Editorial

Non Natacha Polony, la franchise ne signe pas la mort du petit commerce

2013-06-12T15:37:00+02:0012.06.2013, 


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Natacha Polony fustige la franchise dans une de ses récentes tribunes dans Le Figaro. Les Echos de la franchise lui répondent.

Chère Natacha Polony,

J’ai lu votre texte et regardé votre vidéo avec beaucoup d’attention. Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il est dangereux de polémiquer sur des sujets que l’on ne maîtrise pas, et je vais vous expliquer en quelques lignes pourquoi vous vous trompez en fustigeant la franchise*.

Vous dites, dans votre tribune, que « la reproduction à l’identique annihile la liberté du travailleur ». Mais sachez qu’à la tête des unités franchisées, nous trouvons des commerçants indépendants. Indépendants juridiquement et financièrement, qui ont choisi la franchise librement, pour ses qualités et en connaissant ses défauts.

Vous dites aussi que « la mort du petit commerce et de l’artisanat se caractérise par la destruction du savoir-faire ». Et là encore vous faites fausse route. Le savoir-faire est la base même de la franchise, la pierre angulaire sur laquelle repose tout le système. Chaque franchiseur aujourd’hui en activité a démarré avec un seul point de vente. Pour franchiser son concept, il a dû formaliser son savoir-faire, qui selon la loi Doubin, doit être « secret, substantiel et identifié ». Il a formalisé ce savoir-faire non pas pour tuer l’artisanat, mais pour le rendre accessible à d’autres entrepreneurs qui ont pu réitérer ce succès dans d’autres villes.

Vous dites encore qu’ « une formation défaillante ne donne plus aux travailleurs l’indépendance que seul garantit un savoir-faire rigoureux ». Les réseaux de franchise offrent tous une formation à leurs franchisés, permettant à ceux-ci d’apprendre un métier grâce à la transmission d’un savoir-faire rigoureux. Savez-vous seulement que 70 % des franchisés sont d’anciens salariés, et que la plupart ont appris un nouveau métier en se lançant en franchise ?

Vous dites enfin que « la société de consommation repose sur la confiance en des marques et non sur le dialogue avec des individus ». Vous dénigrez ici tous les commerçants franchisés, qui sont en grande majorité des patrons de TPE, employant en moyenne 5,6 salariés. Ces commerçants franchisés sont présents dans leur point de vente toute l’année. Ils ne comptent pas leurs heures, fiers d’être indépendants. Et ils ont réussi à créer une vraie relation de confiance avec les habitants de leur commune, mais aussi les autres commerçants.

Natacha Polony, les commerçants franchisés ne tuent pas l’artisanat : ils créent de l’emploi et, à leur petite échelle, contribuent au dynamisme commercial de leur ville.

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*Le terme franchise est utilisé dans cet article comme un terme générique, couvant tous les types de commerce indépendant organisé existants : la franchise, la concession, la commission-affiliation, le commerce associé, la licence de marque...

Camille Prigent