Emprunt bancaire : 3 conseils pour convaincre son banquier

2013-04-09T07:49:00+02:0009.04.2013, 


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La franchise rassure les banquiers. Pour autant, chaque candidat doit montrer individuellement qu’il a les épaules pour porter son projet. Deux banquiers spécialistes des réseaux nous livrent leurs conseils pour décrocher un emprunt.

Convaincre son banquier
Crédits photo : Shutterstock.com

La majorité des ouvertures en franchise requièrent l’obtention d’un financement auprès d’une banque. La plupart d’entre elles ont d’ailleurs un pôle entièrement dédié à la franchise et au commerce en réseau, et référencent de nombreuses enseignes. Deux banquiers de la BNP Paribas et du Crédit Agricole livrent leurs conseils pour réussir son entretien à la banque, et ainsi obtenir un emprunt.

1. Réunir 30 % d’apport personnel

L’apport personnel est une des premières conditions à réunir pour obtenir un prêt bancaire. Il est en moyenne de 60 000 euros*, tous secteurs confondus, et peut prendre beaucoup de formes : cash, prêt familial, Acre, Oséo… Mais il n’échappe pas à la règle des 30 %. « Ces 30 % sont nécessaires pour diminuer les charges financières liées au prêt, et aussi pour montrer la motivation du candidat, explique Alain Bréant, de la BNP Paribas. En général, ils doivent couvrir les droits d’entrée et le besoin en fonds de roulement, c’est-à-dire les frais "circulants". » Cependant, dans le secteur des services, l’apport nécessaire pour se lancer peut être beaucoup plus faible, entre 5 000 et 10 000 euros. Les banques demanderont alors généralement que cet apport représente plus de 30 % de l’investissement total, car l’investissement sera immatériel.


2. Présenter une étude de marché sérieuse

L’étude de marché est indispensable à la réussite d’un projet, et le candidat devra prouver qu’il l’a menée avec sérieux devant son banquier. « Nous ne demandons pas au candidat de mandater une entreprise pour réaliser son étude de marché, explique Jean-Bertrand Pouey, du Crédit Agricole. L’important est d’aller sur le terrain, d’observer le flux dans la rue, les CSP, d’interroger les gens près de votre futur emplacement, et même éventuellement de compter les personnes qui rentrent et sortent de l’emplacement voulu. » Le plus important, donc, est de prouver au banquier son sérieux et sa motivation.


3. Réaliser un prévisionnel raisonnable et cohérent

Autre étape de la présentation du projet au banquier, le prévisionnel doit être bien préparé, et le candidat doit être capable de décortiquer le chiffre d’affaires annoncé. « On ne reprochera jamais d’avoir sous-estimé les performances, explique Jean-Bertrand Pouey, du Crédit Agricole. Et souvent, les chiffres d’affaires à n+2 et n+3 montrent de très grosses croissances, il faut rester raisonnable et cohérent ! Surtout que nous comparons ces prévisionnels avec ceux d’autres clients qui évoluent dans le même secteur d’activité. » Il faut donc être cohérent, mais également prudent : « Le banquier n’aime pas être mis devant le fait accompli !», poursuit Jean-Bertrand Pouey. Alors attention à prévoir un besoin en fonds de roulement (BFR) suffisant pour couvrir les problématiques de trésorerie ou de saisonnalité spécifiques au secteur d’activité.

Les détails qui font la différence
  • La garantie fait-elle la différence ? « La garantie sur hypothèque par exemple peut renforcer un dossier, mais jamais un banquier ne prendra sa décision finale en s’appuyant sur une garantie », tranche Alain Bréant, de la BNP Paribas.
  • Avoir un conjoint salarié fait-il la différence ? « Il est extrêmement important d’avoir l’assentiment de son entourage », souligne Jean-Bertrand Pouey, du Crédit Agricole. En effet, une fois lancé, l’entrepreneur est avec son projet 24h/24. En outre, il arrive souvent que les chefs d’entreprise ne se rémunèrent pas pendant un an ou plus après le lancement de leur projet. « Il peut être rassurant de savoir que le conjoint continue de percevoir un salaire », estime Alain Bréant, de la BNP Paribas.

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*Source : enquête réalisée par Franchise Magazine en 2011

Camille Prigent