La franchise en France… et en chiffres

2015-08-17T06:00:00+02:0017.08.2015, 


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L’Hexagone arrive en tête des pays européens où le système de franchise est le plus répandu. Le récapitulatif en dix chiffres.

Dix chiffres sur la franchise
Crédits photo : Shutterstock

« Les premières franchises commerciales sont nées en France dans les années 1928-1929, avec des enseignes telles que Pingouin, Pigier et Coryse Salomé », écrit le président de l’Iref, Michel Kahn, dans son ouvrage « Franchise et partenariat, 6ème édition ». Si aujourd’hui c’est aux Etats-Unis qu’elle est la plus présente, le berceau de la franchise se situe bel et bien dans l’Hexagone. D’ailleurs, depuis les années 1970, elle ne cesse de gagner du terrain, en particulier dans le paysage concurrentiel du commerce de détail et des services. Voici dix chiffres clés pour prendre la mesure de ce phénomène et en savoir plus sur cet univers.

1. Chiffre d’affaires

En 2014, l’ensemble des points de vente exploités en franchise ont totalisé 51,45 milliards d’euros de recettes. Ce chiffre, en hausse de 8,5 % par rapport à 2013, doit toutefois être interprété avec précaution : bien qu’en croissance, il ne correspond pas à un périmètre constant, le nombre d’unités franchisées ayant augmenté au cours de l’année 2014. En outre, l’année 2013 avait été marquée par un recul de près de 7 % du chiffre d’affaires de la franchise, la hausse de 2014 s’assimile donc à un « retour à la normale » de 2012, à plus de 50 milliards d’euros.

2. Nombre de réseaux

Avec 1 796 réseaux de franchise identifiés, la France a gagné 77 franchiseurs de plus sur un an. Un chiffre en hausse continue depuis les années 1970, période durant laquelle la franchise a refait son apparition dans l’Hexagone. A titre d’exemple, il existait 34 réseaux de franchise en 1971. En l’espace d’une trentaine d’années, ce nombre a été multiplié par 50 ! Si le rythme de progression de ces dernières années reste constant, il pourrait exister près de 3 000 réseaux d’ici 2030.


3. Nombre de franchisés

Il n’existe pas de données précises sur le nombre de franchisés, mais ils seraient chaque année, en moyenne, près de 4 000 à se lancer dans l’aventure. En revanche, la Fédération française de la franchise publie tous les ans le nombre de points de vente exploités en franchise, ce qui peut donner un ordre d’idée. L’an dernier, la fédération en a identifiés précisément 68 171, soit plus de 3 000 de plus que l’année précédente. Un solde positif, donc, qui tient compte des créations et des disparitions.


4. Répartition hommes/femmes

Alors que la part de femmes entrepreneures au global est de 30 %, la franchise fait mieux, avec un taux de féminisation qui s’élève à 40 %. Cette proportion stagne, toutefois : inchangée depuis deux ans, elle n’a gagné que 7 points depuis 2004.

Parmi les facteurs explicatifs, l’on retrouve comme dans l’entrepreneuriat classique, une certaine forme d’autocensure de la part de certaines aspirantes franchisées. Pour en savoir plus, relire l’article de la rédaction : Comment rompre l’isolement des créatrices ?


5. Ancienneté moyenne

La franchise repose sur une relation contractuelle à durée limitée entre deux parties : un franchiseur et un franchisé. En moyenne, un contrat dure six années, mais les situations diffèrent d’un réseau à l’autre. Une fois le contrat arrivé à son terme, l’entrepreneur et l’enseigne peuvent bien évidemment décider de reconduire leur engagement. Ainsi, la durée moyenne d’appartenance d’un franchisé à un réseau est supérieure, et s’élève à 12 ans. C’est deux années de plus qu’en 2013.

6. Age moyen du franchisé

La franchise constitue souvent l’opportunité de se reconvertir professionnellement, et de créer son affaire après une première carrière dans le salariat. D’ailleurs, 70 % des franchisés exerçaient une activité salariée avant de se reconvertir. Rien d’étonnant, donc, à ce que l’âge moyen du franchisé se situe à 46 ans.

Seuls 13 % des entrepreneurs franchisés sont âgés de moins de 35 ans, la plus grande proportion se situant dans la tranche 35-49 ans (49 % des franchisés). L’âge moyen lors de l’ouverture du premier point de vente est toutefois plus bas : 34 ans.


7. Revenu moyen

Entreprendre en franchise pour se mettre à son compte, plus que pour faire fortune : contrairement aux idées reçues, tous les patrons ne gagnent pas des sommes astronomiques. Chez les franchisés, le revenu annuel moyen s’élève à 32 876 euros. Dans le détail, seul un franchisé sur cinq perçoit une rémunération supérieure à 40 000 euros par an, un tiers touchant moins de 20 000 euros.


8. Emplois salariés

Les entrepreneurs franchisés emploient, au total, 335 271 personnes en France en 2014, soit six équivalents temps plein par franchisé. Dans certains réseaux, notamment dans la restauration où certains établissements nécessitent une main d’œuvre conséquente, le franchisé endosse un important rôle de manager et peut devoir gérer une trentaine de salariés et plus. En 2014, ils étaient 16 % à déclarer employer plus de dix personnes.


9. Implantation géographique

En général, le point de vente détenu en franchise se situe majoritairement en petite ville. En 2014, un tiers était exploité dans des communes de moins de 5 000 habitants, et 51 % dans des agglomérations de moins de 25 000 habitants.
Plusieurs raisons à ce phénomène : le coût de loyers commerciaux, plus faibles en petite et moyenne ville que dans les capitales régionales comme Lille, Toulouse, Marseille ou Paris, mais aussi la stratégie de développement des enseignes.

En effet, pour certains réseaux la franchise constitue un moyen de mailler plus finement le territoire en s’implantant là où la tête de réseau n’aurait pas eu vocation à s’installer. C’est notamment pour cette raison que le réseau spécialisé dans les surgelés Picard a annoncé son lancement en franchise, en début d’année.


10. Coût de la création en franchise

Comme dans toute création d’entreprise, ouvrir un point de vente franchisé implique un certain montant d’investissement initial. Dans la moitié des cas, cette somme s’est élevée à plus de 100 000 euros, et à moins de 50 000 euros pour 31 % des franchisés.

Cet investissement provient des fonds propres du porteur de projet, aussi appelés apport personnel (épargne, « love money », prêts d’honneur), d’un éventuel financement bancaire (62 % des franchisés déclarent, d’ailleurs, que le fait d’appartenir à un réseau a joué en leur faveur dans l’octroi d’un prêt) et, depuis peu, de sources externes comme par exemple le crowdfunding.

*L’ensemble des données de cet article sont issues de la Fédération française de la franchise, ainsi que de l’enquête FFF-CSA-Banque Populaire publiée en novembre 2014 et ayant pour référence l’année 2014.

Jennifer Matas