Témoignages

Entreprendre en franchise : comment gérer une unité mobile

2012-02-28T11:52:00+02:0028.02.2012, 


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Porté par des concepts de restauration tendance, le commerce nomade a le vent en poupe. Si la logistique ne pose pas de problème, décrocher des emplacements est un vrai parcours du combattant. Témoignages de franchisés et de têtes de réseaux.


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Décrocher un partenariat

Fnac de Montpellier (34), rayon disques. Les clients flânent et tombent nez à nez avec un mini van à la carrosserie ronde et rouge. Ce petit véhicule, car c’en est bien un, est un Alto mobile géré par Michaël Hedri, franchisé Alto Café. Pourquoi avoir pris ses quartiers chez un disquaire ? « Nous avons voulu créer un buzz », explique l’indépendant installé depuis juillet 2010. « La rentabilité n’est pas forcément là, mais c’est une très belle vitrine. Je passe du statut de petit rigolo en camionnette à celui d’entrepreneur qui fait du business. » Un coup de pub indispensable car Michaël Hedri peine à nouer d’autres partenariats. Il tente de négocier une place sur les terrasses des commerçants en échange d’un loyer, d’un dédommagement pour la consommation d’électricité et, éventuellement, de ristournes sur les consommations. Mais son moral reste intact : « Il n’y a que six mois que je me suis lancé dans la prospection », rappelle-t-il. « Je suis un enthousiaste prêt à frapper à toutes les portes !»


Alto Café
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Unité mobile Alto Café

Insister auprès des mairies

Michaël Hedri s’est également tourné vers les pouvoirs publics, avant d’essuyer une volée de refus au bout de six mois de démarches. Un début démarrage qui ne surprend guère Arnaud Bonneville, le fondateur de Boon, enseigne spécialisée dans la glace au yaourt à 0 % : « La lourdeur administrative rend l’installation dans les grandes villes quasiment impossible. » Même son de cloche chez Emmanuel Guillien, franchiseur Juju’s, enseigne spécialisée dans les smoothies et les jus de fruit frais. « Les mairies nous parquent sur les marchés », déplore-t-il. Alors faut-il renoncer à tout accord avec les autorités municipales ? Non, mais mieux vaut se montrer patient et prêt à des sacrifices financiers. « Pour s’installer sur le domaine public, il faut faire obtenir le vote d’un arrêté municipal », explique Emmanuel Guillien. Il faut aussi être prêt à débourser une redevance de 8 % sur le chiffre d’affaires. Les municipalités n’octroient leur autorisation qu’après un simple examen du dossier. « La mairie lance un appel public à candidature. Et pour le remporter, mieux vaut offrir plus que 8 %... », confie le fondateur de Juju’s. Et si les ventes ne décollent pas ? Tant pis pour l’entrepreneur. Il s’est engagé sur un minimum forfaitaire garanti qu’il devra verser quel que soit son chiffre d’affaires.

Viser les lieux à forte circulation

Heureusement, tous les élus ne sont pas fermés à ce type de commerce. Emmanuel Guillien a ainsi pu installer quelques temps son bar à jus de fruit dans le fort Vauban du Havre (76), avec la bénédiction des autorités. La municipalité ne lui a pas demandé de loyer et a même mis à sa disposition un local doté de caméras de surveillance. Mais ce sont avant tous les lieux touristiques que Juju’s vise. Son lieu de prédilection : les plages des côtes basque et landaise. Pour rompre avec l’ « image rouillée du commerçant ambulant », Emmanuel Guillien a imaginé des Juju’s mobiles ludiques, rouge à l’avant et ornées de feuilles vertes tropicales à l’arrière. Les clients sont au rendez-vous.


Boon
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Unité mobile Boon

Se raccorder au réseau

« Il suffit de raccorder les unités mobiles au réseau électrique », explique Emmanuel Guillien. « Pour cela, nous demandons à ERDF d’installer un compteur tel qu’on en voit sur les chantiers. » Michael Hedri se contente lui aussi d’une alimentation en 220 volts. Evidemment, cette alimentation bride le mouvement, mais doter les vans de générateurs rendraient les véhicules beaucoup plus encombrants. Car la grande force des unités mobiles est de pouvoir se faufiler partout, à l’image de la Juju’s mobile qui est assez compacte pour se garer dans les allés des salons comme Pollutec ou le Salon de l’Automobile. Côté eau, la camionnette a une capacité de stockage suffisante pour servir des jus toute la journée. Les vans Boon sont également pensés pour être autonomes. « Nous pouvons produire jusqu’à 500 glaces dans la journée », se félicite Arnaud Bonneville. « Et pour le back office, un local ventilé et respectant les normes d’hygiène suffit. »