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