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S’associer pour lancer son entreprise : les clés de la réussite

2011-12-08T17:24:00+02:0008.12.2011, 


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Se lancer à deux ou plus apporte un véritable confort. Mais pour éviter de potentiels conflits lors du développement de la société, les règles du jeu doivent être posées dès le départ.

S'associer, la clé du succès
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Privilégier le travail d'équipe et rechercher des compétences complémentaires

Complétez vos compétences

Pour lancer une société avec succès, il faut être un bourreau de travail, capable de jongler entre le commercial, la gestion des stocks, la comptabilité, les ressources humaines. Vous ne vous sentez pas capable de tout mener de front ? Allez chercher des compétences complémentaires aux vôtres chez un associé. « Les compétences sont techniques mais aussi comportementales. Une personnalité très structurée aura intérêt à s’associer avec un créatif capable de sortir du cadre, juge Jospeh Machiah, président du cabinet de conseil Arcos. Cela dit, la plupart des enseignes de franchise sont bien bordées. Il ne faut pas espérer avoir beaucoup de latitude en terme de créativité. » Entreprendre à deux ou plus permet en outre d’additionner les carnets d’adresses. Et de disposer de plus de fonds au lancement.


Choisissez soigneusement votre associé

Demandez-vous d’abord si vous êtes fait pour le travail en équipe. Ne perdez pas de vue que, n’étant plus le seul maître à bord, vous devrez composer avec le point de vue d’un autre. Mais vous bénéficierez de son appui moral et vous partagerez la charge de travail. Aussi faut-il être particulièrement précautionneux à l’heure de choisir votre associé. Songez à toutes vos connaissances de confiance : anciens collègues et pourquoi pas fournisseurs, clients.

Guilhem Bertholet
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Guilhem Bertholet, responsable de l’incubateur à HEC

Faites appel à votre réseau pour diffuser l’information, ou visez vos cercles amicaux et familiaux. « Le fait de partir d’emblée sur une relation de confiance permet de gagner du temps au démarrage, estime Joseph Machiah. Mais le risque est de faire moins d’efforts dans la relation car on se connaît dès le départ. » Mettez les choses à plat. D’où l’importance de prendre des précautions préalables. « Il faut avoir une discussion en amont pour savoir ce que chacun attend de l’aventure », recommande Guilhem Bertholet, responsable de l’incubateur à HEC. Un bon salaire, la constitution d’un capital, l’exercice d’un métier intéressant ? Vous devez également impérativement discuter de la répartition des rôles : qui se chargera des aspects marketing ? Qui mènera les relations clients ? Qui assurera l’encadrement du personnel ? Vous devez faire le point sur vos manières respectives de travailler.

Anticipez la fin de la relation

« Vous devez discuter de tous les cas où cela pourrait mal se passer, poursuit Guilhem Bertholet. Il faut aborder tous les cas de figure de séparation, comme la retraite, la vente des parts. » Ne vous contentez pas d’une simple discussion orale. Vous devez la coucher sur le papier en rédigeant un pacte d’associés. Ce document permet d’anticiper les conflits en fixant les règles : le partage des pouvoirs, les règles de répartition des résultats de la société, les modalités de règlement des litiges, les conditions de cession des parts d’un associé.


Grégoire Toulouse
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Grégoire Toulouse, avocat spécialisé en franchise chez Taylor Wessing

Choisissez la forme de votre société

La plupart des créateurs optent pour la SARL. « C’est une société simple dont le mode de fonctionnement est bien maîtrisé », explique Grégoire Toulouse, avocat spécialisé en franchise chez Taylor Wessing. « L’inconvénient  de la SARL est cependant une certaine rigidité de fonctionnement car les règles sont fixées par le Code de commerce et les statuts ne peuvent y déroger. » A l’inverse, dans la SAS (société par actions simplifiée), les actionnaires peuvent librement définir les modalités de la prise de décision sur de nombreux points. « Cette forme sociale permet d’avoir une souplesse dans la prise de décision collective : les statuts déterminent les modalités de vote aux assemblées, le niveau de majorité requise pour telle ou telle question, etc. Jusqu’à une période récente, ce type de société était réservé aux plus fortunés car le capital ne pouvait être inférieur à 37 000 euros et la nomination d’un commissaire aux comptes était obligatoire. Aujourd’hui 1 euro suffit et la nomination d’un commissaire aux comptes n’est obligatoire que lorsque la société atteint une certaine taille. Nous recommandons donc souvent d’opter pour cette formule plus souple », poursuit Grégoire Toulouse. Quant à la répartition du capital, il est recommandé d’éviter le 50-50, même si certaines associations fonctionnement très bien ainsi. « Quelle que soit la structure du capital, il est essentiel de définir les règles de gouvernance, insiste Guilhem Bertholet. Dans une entreprise,  il faut désigner dès le départ un chef chargé qui tranchera en dernier ressort. »