Entreprendre en réseau

Commerce associé : se regrouper pour sortir de l’isolement

2012-02-14T15:08:00+02:0014.02.2012, 


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Rester indépendant, tout en échappant à l’isolement, voilà le pari que les enseignes du commerce associé ont choisi de relever. Tour d’horizon avec Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la Fédération des enseignes du Commerce Associé, qui a joué le rôle de porte-parole des valeurs du commerce en réseau sur le Salon des Entrepreneurs de Paris 2012, les 1er et 2 février derniers.

Se regrouper pour sortir de l'isolement
Crédits photo : Shutterstock.com
La solitude est l'ennemi numéro un de l'entrepreneur.

« L’indépendance dans l’interdépendance »

Organisée par la Fédération des enseignes du Commerce Associé (FCA) sur le Salon des Entrepreneurs de Paris, la conférence « Entrepreneurs : découvrez les avantages du commerce en réseau » visait à faire découvrir le commerce associé aux porteurs de projets présents. Animée par Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la FCA, cette conférence donnait la parole à trois têtes de réseau et à un avocat. Témoignages d’entrepreneurs qui ont rompu l’isolement en rejoignant un groupement.


Le commerce associé convainc de plus en plus de chefs d’entreprise qui souhaitent s’appuyer sur un réseau. « 1 000 nouveaux adhérents rejoignent un groupement chaque année. Sur 5 ans, le taux de réussite d’un entrepreneur qui se développe au sein d’un réseau est 2 fois supérieur à la moyenne nationale », indique Alexandra Bouthelier. « Le commerce associé permet de garder son indépendance, tout en rompant l’isolement, véritable fléau de l’entrepreneur », poursuit-elle. Vision partagée par les réseaux présents. « Ce qui nous caractérise, c’est l’indépendance dans l’interdépendance. Les bonnes idées viennent de chacun », précise Stéphane Carbiener, directeur du développement de l’enseigne de puériculture Bébé 9. En effet, contrairement à la franchise, le groupement permet de jouer un rôle actif au sein du réseau. « Nous sommes à la fois franchisés et franchiseurs », ajoute Jean-François Morinaux, directeur général de l’enseigne de parfumerie Passion Beauté. En effet, le groupement repose sur le principe « un homme = une voix », qui donne un rôle de décideur à chaque adhérent. Cependant, si le chef d’entreprise bénéficie de la force d’un réseau, il doit aussi en accepter les règles. « Bien évidemment, nous devons respecter les règles que nous avons défini ensemble. C’est la condition sine qua non au bon fonctionnement du réseau », affirme Philippe Guéneau, directeur réseau de la coopérative immobilière L’Adresse. Condition également indispensable, le bon recrutement des adhérents, puisque la viabilité du réseau dépend directement de la motivation de ses membres. « Finalement, l’intégration d’un groupement est un choix humain avant tout », conclut Nicolas Nadal, avocat associé du cabinet Juripole.

« Ensemble, on est plus fort »

Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la Fédération des enseignes du Commerce Associé, et Philippe Lebreton, administrateur du réseau de distribution Les Mousquetaires, ont participé au débat « Commerce associé » sur le studio vidéo du Salon des Entrepreneurs. Compte-rendu de la discussion.


La solitude est l’ennemi numéro un de l’entrepreneur. « Le principe du réseau et du commerce associé est de rester chef d’entreprise, de rester indépendant, mais de ne pas rester isolé. La notion de réseau permet de se dire qu’ensemble, on est plus fort », affirme Alexandra Bouthelier. Une recette qui marche, puisque le commerce associé regroupe aujourd’hui 124 enseignes, qui forment 75 groupements nationaux. Il représente 123,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 28 % du chiffre d’affaires du commerce en France. Pas moins de 30 secteurs sont concernés, aussi divers que l’alimentaire, le bricolage, l’optique, les voyages, l’immobilier ou la parfumerie. « On a plus de chances d’être dans le vrai quand on est plusieurs à construire ce réseau, plusieurs à définir une stratégie, plusieurs à partager des bonnes idées », souligne Alexandra Bouthelier. « Nous sommes des chefs d’entreprise indépendants et interdépendants », ajoute Philippe Lebreton, administrateur du réseau de distribution Les Mousquetaires à la tête de deux hypermarchés. « Aujourd’hui, on ne peut plus rien faire tout seul, c’est une nécessité d’appartenir à un groupement et de travailler ensemble. »