Se lancer en franchise : montez votre projet d’entreprise

2012-10-29T09:02:00+02:0029.10.2012, 


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Du choix d’une implantation à celui d’un statut, la création d’une entreprise sous contrat de franchise est une course d’obstacles ! Série de conseils pour être prêt le jour J.

Montez votre projet
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Un bon emplacement est indispensable à la réussite d'un projet.

Trouver le bon emplacement

Coller aux exigences de l’enseigne

Le meilleur des concepts n’a aucune chance de réussite si l’emplacement n’est pas adapté. La recherche d’emplacement est donc cruciale. Un chiffre révélateur de l’ampleur de la tâche ? 69 % des franchiseurs* citent le prix et la rareté des emplacements comme les points les plus délicats, loin devant le financement des franchisés ! Généralement, cette recherche est effectuée en concertation avec le franchiseur. Plus encore, le franchiseur a en général défini et encadré les spécificités du local adéquat. En effet, sa surface, sa décoration et son emplacement font partie intégrante du concept. Selon la notoriété du réseau, les exigences sont plus ou moins fortes.


L’emplacement n°1

Trouver un « emplacement n° 1 », c’est-à-dire de premier choix en hyper centre-ville, n’a rien à voir avec la recherche d’un local commercial pour un franchisé spécialisé dans le dépannage informatique. Heureusement, le plus souvent, les réseaux accompagnent le franchisé dans sa recherche, avec notamment l’intervention d’agences immobilières ou d’experts en géomarketing et recherche d’implantation. « Je suis contre le diktat des 3 E, “l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement”, selon lequel sans emplacement n°1, pas de réussite possible », souligne Laurent Kruch, directeur de Territoires et Marketing, accompagnant franchiseur et franchisé durant cette phase. « L’emplacement n°1 a un coût qui doit impérativement être mis en rapport avec le niveau de chiffre d’affaires et de rentabilité visés. Un franchisé pourra préférer réaliser un chiffre d’affaires plus modeste mais avec moins de risques en prenant un emplacement 1bis ou 2 ! Il est donc nécessaire d’adapter son choix en fonction du niveau de chiffre d’affaires et de rentabilité souhaité. » D’ailleurs, selon la dernière étude FFF/Banque populaire, les franchisés s’implantent progressivement dans des villes de taille moyenne, dont 29 % dans des villes de moins de 25 000 habitants. Les raisons ? Le prix et la difficulté à trouver de bons emplacements dans les grandes villes.

Laurent Kruch, Territoires & Marketing
Crédits photo : DR
Laurent Kruch, directeur associé et fondateur de Territoires & Maketing.

Bien définir sa stratégie

Les autres conseils de Laurent Kruch pour trouver l’implantation (la zone) et l’emplacement (l’adresse) idéaux ? Avant tout, bien définir sa stratégie : « Je conseille de se poser la question suivante : veut-on être dans le marché, par exemple dans la même zone que ses concurrents, ou alors préférer jouer l’originalité, combler un manque ? Il n’y a pas de réponse standard, mais cela implique une stratégie commerciale différente. Il convient aussi d’étudier la complémentarité des cibles : il peut être intéressant de choisir une zone où les autres boutiques, non concurrentes, ciblent le même type de clientèle que vous. Bien évidemment, allez voir la mairie pour connaître les projets d’urbanisme de la ville. Un bon emplacement à un instant T peut ne plus l’être deux ans plus tard. Enfin, ne jamais oublier que le local est un outil commercial. Le point de vente doit donc permettre au franchisé d’atteindre ses objectifs dans un univers concurrentiel : l’emplacement compte, mais aussi la surface, la vitrine, la visibilité. » Sur le terrain, seul ou avec votre contact au sein du réseau, il conviendra de vérifier que cet emplacement est adapté : situation géographique, proximité d’écoles ou de bureaux selon la clientèle visée, flux de passants et/ou de véhicules, type d’enseignes à proximité… Cette étude exige donc de bien connaître le concept et de passer du temps sur place. Si vous êtes seul dans cette recherche, demandez au franchiseur un cahier des charges précis (surface, emplacement type, agencement…) afin de ne pas vous disperser.

Planifiez !

Face à l’ampleur et à la diversité des tâches à accomplir, l’idéal est de mettre en place en rétro-planning listant les étapes clés mois par mois : recherche de local, travaux,  formation, recrutement de votre équipe…


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* Source : enquête annuelle 2011 de la FFF, Banque Populaire

Réaliser une étude de marché

Un élément-clé

Deuxième grande étape dans la préparation de votre projet : la réalisation d’une étude de marché. Les candidats à la franchise ont souvent tendance à prendre l’étude de marché pour une obligation purement formelle. Voire à l’occulter pour se contenter de l’état du marché fourni dans le document d’information précontractuelle (DIP). Mais ces éléments sont loin d’être suffisants pour être considérés comme une étude de marché précise. Par exemple, le franchiseur fournira le chiffre d’affaires moyen des points de vente de son réseau. Mais le futur franchisé devra affiner ces données en fonction de sa situation personnelle (implantation, zone de chalandise notamment). Non seulement les chiffres fournis doivent être vérifiés, mais il paraît suicidaire de ne pas les compléter. « Créer sans étude de marché, cela revient à prendre la mer sans boussole !» lance Laurent Kruch.


Mener l’enquête terrain

En pratique, menez votre enquête ! Vous pouvez, par exemple, interroger les commerçants du quartier, soumettre un questionnaire aux habitants ou dans les bureaux avoisinants…, afin de déterminer le profil de la clientèle potentielle, ses habitudes de consommation, prendre des photos, effectuer des relevés de prix et ainsi affiner votre chiffre d’affaires prévisionnel. Pour vous aider, vous pouvez vous rapprocher des services de développement économique de la ville, de la Chambre de commerce et d’industrie, mais aussi collecter des données via Internet. Ainsi, sur le site de l’Insee, l’outil d’aide au diagnostic d’implantation locale (Odil) est une base de données assez riche d’informations ! Un conseil toutefois : « L’erreur la plus fréquente est le manque d’objectivité », avertit Laurent Kruch. « Certes, le futur franchisé peut collecter seul les données, mais mieux vaut qu’il se fasse conseiller car il semble compliqué d’analyser avec suffisamment de recul le concept pour lequel on a eu un coup de cœur et ses futurs  concurrents !»

Les formalités de la création

Christian Lépicier
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Christian Lépicier, associé In Extenso

La forme de la société

Une fois ces données recueillies, comme tout créateur d’entreprise, vous devrez vous lancer dans une étape qui en rebute plus d’un : les formalités administratives. Une étape là encore capitale. Ici, vous devrez tout d’abord opter pour une création d’entreprise sous forme individuelle ou sous forme de société. C’est-à-dire choisir entre l’EIRL, l’EURL, la SARL, la SA… Ce choix aura des conséquences sur la possibilité ou non d’ouvrir votre capital à des associés, mais aussi sur votre régime social (régime des indépendants ou des salariés) et fiscal (impôt sur le revenu ou sur les sociétés). Durant cette étape, il est conseillé de se rapprocher d’experts, notamment au sein de réseaux d’aide à la création d’entreprise, qui vous guideront sur les choix les plus adaptés à votre situation. « Le choix du statut dépend surtout de l’activité. Il est à mon sens indispensable de faire de l’étalonnage concurrentiel (benchmarking), de demander aux autres franchisés du réseau quelles options ils ont choisi. C’est un vrai plus !» conseille ainsi Christian Lépicier, expert-comptable spécialiste de la franchise chez InExtenso.

Quand le projet devient réalité

Avant le jour J de l’ouverture, le futur franchisé se lance dans une course contre la montre. Les temps forts ? Avant tout la « mise au concept » c’est-à-dire l’adaptation du point de vente aux couleurs du franchiseur. Si le franchiseur peut imposer les matériaux utilisés, les meubles…, a priori, le futur franchisé est libre de choisir les artisans réalisant ces travaux. Cependant, en pratique, les réseaux bien implantés ont une liste de prestataires agréés, voire même des équipes dédiées ! Recrutement, formation, constitution des stocks : les étapes s’enchaînent. Votre atout par rapport à un indépendant ? Le franchiseur sera là pour vous guider !

Article du Hors-série Franchise et commerce associé 2012