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Ouvrir une franchise : combien ça coûte ?

2016-03-16T07:56:00+02:0016.03.2016, mis à jour le 16.03.2016,


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Comme dans tout projet de création d'entreprise, l'entrepreneur franchisé doit faire face à une problématique de taille : le financement de son projet. Les conseils de Floriane Clausier, fondatrice de StartingList, pour répondre à ce besoin.

Financer sa franchise
Crédits photo : Andrey Popov / Shutterstock.com

14 % des Français rêvent de devenir franchisé. Ce mode création d’entreprise continue de séduire, notamment parce qu’il permet de bénéficier, dès l’ouverture, de la réputation et de la notoriété du réseau. Mais cela à un prix.

Les investissements initiaux pour se lancer en franchise

Le montant de départ pour ouvrir une franchise est relativement important. En 2015, près de la moitié des nouveaux franchisés a dû investir plus de 100 000 euros pour s’installer. Les principaux coûts à prévoir sont les suivants :

  • les dépenses d’accompagnement et de conseil pour préparer le projet (étude de marché, conseils d’un avocat, d’un expert-comptable, etc.) ;
  • le droit d’entrée du réseau ;
  • les investissements liés au local de l’entreprise (droit au bail ou achat, travaux d’agencement pour respecter le cahier des charges de l’enseigne) ;
  • les équipements (matériels, mobilier, informatique, etc.) ;
  • l’achat d’un stock initial pour les activités marchandes ;
  • le budget communication et marketing de lancement ;
  • le besoin en trésorerie initiale.

En général, les franchiseurs disposent d’un recul suffisant pour aider les franchisés à chiffrer précisément les postes d’investissements en fonction des spécificités de leur projet (zone de chalandise, surface, etc.).


Le financement de l’installation

L’apport personnel du dirigeant et le crédit bancaire sont les sources de financement les plus utilisées pour ouvrir une franchise. Les nouveaux franchisés financent 44 % du montant global à investir avec leurs ressources personnelles. Le minimum attendu est 30 % et dépasse rarement 50 % mais cela est possible et est directement corrélé au risque lié au secteur d’activité du projet, et à la fortune personnelle du créateur (un sous-investissement par rapport aux possibilités du créateur sera perçu comme un manque d’implication dans le projet).

Le plus souvent, il sera demandé au dirigeant de couvrir avec son apport personnel a minima l’achat du stock, la trésorerie et les frais d’établissements. 50 % du besoin en financement initial est pourvu par du crédit bancaire classique, auquel les franchisés ont un accès facilité. Cela est dû à deux raisons principales. La première est le montant de leur apport personnel qui est, en moyenne, au-delà des 30 % requis. La deuxième raison est que les banques ont des éléments de comparaison leur permettant d‘évaluer la pertinence des prévisions financières présentées. En effet, le franchiseur met à disposition du franchisé les chiffres moyens d’exploitation du réseau ou tout au moins d’un point de vente pilote. 70 % des franchisés déclarent qu’avoir créé en franchise a favorisé l’accord de crédit.

Les 6 % restant sur le montant global de l’investissement initial sont financés par d’autres sources. Il s’agit essentiellement de crédit-bail et du prêt NACRE (prêt d’honneur accordé sous certaines conditions aux créateurs d’entreprises).


Comment optimiser le montage financier pour ouvrir une franchise ?

En majorité, les franchisés ont donc une approche binaire du financement (apport personnel et crédit bancaire). Divers leviers permettent pourtant d'optimiser le montage financier d'une franchise. En voici trois :

  • les financements aidés : seulement 2,5 % des nouveaux franchisés bénéficient d’aides, de subventions ou de prêt d’honneur. Il existe pourtant de nombreux dispositifs auxquels ils pourraient prétendre et cela peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros ;
  • le soutien financier de leur entourage réseau (ou love money) : sous forme de dons ou d’investissement au capital, il augmentera l’apport en fonds propres du créateur. Sous forme de prêt, l’avantage sera que l’entourage de l’entrepreneur est souvent plus souple qu’une banque, en termes de modalités de remboursement et de taux ;
  • lorsqu’ils ont recours à l’emprunt bancaire, les créateurs peuvent consulter un courtier en crédit professionnel pour bénéficier de leur expertise et faire jouer la concurrence.

Les entrepreneurs en franchise qui optimisent leur montage financier de cette manière, y gagnent notamment de l’argent, la modération du risque pesant sur leur patrimoine personnel (souvent donné en garantie à la banque) et la réduction de l’endettement de leur société.

*Les données de cet article sont extraites de l'enquête annuelle de la franchise, publiée en novembre 2015 par CSA-Banque Populaire-FFF.

Ce texte est publié sous la responsabilité de son auteur. Son contenu n’engage en aucun cas la rédaction des Echos de la franchise.

Floriane Clausier, StartingList
Crédits photo : DR
Floriane Clausier, StartingList.

L’auteur

Floriane Clausier est experte en financement de la création d’entreprise et des jeunes entreprises. Elle a fondé StartingList en 2014 pour aider les entrepreneurs à financer le lancement et l’amorçage de leurs projets.

StartingList propose des solutions d’accompagnement et des outils pour la recherche d’aides et subventions, la réalisation de campagne de financement en ligne, la recherche de financement bancaire, les levées de fonds love money ou auprès de business angels professionnels.


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