Le commerce associé, une organisation horizontale

2012-06-27T09:57:00+02:0001.02.2012, mis à jour le 27.06.2012,


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Alternative à la franchise, les groupements du commerce associé sont dirigés par leurs membres. Chaque entrepreneur joue donc un double rôle, au sein de son point de vente et à la tête du réseau.


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Le partage au cœur des groupements

Les adhérents de groupements du commerce associé sont des entrepreneurs juridiquement et financièrement indépendants les uns des autres. Ils gèrent donc en toute liberté leur point de vente. Contrairement à la franchise, où les décisions sont prises par l’enseigne, le groupement est une coopérative codirigée par ses membres. La philosophie du commerce associé se base sur le partage de moyens, d’expériences et de services. Les entrepreneurs doivent placer l’intérêt collectif au même niveau que leur propre intérêt. Ils ont un droit de regard sur la communication, les concepts architecturaux ou encore les assortiments de produits. « Nous sommes passés de la centrale d’achat à la centrale d’enseigne », détaille Guy Leclerc, président de la Fédération des enseignes du commerce associé (FCA). « Pour être compétitifs, nous mettons en commun nos moyens et notre savoir-faire pour élaborer, par exemple, la publicité, le marketing ou encore l’informatique ».


28,5 % de parts de marché du commerce de détail

Le commerce associé est apparu dès la fin du XIXe siècle. Les entrepreneurs se fédéraient alors pour négocier des prix plus avantageux avec leurs fournisseurs. L’avènement de la consommation de masse dans les années 1960 a accéléré la constitution de groupements dans la quasi-totalité des secteurs de commerce de détails : alimentation, bricolage, parfumerie, sport, automobile, pharmacie… Aujourd’hui présents dans une vingtaine de secteurs d’activité, 80 groupements qui rassemblent parfois plusieurs enseignes détiennent 28,5 % de parts de marché du commerce de détail. Leurs noms ? Les Mousquetaires, Atol, JouéClub, Sport 2000, Best Western ou encore Gitem. Fort de ses 40 362 points de vente, le commerce associé a pesé 131,4 milliards de chiffre d’affaires en 2011. « Avec une progression de 4,1 %, nous sommes au-dessus de la croissance des secteurs dans lesquels nous sommes présents. Depuis 10 ans, nous prenons des parts de marché », se félicite Guy Leclerc.


Guy Leclerc, président de la FCA
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Guy Leclerc, président de la Fédération des enseignes du Commerce Associé.

Une coopération à durée indéterminée

S’il est devenu un mastodonte du secteur marchand et compte poursuivre son expansion, le commerce associé entend préserver son identité. Les purs investisseurs en demeurent exclus. Les entrepreneurs doivent présenter un projet solide et être porteurs des valeurs des groupements. « 18,5 % des candidats sont des salariés des groupements, 18 % des enfants d’associés », poursuit Guy Leclerc, qui précise par ailleurs que 16 % sont des transfuges de la franchise. L’ « esprit de famille » est essentiel dans les groupements : il est fréquent qu’un entrepreneur en parraine un autre. L’assistance est également technique et financière. Les groupements soutiennent les porteurs de projet via la Socorec, société financière dont le capital est détenu par une quarantaine de groupements de commerçants. Cet organisme a financé 400 projets, ce qui représente 125 millions d’euros de crédit. Une fois admis, l’associé entame une coopération à durée indéterminée, contrairement à la franchise où le membre d’un réseau doit renégocier périodiquement son contrat.


« Un homme, une voix »

En adhérant à un groupement, l’entrepreneur achète des parts sociales. Il devra par la suite s’acquitter de cotisations mensuelles ou annuelles pour participer aux charges d’exploitation. En contrepartie, en sa qualité d’actionnaire, il touche des dividendes. Détenteur du capital, il participe pleinement aux décisions stratégiques de l’enseigne selon le principe « un homme, une voix ». Et ce quels que soient son ancienneté ou les résultats de son entreprise. Cette voix, il peut la faire valoir en assemblée générale mais aussi au conseil d’administration et à des commissions. Bref, la prise de décision au sein d’un groupement peut s’avérer longue. Mais cette gouvernance participative incite les adhérents à appliquer rapidement les résolutions.


Article du Hors-série Franchise et commerce associé 2012