Commerce associé : comment financer la création ou la reprise de son point de vente

2013-02-07T06:49:00+02:0007.02.2013, 


imprimer

Dans son dernier ouvrage, écrit avec la FCA, Michel Choukroun livre les clés de la réussite du commerce associé. En exclusivité pour les lecteurs des Echos de la franchise, quelques pages sur les leviers de financement dont disposent ces chefs d’entreprise solidaires pour créer ou reprendre une entreprise.

Financer la création/reprise d'un point de vente
Crédits photo : Shutterstock.com

En 2012, 2,5 milliards d’euros ont été réunis par les réseaux du commerce associé pour financer la création de 1 200 points de vente et la reprise de 1 300 autres*. Un chiffre éloquent, qui illustre la solidité du modèle de la coopérative.

Quels sont les différents leviers de financement dont dispose un associé pour créer ou reprendre une entreprise ? Le consultant et professeur Michel Choukroun apporte son éclairage. Extrait de son ouvrage « Le commerce associé : entreprendre autrement pour réussir », écrit sous la direction de la Fédération des enseignes du commerce associé (FCA).

Extrait du livre de Michel Choukroun, « Le commerce associé : entreprendre autrement pour réussir »

Chaque associé qui souhaite financer un nouveau point de vente, chaque porteur de projet qui a été agréé dans un groupement, dispose d’une large panoplie de financements possibles.

Témoignage d’Éric Plat, président-directeur général d’Atol

« Une fois que le postulant a été agréé par le conseil d’administration de notre groupement, nous mettons tout en œuvre pour l’aider à trouver ses financements, par nos véhicules internes comme Archipel, ou en lui avançant le financement au travers de notre partenaire la Socorec ou en l’aidant auprès des banques. Nos équipes sont rompues à l’esprit d’entreprise, on trouve toujours une solution qui soit sereine et pérenne. C’est la force des outils que nous avons mis en place. »

Un apport personnel minimum est toujours nécessaire

Le postulant doit tout d’abord avoir recours à ses ressources personnelles pour financer les apports nécessaires en fonds propres. Ils représentent généralement dans les 30 % du besoin total d’investissement. Bien souvent, le porteur de projet fait appel à sa famille et à ses amis pour boucler cette première mise de fond. Il peut également vendre des biens personnels, c’est une belle démonstration de sa volonté de devenir entrepreneur indépendant. Il en mesure les risques et les enjeux. Le groupement l’aide dans ses choix et le soutient dans ses financements.

Exemples : l’apport personnel demandé par les réseaux pour créer ou racheter un point de vente
  • Bébé 9, moyenne surface de puériculture : 100 000 euros.
  • Biocoop, moyenne surface de produits alimentaires bio : 80 000 euros en province, 120 000 euros en région parisienne.
  • Bricomarché, moyenne surface de bricolage : 100 000 euros.
  • Orpi, agence immobilière : 50 000 euros.
  • Roady, centre de services automobile : 95 000 euros, à moduler selon la taille des points de vente.

__________
*Source : « Le commerce associé : entreprendre autrement pour réussir », de Michel Choukroun, Editions Dunod

Le système coopératif et les véhicules des groupements

Avant de se retrouver face à ses banquiers, le porteur de projet dispose de deux niveaux d’interventions bien spécifiques au commerce associé.

Il peut tout d’abord avoir recours au système coopératif. Les financements peuvent être assurés par le Crédit Coopératif ou par une structure financière constituée elle-même en coopérative : Socorec.

Mais il peut également bénéficier des nombreux véhicules qui ont été mis en place par les groupements eux-mêmes afin de faire jouer à plein ce fameux effet de levier, atout financier du commerce associé.

Le système coopératif comme les véhicules financiers des groupements, peuvent également intervenir en compléments des fonds propres ou en quasi-propres. Dans le modèle pratiqué chez E. Leclerc par exemple, c’est un conseil de parrainage qui soutient le projet. Plusieurs adhérents se portent caution auprès des banques et peuvent également apporter des capitaux (compléments de fonds propres ou prêts avantageux).

Bien souvent, les outils financiers se juxtaposent.
Le porteur de projet bénéficie ainsi de plusieurs avantages :

  • il trouve un financement qui peut jouer sur un effet de levier assez large, généralement de 1 à 9 (100 000 euros d’apports en fonds propres pour 900 000 euros de financement externe), parfois même encore au-dessus ;
  • des structures financières adéquates interviennent tout en connaissant parfaitement les enjeux du commerce associé, ce qui peut être bien différent de l’attitude des banques qui ne sont pas accoutumées à financer ce type de modèle ;
  • à chaque niveau d’intervention, le dossier est sécurisé et renforcé par l’équipe développement de la centrale qui encadre le postulant ; le projet est ainsi consolidé, son porteur et le réseau qui a accepté sa candidature, sont plus sereins sur la réussite de l’opération ;
  • les banques ne sont utilisées qu’après avoir épuisé les différentes voies internes ; le montage subtil de l’opération les rassure.

L’imagination des groupements est riche, chacun dispose d’outils spécifiques pour aider ses adhérents à trouver les financements nécessaires. Face au besoin croissant de capitaux, les structures des groupements se renforcent et font appel aux outils les plus évolués, jusqu’à créer un établissement de caution ou une banque.

Le commerce associé : entreprendre autrement pour
Crédits photo : DR

Titre : Le commerce associé : entreprendre autrement pour réussir
Auteur : Michel Choukroun
Editeur : Dunod
Nombre de pages : 238
Prix conseillé : 22 euros
ISBN : 978-2-10-058766-7