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Entreprendre en franchise : les experts à consulter pour se lancer

2012-03-14T18:15:00+02:0014.03.2012, 


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Avant de signer un contrat de franchise, il est toujours préférable de consulter un ou plusieurs experts spécialisés en franchise. Leur regard extérieur permet d’éviter bien des erreurs et de faire les bons choix dès le départ.


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De plus en plus de franchisés demandent conseil à des experts avant de s’engager contractuellement avec un réseau. D’après la dernière enquête FFF/Banque Populaire, 72 % ont au moins consulté un expert. Parmi eux, 49 % ont rencontré un expert-comptable, 32 % un banquier et 22 % un avocat. Ces spécialistes, qui interviennent le plus souvent au terme du processus de sélection mutuelle et avant la signature du contrat, apportent leur conseil et permettent au franchisé de mieux appréhender son avenir. Ces experts, qui doivent être impérativement expérimentés en franchise, doivent être considérés comme une valeur ajoutée et non comme un coût car ils limitent le risque d’échec.

Les experts-comptables : une vision à 180 degrés

Ces hommes de chiffres étudient la faisabilité d’un projet en appréciant la cohérence du business plan et établissent les prévisionnels financiers. Mais ce n’est pas tout : ils épluchent les comptes du franchiseur, conseillent sur la forme juridique à choisir, analysent les investissements à réaliser, étudient le Document d’Information Précontractuelle (DIP) et orientent le franchisé sur sa recherche de financement. Parfois même, ils peuvent l’assister dans ses démarches auprès des banquiers.

Eric Luc
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Eric Luc, expert-comptable chez Fiducial

« L’expert-comptable a une vision globale de l’entreprise, c’est le généraliste de la création d’entreprise », explique Eric Luc, expert-comptable chez Fiducial. La profession n’étant soumise à aucun barème, les experts-comptables sont libres de fixer leurs tarifs. Ils pratiquent généralement le forfait. « Le taux moyen est de 75 euros de l’heure et il faut compter environ 8 heures pour la première analyse de dossier jusqu’à la présentation du business plan devant un banquier », poursuit Eric Luc. A noter, l’intervention de l’expert-comptable est durable : il peut ensuite prendre en charge la gestion du point de vente, réaliser les bulletins de salaire et mettre en place les tableaux de bord destinés au franchiseur. Un franchisé peut très bien se contenter de l’intervention d’un expert-comptable qui possède à la fois des compétences en droit, en gestion et en comptabilité. Cependant, selon sa situation personnelle et son projet, il peut aussi être amené à consulter un avocat, notamment s’il s’associe, ou si son patrimoine immobilier est important.

Olivier Deschamps, avocat au cabinet D, M & D
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Olivier Deschamps, avocat au cabinet D, M & D

Les avocats : un regard averti sur les clauses du contrat

Ils interviennent sur l’analyse du DIP et du contrat de franchise. Spécialistes du droit, ils connaissent toutes les clauses qui régissent un contrat et peuvent repérer des subtilités juridiques. Ils font particulièrement attention aux clauses d’exclusivité, qui peuvent mettre en difficulté un franchisé sur sa zone géographique, et aux clauses de sortie (clauses de non-concurrence, clauses de non-affiliation…) souvent sensibles, voire rédhibitoires. « L’avocat éclaire le franchisé sur la compréhension du contrat mais n’influe nullement sur sa décision de s’engager », déclare Olivier Deschamps, avocat spécialisé en franchise. Il l’aide à poser les bonnes questions au franchiseur : teneur exacte de l’assistance, prix des produits… Les avocats ne sont soumis à aucun barème : ils fixent librement le montant de leurs honoraires. Pour une analyse de DIP et de contrat, il faut compter en moyenne 1 000 euros.


Les banquiers : une relation sur la durée

Un franchisé peut tout à fait consulter son banquier personnel, mais ce dernier n’est pas toujours le bon interlocuteur pour étudier un projet de franchise. Il faut en effet maîtriser les rouages du métier, comprendre les subtilités des conditions d’entrées (droit d’entrée, royalties, rentabilité…) et connaître le secteur d’activité du réseau pour bien identifier les besoins financiers.

Florence Soubeyran
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Florence Soubeyran, en charge du pôle franchise à la BPCE

« Si le franchiseur est référencé auprès de banques partenaires, le franchisé a tout intérêt à les consulter. Cela permet d’accélérer les démarches car le conseiller, au niveau local, reçoit de la part du pôle franchise national les informations complètes sur l’enseigne et le projet », déclare Florence Soubeyran, en charge du pôle franchise à la BPCE. Aujourd’hui, en effet, mieux vaut mettre toutes les chances de son côté, car les banques accordent moins facilement des lignes de crédit aux entrepreneurs, franchisés compris. «  Avant l’été 2011, nous présentions les dossiers de financement à deux ou trois banques. Désormais, nous devons consulter parfois jusqu’à dix établissements sur certains dossiers », s’inquiète Jean-Philippe Deltour, co-fondateur de CréditRelax, un courtier en financement spécialisé en création d’entreprise et en franchise. Attention cependant : un franchisé qui est ou a déjà été commerçant a tout intérêt à poursuivre ses relations avec son banquier historique. Ce dernier connaît en effet le franchisé et une relation de confiance est déjà instaurée. Inutile dans ce cas de repartir de zéro. Au-delà de l’aspect financement, le banquier est un partenaire sur le long terme du franchisé. La relation s’inscrit dans la durée en anticipant l’avenir : autorisation de découvert, crédit d’exploitation, carte de paiement pour les fournisseurs, mise à disposition de terminaux de paiement pour les franchisés commerçants… Un bon banquier doit être présent dans les bons, comme les mauvais moments.