Retour d’expérience

Le commerce de demain : la réponse des groupements

2011-05-19T10:01:00+02:0019.05.2011, 


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Le 17 mai dernier, la Fédération des enseignes du Commerce Associé a dressé le bilan de l’année 2010 et s’est penchée sur le futur du commerce. Analyse et prospective… Le compte-rendu des dixièmes rencontres du commerce associé.


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Les enseignes du commerce associé représentaient 123 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2010

Le commerce associé résiste à la crise

Le commerce associé est un modèle alternatif, gage de pérennité », c’est ainsi que Guy Leclerc, le président de la Fédération des enseignes du Commerce Associé, a introduit les 10èmes rencontres du commerce associé. « Les groupements sont construits par des hommes et des femmes propriétaires de leur point de vente, qui établissent ensemble des règles communes dans le but de développer et de pérenniser l’entreprise de chacun. Les entrepreneurs en groupement ont toujours su se remettre en question et se projeter dans l’avenir en faisant évoluer le concept et leur mode d’organisation. » Et les chiffres le prouvent : en 2010, les enseignes du commerce associé représentaient 123 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 27,3 % de parts de marché sur le commerce de détail. A la tête de 39 000 points de vente, les 30 000 associés ont créé plus de 13 000 emplois en 2010. « Malgré une année incertaine due au climat social et aux soldes flottants, explique Alexandra Bouthelier, la déléguée générale de la FCA, le commerce associé a enregistré une hausse de 4,2 % de parts de marché. Cette progression s’explique par l’ouverture de nouveaux points de vente, des performances accrues au sein des unités, ainsi que l’agrandissement des centres de profits de certains concepts. C’est également la solidité de ces enseignes, leurs performances et le partage systématique d’expérience qui leur permet de tenir le choc et de se développer.»


Un modèle tourné vers avenir

D’après Olivier Badot, consultant en distribution et professeur à l’ESCP Europe, « la consommation est de plus en plus fragmentée : pour acheter toujours plus, les individus ont tendance à se diriger vers des produits de plus en plus spécialisés, moins chers, voire dans des formats plus petits ». Des enseignes hyperspécialisées devraient donc voir le jour, à l’image de groupements qui développent des marques aux positionnements variés sur un même marché afin de toucher les consommateurs aux différents âges de leur vie, tels que Synalia sur le créneau du bijou et de la montre ou Krys Group pour la lunetterie. Le commerce permettant de recréer du lien social, les concepts se déclineront sur de multiples tailles, afin de s’adapter à chaque zone. Les petits magasins de proximité devraient continuer à se développer, ainsi que les unités mobiles. De plus, le consommateur souhaite pouvoir acheter à tout instant et par tous les moyens mis à sa disposition. D’après Alexandra Bouthelier, « 45 % des groupements pratiquent le e-commerce et 24 % se sont adaptés au m-commerce » (par téléphone mobile). Gilles Briant, adhérent Intermarché responsable du marketing, explique que le site e-commerce d’enseigne était déficitaire jusqu’à ce que l’enseigne décide d’accoler des drives aux magasins, pour que les clients puissent récupérer leur commande (le « picking »). Aujourd’hui, ce nouveau concept est déployé sur 15 points de vente. Le drive sera adopté par une centaine d’unités d’ici la fin de l’année et à terme, sur 1 600 points de vente. De son côté, Euronics a mis en place un portail e-commerce dans le but de rediriger au maximum les clients vers les points de vente, tout en leur laissant la possibilité de se faire livrer. Pour ce faire, l’enseigne a mis en place une filiale spécifique pour gérer la logistique et la facturation. Aujourd’hui, le e-commerce représente 16 % des ventes de l’enseigne.



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Les grandes tendances du futur

Pour comprendre les enjeux et les mutations des entreprises et du commerce, il convient de prendre en compte le monde dans lequel ils s’inscrivent. « Les hommes et les femmes désirent toujours plus de libertés individuelles. Ce qui génère le développent de l’économie de marché. Par essence, le marché est sans frontière et l’absence d’un Etat de droit mondial entraine des crises comme on peut en connaitre actuellement. Aujourd’hui, le monde est en voie de "somalisation" : il est devenu une zone de non droit. Certaines règles doivent être érigées, comme une autorité de la concurrence sur le marché mondial », analyse Jacques Attali. Cette quête des libertés individuelles engendre également des remises en cause permanentes. « Tout devient précaire, même les contrats, qu’ils soient de travail ou sentimental, tendent vers une réduction de leur durée », explique l’économiste. Jacques Attali démontre également comment le monde va évoluer dans les prochaines décennies. « Si les tendances se confirment, la population devrait passer de 7 à 9 milliards d’ici 2050. Près des deux tiers de ces personnes vivront en ville, contre la moitié aujourd’hui. » Cet afflux vers les villes aura une influence directe sur leur organisation et par conséquence sur la vie des commerçants. Un quotidien qui va aussi être chamboulé par les évolutions technologiques. « Quatre vagues majeures se succèderont : celle des technologies de l’information (internet, les réseaux sociaux, la téléphonie mobile comme moyen de paiement, l’émergence du RFID et du web sémantique) ; celles concernant les avancées en génomique, en nanotechnologie et en neuroscience », avance l’ancien conseiller de François Mitterrand. Ces différentes révolutions entrainent une augmentation de l’espérance de vie et l’émergence accrue des secteurs d’activités liés à la santé ou aux assurances, par exemple.


Pour aller plus loin :

Consulter le bilan 2010 de la FCA