Franchise Expo 2010

C. Zimmer (FFF) : « Qu’il soit artisan ou franchisé, il faut redonner au commerçant sa fonction sociale »

2010-02-15T17:05:00+02:0015.02.2010, 


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A un mois de Franchise Expo 2010, Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération Française de la Franchise, fait le point sur l’évolution du profil des franchisés, l’internationalisation du salon et le rôle de la franchise dans le développement des villes.

Chantal Zimmer, déléguée générale de la FFF
Crédits photo : DR
Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération Française de la Franchise.

Parmi les candidats à la franchise, pourquoi constate-t-on aujourd’hui l’émergence de nouveaux profils, comme les chômeurs et les salariés en reconversion ?
La franchise est une réponse à une attente, à une évolution des mentalités. Sociologiquement, en France, on a réalisé qu’il n’y avait pas d’avenir qu’à travers le salariat. Que créer une entreprise peut être aussi un projet de vie. Qu’il vaut mieux être petit chez soi que grand chez les autres. Dans cette volonté nouvelle d’entreprendre, la franchise minimise les risques et ne nécessite pas de tout réinventer, et tout seul ! Elle offre même la possibilité de changer de secteur d’activité grâce au transfert de savoir-faire du franchiseur au franchisé. Cette reconversion professionnelle est d’autant plus facilitée que le temps moyen de formation dans les franchises a doublé au cours des cinq dernières années. Aujourd’hui, 70 % des franchisés sont d’anciens salariés, alors qu’ils étaient majoritairement des commerçants et des investisseurs il y a encore dix ans. Le niveau moyen d’études du franchisé est maintenant Bac + 2.


Comment le salon Franchise Expo s’est adapté à cette évolution ?
En créant notamment cette année deux nouveaux espaces, « Village créateurs d’entreprise » et l’« Espace Coaching ». Le franchisé reste un créateur d’entreprise qui, comme tout entrepreneur, se sent parfois désemparé face aux questions administratives, juridiques ou comptables. Et sans toujours savoir à qui s’adresser pour ces formalités ou nécessités. Le « Village créateurs d’entreprise » de Franchise Expo apporte toutes ces informations pratiques à des personnes qui seront investies, par la suite, 70 heures par semaine dans leur point de vente, et que l’on se doit d’aider dans leur phase de construction de leur projet.
Même si le candidat a le profil d’un chef d’entreprise, il doit être prévenu des avantages et des exigences de la franchise avant de choisir ce système pour développer sa future entreprise. Il est un commerçant indépendant mais accepte d’être avant tout ambassadeur de l’enseigne et doit la représenter fidèlement. L’Ecole de la franchise, sur le salon, a pour objectif de l’aider à se poser les bonnes questions, en amont de son projet. Le candidat pourra également entrer en contact avec des experts, comme des banquiers et des avocats afin, par exemple, d’apprendre à lire un contrat de franchise.


Pourquoi Franchise Expo reste incontournable dans la construction d’un projet d’entrepreneur sous enseigne ?
Durant quatre jours, le candidat à la franchise peut trouver toute l’information nécessaire à travers la rencontre des enseignes sur les stands du salon. Il peut échanger avec le franchiseur, ses équipes et souvent des franchisés du réseau, dans un cadre qui reproduit le concept de l’enseigne exposante. C’est une occasion unique de « sentir » les gens avec qui l’on va travailler, dans une relation qui reste avant tout fondée sur l’humain. Franchise Expo, c’est un moment irremplaçable pour rencontrer des franchiseurs aux concepts proches sur un temps rapproché et dans un espace confiné. Ce qui permet au candidat à la franchise une analyse beaucoup plus objective dans son choix d’enseigne.

Comment s’est forgée l’internationalisation du salon, avec 20 pays présents en 2010 ?
Franchise Expo est aujourd’hui le plus grand salon mondial sur la franchise en nombre d’exposants et de visiteurs. Mais aussi en termes de fréquentation internationale, avec la présence d’investisseurs d’Amérique latine, du Canada, d’Asie, du Moyen-Orient et du Maghreb. C’est le résultat du travail de la Fédération Française de la Franchise à l’étranger. En effet, le Maroc est cette année invité d’honneur du salon, mais nous avons tenu notre première conférence dans ce pays en 1994 et nous y retournons tous les ans. Aujourd’hui, le Maroc a adopté le code de déontologie française (*). Nous avons aidé le Liban à créer sa propre fédération en 2007, et nous travaillons avec l’Egypte depuis 5 ou 6 ans. Notre volonté est de créer une Fédération Méditerranéenne de la Franchise, les courants d’affaires et la culture de ces pays étant proches des nôtres.
La France est le premier pays européen quantitativement, en nombre de franchiseurs. Elle est également leader en Europe qualitativement, sur ce que j’appelle « la technologie de la franchise », sur le cœur, les composantes et la mécanique de ce système. Nous avons développé une notion d’intérêt supérieur du réseau beaucoup plus forte qu’ailleurs et nous avons une sérieuse avance sur les autres pays en matière de management des réseaux.


Franchise Expo s’adresse également aux candidats à la master franchise. Quel est leur profil ?
Un investisseur qui dispose de solides capitaux, déjà chef d’entreprise, capable de construire un business plan et de gérer une affaire. Sa démarche de développement doit s’inscrire sur le long terme. Le master franchisé devra surtout franchir la principale étape de son projet : étudier le marché et la capacité d’adaptation du concept étranger à la population française. Il doit prendre le risque sur son propre capital. Le master franchisé, comme tout franchiseur, est un « collecteur d’épargne ». Il engage des vies, il a affaire à des êtres humains qui investissent leur patrimoine.


De quelle façon la franchise participe-t-elle au développement des villes ?
Les villes françaises ont connu un problème d’urbanisation. On a laissé périr les centres-villes au profit de leurs périphéries. Le gouvernement a demandé à la Fédération Française de la Franchise d’inciter les enseignes à revenir en centre-ville. Le commerçant franchisé répond à une volonté de proximité du consommateur, car il est un patron issu du cru, dynamique et qui se modernise en intégrant une enseigne.
Les animateurs de centre-ville réalisent aujourd’hui le même travail de merchandising et d’agencement des quartiers comme on le fait pour un centre commercial, en utilisant la variété des concepts de franchise pour répondre aux besoins locaux des consommateurs. Tout en préservant l’équilibre entre commerçants traditionnels isolés et franchisés, ils opèrent ce renouveau, à l’image du succès de rénovation urbaine à Montrouge, en banlieue parisienne. Une place doit être laissée à l’artisanat, comme c’est le cas pour certains métiers de proximité essentiels comme ceux de boucher, poissonnier ou primeur. Qu’il soit artisan ou franchisé, il faut redonner au commerçant sa fonction sociale.


Est-ce que les réseaux de franchise jouent un rôle d’ascenseur social ?
35 % des réseaux adhérents à la Fédération Française de la Franchise (**) organisent une veille pour repérer des salariés, dans leurs équipes comme dans celles des franchisés, qui puissent rejoindre le réseau comme entrepreneur indépendant. Ces salariés possèdent la culture d’appartenance à une enseigne et connaissent une partie du savoir-faire. Etre chef d’entreprise, c’est savoir faire grandir les gens.


(*) 42 % des réseaux implantés au Maroc sont français.
(**) 140 réseaux ont adhéré à la F.F.F et regroupent 45 % des franchisés.