Franchisés et franchiseurs : 3 astuces pour trouver un financement

2011-05-30T10:00:00+02:0030.05.2011, 


imprimer

 Lors de l’atelier du 18 mai, l’IREF a abordé la question du financement, tant du côté des franchiseurs que de celui des franchisés. Trois experts, avocat, expert-comptable et chef d’entreprise ont apporté leur éclairage sur l’importance du banquier à échelle locale, la nécessité du recours à un expert-comptable et les autres sources possible de financement.


Crédits photo : Shutterstock
 Il est primordial de choisir un banquier local

Le futur franchisé face à la banque

« Les têtes de réseaux ont souvent des accords avec les banques nationales. Mais il ne faut pas se limiter au seul rendez-vous dans l'établissement parisien. La réelle décision repose entre les mains du banquier local », explique Yoann Boulday, expert en financement et fondateur du groupe Finance Conseil. Selon lui, le choix d'un acteur local de confiance est primordial. « Ce banquier défendra le dossier du candidat en interne. Par ailleurs, il connait le marché local. Il va éplucher le profil du franchisé, s'attarder sur son expérience dans le métier, mais aussi être attentif à ses capacités à gérer des équipes », continue Yoann Boulday. L'emplacement ainsi que l'équilibre du plan de financement pèsent aussi dans la décision d'accorder le prêt. 


Le rôle essentiel de l'expert-comptable

Tant pour le candidat que pour la tête de réseau, le passage devant le banquier doit se faire avec un dossier irréprochable. « Le franchiseur joue la légitimité de son réseau. Il ne s'agit pas d'un seul prêt mais de toute une série afin de développer l'enseigne. Il convient de donner du crédit à sa marque sous peine de trainer une mauvaise image auprès de la banque », prévient Michel Kahn, président de l'IREF. Le rôle de l'expert-comptable devient alors primordial, notamment dans l'élaboration du business plan. « La tête de réseau a tout intérêt à travailler avec un cabinet d'expert-comptable présent sur l'ensemble du territoire. En faisant appel à celui-ci, le candidat dispose des éléments des franchisés déjà en place grâce au partage des outils et des données », évoque Patrick Fallourd expert-comptable du réseau Cabex.
Cependant, le candidat peut craindre une certaine connivence entre l'expert-comptable et le franchiseur. « Juridiquement, le franchisé a raison d'aller voir ailleurs, mais paradoxalement il se met en danger. En effet, le comptable extérieur n'aura pas la maîtrise du dossier ni les éléments clés », analyse Pierre-Olivier Villain, avocat au Barreau de Paris, spécialiste du droit de la franchise.


Franchiseurs : les autres moyens de financement

Diana Griguer, directrice d'exploitation et de développement des points de vente Boulangerie Paul, conseille « d'avoir plusieurs banques, car si l'une d'elles est défaillante, les autres peuvent prendre le relai. » Au-delà des banques, d'autres solutions existent afin de dégager des fonds. Afin de développer leur enseigne, les franchiseurs peuvent faire appel à une levée de fonds. « Cette possibilité permet un effet de levier important, mais elle engendre une ouverture de son capital. Un élément très important sur le plan contractuel, puisque certaines clauses autorisent les franchisés à sortir du réseau si le capital est modifié », avance maitre Villain. La pression s'accentue également sur le franchiseur qui a un devoir de rentabilité envers ses investisseurs. Le prêt participatif, porté par Oséo, peut se révéler comme une autre alternative. « Il n'y a pas de garantie personnelle à donner et les remboursements se font selon les résultats de l'entreprise », détaille Pierre-Olivier Villain. Par ailleurs, les régions mettent des fonds à disposition des réseaux qui souhaitent entreprendre sur leur territoire. La volonté est de créer une dynamique, par conséquent l'exigence sur la rentabilité est moindre.