Entreprendre en réseau : dans la peau d’un franchisé

2011-01-31T15:48:00+02:0031.01.2011, 


imprimer

Que l’on soit demandeur d’emploi, salarié ou commerçant isolé, la franchise peut se révéler être un bon tremplin pour une reconversion professionnelle. A condition de bien cerner les principales exigences de cette forme d’entrepreneuriat.

Salarié devenu franchisé
Crédits photo : Getty Images
La franchise offre des possibilités de reconversion professionnelle.

Qui n’a jamais eu la tentation de se mettre à son compte, de devenir son propre patron ? Mais combien ont été freinés par le manque d’idées, la peur d’échouer ou la méconnaissance d’un secteur ? La franchise, comme d’autres formes de commerce organisé, permet de pallier un certain nombre de ces écueils, si toutefois le candidat prépare bien son projet. Cette forme de contrat associe une entreprise propriétaire d’une marque ou d’une enseigne (le franchiseur) à un ou plusieurs commerçants indépendants (les franchisés). Le système repose sur la réitération d’une réussite éprouvée par le franchiseur sur un site pilote. La tête de réseau s’engage à fournir son enseigne, son savoir-faire et son assistance aux franchisés, qui doivent en échange lui verser un droit d’entrée et des redevances sur leur chiffre d’affaires.


Des profils variés

En pratique, d’après la dernière enquête annuelle sur la franchise réalisée par l’institut CSA pour la Banque Populaire et la Fédération française de la franchise, l’âge moyen des franchisés est de 46 ans. Ils ont en moyenne 8 ans d’ancienneté au sein de leur réseau, emploient 7,2 personnes et une grande majorité détient un seul point de vente (75 %). Depuis 2006, la population des franchisés a tendance à se masculiniser : on compte aujourd’hui 60 % d’hommes contre 40 % de femmes. Cependant, près d’un franchisé sur 3 emploie son conjoint dans l’entreprise et 44 % des franchisés qui vivent en couple déclarent être aidés par leur conjoint dans leur activité.

Difficile pour autant de dresser un portrait robot du franchisé, car les candidats viennent d’horizons très divers. « La franchise offre des possibilités de reconversion professionnelle, puisque le franchiseur donne toutes les clés pour réussir dans un secteur d’activité que l’on ne connaît pas, explique Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise. Cet avantage attire des demandeurs d’emploi, mais aussi des salariés désabusés qui veulent prendre leur destin en main en se lançant dans l’entrepreneuriat. » Par ailleurs, de plus en plus de commerçants isolés décident de rejoindre un réseau car ils se rendent compte qu’ils manquent des moyens de communication efficaces, notamment en période de conjoncture difficile. C’est aussi parfois l’occasion pour eux de moderniser leurs méthodes de travail et leurs lieux de vente.

Des exigences à mesurer

Mais quel que soit son profil, le candidat à la franchise doit détenir un certain nombre d’atouts : avoir un tempérament d’entrepreneur, être travailleur et être prêt à prendre des risques – car la création d’entreprise, même accompagnée, n’est jamais un succès garanti. Selon l’activité choisie, le franchisé devra notamment avoir le sens du commerce, la capacité à manager une équipe et des compétences de gestionnaire. Il est surtout essentiel de posséder « l’esprit réseau », c’est-à-dire accepter de respecter à la lettre le concept du franchiseur et participer au partage d’expérience avec les autres franchisés de l’enseigne.

Par ailleurs, l’entrepreneuriat exige un important investissement personnel en temps et en argent. Le candidat ne doit donc s’engager que sur un projet qui correspond à ses capacités financières, sans optimisme excessif. Car outre l’investissement initial nécessaire au lancement de l’affaire, en devenant entrepreneur, le franchisé perd le confort d’un salaire régulier, et ne peut généralement pas (ou peu) se rémunérer pendant ses premiers mois d’activité. En 2010, le revenu moyen net des franchisés s’élève ainsi à 2 766 euros, sachant que 38 % des franchisés touchent moins de 1 666 euros nets par mois. Avant de se lancer, mieux vaut donc mesurer la portée de l’engagement que l’on prend, pour soi et pour son entourage, afin d’évaluer si le jeu en vaut vraiment la chandelle !


Chantal Zimmer, déléguée générale de la FFF
Crédits photo : DR
Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération Française de la Franchise.

Verbatim


Chantal Zimmer, déléguée générale de la FFF

« La force de la franchise réside dans la définition claire des rôles de chacun : le franchiseur est l’initiateur, il est responsable de la stratégie du réseau et de sa pérennité, tandis que le franchisé est l’ambassadeur, qui doit apporter au consommateur la promesse de l’enseigne sur le terrain. Il s’agit donc d’une délégation croisée de pouvoir et de compétences : le franchisé cède la responsabilité de sa stratégie long terme au franchiseur, qui, de son côté, confie sa stratégie court terme au franchisé. Tout cela est spécifié dans notre code de déontologie, pierre angulaire de la franchise.

Ce système est plus contraignant et exigeant que beaucoup d’autres formes de commerce, mais c’est aussi ce qui explique son efficience : depuis 20 ans, la franchise n’a cessé de se professionnaliser. Elle a aujourd’hui atteint sa maturité en France. Il est désormais acquis que l’on ne s’improvise pas franchiseur, ni franchisé : il faut allier des compétences et un état d’esprit, c’est-à-dire avoir la conviction de l’intérêt supérieur du réseau. »