La franchise, un succès encore jamais démenti

2012-10-12T08:10:00+02:0008.10.2012, mis à jour le 12.10.2012,


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Modèle entrepreneurial basé sur la transmission d’un savoir-faire, la franchise compte 1 569 réseaux en France. Retour sur le principe de la franchise et sur les raisons de son succès.


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Le principe de base

Apparue simultanément dans les années 1930 des deux côtés de l’Atlantique, la franchise est un contrat qui lie une entreprise propriétaire d’une marque ou d’une enseigne, le franchiseur, à un ou plusieurs commerçants indépendants, les franchisés. Chaque partie réalise des profits grâce à la réitération de la réussite du premier par les seconds. Le franchisé, qui bénéficie du droit d’utiliser la marque et de dupliquer le concept, verse un droit d’entrée puis des redevances sur son chiffre d’affaires. Le franchiseur s’engage en échange à fournir une gamme de produits ou de services qu’il a conçus ainsi qu’un savoir-faire et une assistance. Un échange de bons procédés, en somme.


Des bénéfices communs

D’un côté, l’enseigne étend son réseau sans avoir à consentir d’investissement initial pour ouvrir un nouveau point de vente. De l’autre, l’entrepreneur lance sa société avec un filet de sécurité. « La force de la franchise tient dans la relation de confiance entre chefs d’entreprise. Elle repose sur la solidarité. L’enseigne est responsable de la stratégie à moyen et long terme. Les membres du réseau sont les ambassadeurs de la marque auprès des clients », résume Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise (FFF). Concrètement, le franchiseur s’engage à assurer la pérennité de l’enseigne et le franchisé à respecter le concept et les orientations stratégiques.


Un cadre pour entreprendre

Les règles régissant la franchise ont été formalisées à la fin des années 1980 lorsqu’ont été adoptés un code de déontologie et la loi Doubin, qui définit les relations précontractuelles. À cette époque, quelque 800 réseaux tentent déjà de s’imposer sur leurs marchés respectifs. De la distribution à la beauté, en passant par l’immobilier, l’hôtellerie, les services aux entreprises et aux particuliers, la franchise investit tous les secteurs d’activité. Cette croissance tous azimuts est dynamisée par l’essor de la grande distribution, qui incite les commerces de détail à s’organiser en réseau, par l’appétence des salariés pour l’entrepreneuriat et par les consommateurs eux-mêmes, qui aiment se rendre dans des enseignes qu’ils connaissent au moins de réputation.

Chantal Zimmer, déléguée générale de la FFF
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Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération Française de la Franchise.

Un accélérateur du développement

« En fournissant des outils et un savoir-faire aux petits commerçants, la franchise a contribué à la professionnalisation du commerce », juge Chantal Zimmer. Et à son développement. La croissance du nombre de réseaux, qui ne s’est jamais démentie, oscille entre 8 et 11 % depuis cinq ans, selon la FFF. En 2011, la France comptait 1 569 franchiseurs et 62 041 unités franchisées, qui ont généré un chiffre d’affaires de plus de 47,24 milliards d’euros. Certaines enseignes, comme Century 21 (900 agences), Jean-Louis David (430 salons), Midas (313 centres), Casino Proximité (7 000 magasins) ou encore McDonald’s (1 100 restaurants), sont devenues les acteurs incontournables de leur secteur dans l’Hexagone.


« Think global, act local »

La franchise a également permis au commerce de prendre le virage de la mondialisation. 5àSec en Amérique Latine, Paul au Moyen-Orient, Jeff de Bruges au Maghreb, Yves Rocher en Asie, près de 30 % des réseaux tricolores s’étendent à l’international. « Le succès réside en la confiance du consommateur d’une part envers l’enseigne et d’autre part envers le commerçant du coin, bien ancré dans le tissu local », poursuit Chantal Zimmer. Au-delà de la formation initiale et de la livraison clé en main du concept, le franchisé bénéficie de l’assistance de l’enseigne au niveau technique, juridique. Il peut également partager ses bonnes et mauvaises expériences avec les autres membres du réseau. Et si la franchise se caractérise par une relation verticale où la tête de réseau impose ses décisions à ses membres, certaines enseignes s’appuient sur leur base pour faire remonter des informations et faire évoluer le concept en concertation avec les acteurs de terrain.


Article du Hors-série Franchise et commerce associé 2012