Conseils

Céder une entreprise franchisée : deux règles d'or

2017-11-22T06:00:00+02:0022.11.2017, 


imprimer

Trouver le candidat idéal pour reprendre une affaire dans laquelle l’on a investi tout son temps et son argent relève bien souvent du casse-tête. La donne est tout autant complexe en franchise, puisqu’il faut aussi composer avec le franchiseur.

Céder une franchise
Crédits photo : Shutterstock.com

Tous les ans en France, plus de 185 000 entreprises cherchent un repreneur et seules 75 000 sont effectivement cédées à un nouveau dirigeant, soit à peine 40 %. Parce que la franchise obéit à un contrat ayant une échéance déterminée – généralement fixée entre cinq et dix ans –, que les franchisés et les enseignes ne reconduisent pas toujours, les cessions d’entreprises franchisées sont nombreuses. Au cours des deux dernières années, près de la moitié des réseaux ont ainsi vu un ou plusieurs de leurs franchisés céder leur société, selon l’enquête annuelle de la franchise.


Fixer le juste prix

Afin de s’assurer d’approcher le prix le plus objectif et s’éviter ainsi de longues négociations avec les repreneurs potentiels, il convient de diagnostiquer votre entreprise. Analysez les atouts et les faiblesses de votre fonds de commerce et examinez-le sous différents angles : quels sont son marché et sa clientèle ? Quel est son savoir-faire ? Sa situation géographique ? etc.

Généralement, trois types d’approche sont conseillés pour valoriser une entreprise : patrimoniale (que possède l’entreprise ?), économique (que gagne-t-elle et que doit-elle ?) et comparative (à quel prix se sont vendues des sociétés similaires ?). Une fois ce travail terminé, il peut être également judicieux de demander l’avis d’un expert externe. L’idéal étant de se tourner vers un conseiller spécialisé ayant une bonne connaissance du réseau et du métier concernés. Celui-ci pourra alors vous donner une fourchette de valorisation qui vous servira de boussole.


Rencontrer le franchiseur

À la différence d’une cession d’entreprise classique, la transmission d’une entreprise franchisée est toujours une chorégraphie à trois qui implique le cédant, le repreneur et le franchiseur. Informer ce dernier de votre volonté de céder votre société constitue donc une étape incontournable, d’autant que lui aussi aura son mot à dire quant à votre successeur. En particulier si celui-ci souhaite à son tour devenir franchisé de l’enseigne. En effet, chaque contrat de franchise est « intuitu personae », ce qui signifie qu’il est conclu entre l’enseigne et la personne du franchisé. Le contrat ne peut être transmis à un tiers. Si le repreneur souhaite poursuivre la même activité que le cédant franchisé, il doit obtenir l’accord du franchiseur et signer avec lui un nouveau contrat de franchise.

Par ailleurs, en ce qui concerne la cession du local, sachez que la majorité des contrats de franchise prévoit une clause de préférence qui peut accorder soit un droit de premier refus, soit un droit de préemption. Dans le premier cas, le franchisé cédant a l’obligation de négocier en priorité avec l’enseigne pour céder son entreprise. Ce n’est que si celle-ci refuse qu’il peut ensuite sélectionner un tiers avec lequel il entamera les négociations en vue d’une transmission. Dans le cas du droit de préemption, le cédant peut sélectionner un repreneur mais a l’obligation de proposer la cession au franchiseur aux mêmes conditions que celles négociées avec le candidat à la reprise. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’un moyen pour l’enseigne de garder la main sur les emplacements clés des magasins de son réseau, certains s’échangeant à prix d’or dans le monde du commerce.

A noter

Le salon de la transmission d’entreprise, Transfair, se tiendra les 4 et 5 décembre 2017 au Palais Brongniart, à Paris.
>> Horaires : de 8h30 à 20h le lundi et de 8h30 à 13h le mardi ;
>> Inscription ici

Jennifer Matas