Emprunt

Financer sa franchise : frappez à la porte de votre banquier

2009-09-09T14:35:00+02:0009.09.2009, 


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Qu’est-ce que finance réellement une banque ? A quelle hauteur ? Quels sont les avantages fiscaux ? La réponse avec des experts.

Frapper à la porte de votre banquier
Crédits photo : Getty Images
Si vous sollicitez une banque, elle ne pourra financer que des biens durables (le fonds de commerce, les travaux, les équipements du point de vente, les véhicules...).

La case « banque »

Si certains créateurs ont les moyens de s’autofinancer, la majorité est contrainte de recourir à l’emprunt. Vous devrez alors prouver votre motivation et la viabilité de votre projet. Votre banquier vérifiera si vous êtes en mesure de rembourser votre emprunt tout en subvenant à vos besoins et à ceux de votre famille. Il accorde en général au maximum 70 % de l’investissement global de la création d’entreprise.


Biens durables

Les banques financent prioritairement les biens durables comme le fonds de commerce, les travaux, les équipements du point de vente et les véhicules. Charge à vous de financer les stocks et d’assurer la trésorerie (besoin en fonds de roulement). Vous pouvez solliciter un prêt classique à court ou moyen terme. Les taux pratiqués oscillent dans une fourchette de 3,5 % à 4,5 % (hors assurance) pour une durée de 2 à 7 ans. N’hésitez pas à mettre les banques en concurrence pour obtenir les conditions les plus avantageuses.


Garantie

Evidemment pas de prêt sans garantie. Les banques peuvent solliciter un organisme tiers comme Oseo pour une prise en charge partielle du risque. Si le projet respecte les critères requis, l'établissement public cautionne jusqu'à 70 % des capitaux empruntés. Le coût pour l'emprunteur est 0,90 % l'an du capital restant dû. Vous pouvez également vous tourner vers le Fonds de garantie à l'initiative des femmes, France Active (réservé aux créateurs en situation précaire) et les Sociétés de caution mutuelle généralistes (garantie à hauteur minimale de 50 %).


Propriétaire

Si vous avez l’opportunité de devenir propriétaire du point de vente mais pas les moyens, examinez le crédit-bail. Le principe ? Vous demandez à une société de crédit-bail d’acheter le bien et de vous le louer pendant une période donnée. A la fin du contrat, vous pouvez au choix : en devenir propriétaire, le rendre ou continuer à le louer avec un loyer revu à la baisse. Notez que ce principe s’applique sur des biens immobiliers mais également mobiliers, c’est-à-dire les éléments corporels du fonds de commerce (matériel, véhicule). Le crédit-bail est particulièrement intéressant si vous vous lancez en restauration, hôtellerie ou grande distribution.


Avantage fiscal

Il permet d’acquérir des biens coûteux sans apport et limite donc l’endettement. Autre avantage, vous déduisez l’intégralité des loyers du compte de résultat tandis que vous ne pouvez déduire que les intérêts de l’emprunt avec un crédit classique. Enfin, vous évitez les difficultés de trésorerie liées à la TVA car, en début d’activité, la TVA déductible sur les achats est souvent supérieure à la TVA collectée sur les ventes. En contrepartie, les contrats assortis d’une option d’achat en fin de location ont un coût de sortie : une valeur résiduelle comprise généralement entre 1 % et 6 % du prix d’origine. Vous devez donc faire une étude fiscale pour déterminer la formule qui vous convient le mieux, sachant qu’il est évidemment possible de souscrire à la fois un crédit classique et un crédit-bail.


Réalisé avec le concours de Jean-Philippe Deltour, gérant et co-fondateur de créditrelax et Philippe Tougeron, expert-comptable directeur associé Adventi Franchise