Travaux et agencement

Maîtriser les coûts d’aménagement de son point de vente

2010-08-05T16:49:00+02:0005.08.2010, 


imprimer

L’agencement du point de vente tient une place non négligeable dans l’investissement initial d’un franchisé. Dans la mesure où il respecte le cahier des charges de l’enseigne, il est libre de faire appel aux fournisseurs de son choix.


Crédits photo : Shutterstock.com
Dans la mesure où il respecte le cahier des charges de l’enseigne, le franchisé est libre de faire appel aux fournisseurs de son choix.

Un investissement important

Entre 800 et 1 500 euros par mètre carré pour une boutique de prêt-à-porter ; plus de 2 000 euros par mètre carré pour un restaurant : l’agencement d’un point de vente reste un poste de dépense considérable. Il représente entre 30 et 50 % de l’investissement initial du franchisé. C’est-à-dire bien davantage que le droit d’entrée versé au franchiseur ou même les stocks.


Le respect de l’identité visuelle

Mobilier, éclairage, enseigne, sol, vitrine… L’aménagement du point de vente fait partie intégrante du concept d’une enseigne. En signant avec un franchiseur, le franchisé s’engage a aménager son point de vente conformément à un cahier des charges très précis : il doit donc faire viser son permis de construire et/ou ses plans par l’enseigne et accepter, une fois les travaux réalisés, la visite d’un représentant de l’enseigne qui s’assurera que le concept a bel et bien été respecté. Jusque dans les moindres détails.


Aucune obligation de recourir aux prestataires de l’enseigne

Pas question, en revanche, de se laisser imposer des fournisseurs ou des prestataires : pour aménager son point de vente, le franchisé reste libre de recourir aux entreprises de son choix.
La jurisprudence est très claire : les franchiseurs peuvent être sanctionnés pour « vente forcée » s’ils imposent leurs fournisseurs. A fortiori si l’enquête prouve que l’enseigne perçoit une commission sur chaque chantier. Ou si cette prestation s’inscrit dans un « package » global comprenant le droit d’entrée, la formation, le matériel…
Si le franchiseur propose un magasin « clé en main », le franchisé est en droit d’exiger un détail clair des différentes prestations proposées, avec le décompte précis des coûts d’aménagement du point de vente. Ce qui permet de comparer ces prix à ceux du marché.


Devis et appels d’offres indispensables

Faire appel aux prestataires de l’enseigne, qui travaillent régulièrement avec elle, maîtrisent son concept sur le bout des doigts et obtiennent des économies d’échelle en industrialisant la production du mobilier, peut être financièrement intéressant. C’est, en tout état de cause, sécurisant. Ce que ne manquent pas de rappeler les franchiseurs, qui peuvent être particulièrement insistants sur ce chapitre.
Seule solution pour s’assurer que le partenaire de l’enseigne est effectivement le meilleur en termes de qualité, prix et délai : comparer avec les devis proposés par au moins deux ou trois autres prestataires. Sans oublier de vérifier leurs références : il est toujours bon de s’assurer que les professionnels ont l’expérience du commerce, dont les exigences en termes de résistance des matériaux sont plus élevées que dans le logement.
Devis en mains, le prestataire du franchiseur sera peut-être le meilleur : s’il a signé un accord-cadre, ses tarifs peuvent en effet s’avérer très compétitifs. Mais il est hors de question de signer avec lui les yeux fermés : le franchisé doit garder la liberté de confier ses travaux à qui bon lui semble.

Le temps, c’est de l’argent

De dix jours à deux ou trois mois : les délais d’aménagement et d’agencement d’un point de vente sont très variables selon la complexité du concept et l’état du local. Comme dans tout chantier, le franchisé ne doit jamais oublier qu’en matière de travaux, le temps, c’est de l’argent. Parce qu’une journée de travaux, c’est une journée de chiffre d’affaires perdue. Et parce que l’ouverture du magasin doit impérativement respecter son agenda commercial : à quoi bon ouvrir une semaine après Noël, la fête des mères ou, pire encore, la campagne de publicité programmée trois mois plus tôt.
Le respect des délais doit donc être, dans le choix des prestataires, un critère aussi important que la qualité technique et le prix. Pour limiter les risques, il existe deux garde-fous :
- prévoir des pénalités de retard (dont le montant doit être précisément établi dès la signature du devis) ;
- éviter de recourir à trop d’artisans ou faire appel, le cas échéant, à un conducteur de travaux qui, moyennant 7 à 10 % du coût global du chantier, négociera les prix avec les artisans et assumera toutes les conséquences des retards.


Gare aux mauvaises surprises

Quand une enseigne évoque les coûts d’agencement moyen d’un point de vente, elle se réfère à des locaux en bon état, dont la « coque » est saine et requiert peu ou pas de travaux de gros œuvre. Si des travaux de maçonnerie, mais aussi de plomberie ou d’électricité doivent être entrepris, la facture peut augmenter de façon considérable et représenter plus du double de la fourchette moyenne des franchisés.


Des contraintes administratives

L’aménagement d’un point de vente est soumis à des contraintes administratives non négociables. Tout chantier doit ainsi faire l’objet d’une déclaration de travaux déposé en mairie : l’administration est particulièrement attentive aux normes de sécurité (anti-incendie, par exemple) et à l’accessibilité aux personnes handicapées. Ainsi, à partir de 2012, tout magasin devra pouvoir accueillir des fauteuils roulants : rampe d’accès et espaces de circulations d’au moins 140 cm (contre 90 cm aujourd’hui) seront obligatoires.
A noter : dans les quartiers historiques, les Architectes des bâtiments de France peuvent être très exigeants quant à la qualité et à la sobriété de la vitrine et de l’enseigne.