Portrait de franchisé

Parcours d'entrepreneur en franchise : un col blanc à l'atelier

2010-03-15T16:00:00+02:0015.03.2010, 


imprimer

Ancien directeur financier, Thierry Pontille se lance dans la franchise à la suite d'un plan social. Malgré l'assistance du franchiseur, la création du centre Maxauto, a été difficile à cause de la conjoncture.

Thierry Pontille, franchisé Maxauto
Crédits photo : Les Echos / Richard Damoret, Réa
Thierry Pontille, franchisé Maxauto en Auvergne.

Directeur financier dans le secteur de la grande distribution, Thierry Pontille a « profité » d'un plan social pour se lancer. « L'idée de démarrer une seconde carrière germait depuis cinq ou six ans. La dimension managériale et décisionnelle de mes postes était très proche du quotidien d'un chef d'entreprise », explique-t-il. Dans cette optique, le secteur automobile s'impose comme une évidence. « Je connaissais ce milieu grâce à mon activité précédente et je préférais m'orienter vers un domaine dont je maîtrisais certains tenants et aboutissants. Je n'étais pas capable de changer des bougies de préchauffage, mais je savais combien en vendre chaque mois pour m'en sortir au niveau comptable. » Dans un secteur à forte concurrence où les indépendants se sont raréfiés, le choix d'entreprendre sous enseigne s'est révélé fondamental. « La franchise apporte une assistance technique, une formation, la notoriété d'un groupe d'envergure nationale. Mais aussi une aide pour trouver l'emplacement, le promoteur, négocier le loyer et échelonner les travaux du futur point de vente. Les huit semaines d'immersion dans un centre Maxauto m'ont permis d'appréhender ce que serait mon quotidien durant les cinq années suivantes. J'ai aussi choisi ce franchiseur parce que je le sentais proche de ses franchisés : je voulais qu'il soit réellement présent dans les moments difficiles », confie Thierry Pontille.


La crise comme invité surprise

Il paraphe son bail en mai 2008 et quelques semaines plus tard, les Bourses du monde entier s'effondrent. La crise commence. « Le temps de construire le local et de boucler mon dossier, j'ai ouvert en août dernier à Lempdes, en Auvergne. Malheureusement, ce n'était pas la période idéale pour démarrer une activité », concède-t-il. Un impondérable auquel s'ajoutent des retards dans la construction de la zone commerciale censée entourer son implantation et générer du trafic. Malgré ces difficultés, Thierry Pontille reste porté par son désir d'autonomie : « Aujourd'hui, je gagne deux fois moins par rapport à mon ancien poste. En espérant que ce soit temporaire ! Mais je capitalise, je crée du patrimoine », explique cet homme de quarante-cinq ans. En bon chef d'entreprise, il ne compte pas ses heures. A la fois gestionnaire, conseiller et vendeur, il s'implique auprès de son équipe de six personnes. Presque deux ans après la genèse de son projet, il n'éprouve aucun regret. Quoique... « Si c'était à refaire, j'opterais peut-être pour une reprise en franchise plutôt qu'une création. Histoire de connaître une transition plus douce, avec un personnel déjà formé. »