La franchise, un échange de savoir-faire et de bonnes pratiques

2011-07-21T17:35:00+02:0015.06.2010, mis à jour le 21.07.2011,


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La franchise permet de reproduire une idée de business... ou de transmettre la sienne ! Son succès repose sur trois piliers : rentabilité avérée, savoir-faire parfaitement transmis et anticipation de l'évolution du réseau.


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Pas d'idée de business ? Fort besoin d'accompagnement ? Devenir entrepreneur, c'est certes plus simple et moins risqué en franchise, mais c'est aussi plus coûteux. Et surtout, extrêmement encadré. L'entrepreneur franchisé doit, en effet, appliquer le concept du franchiseur à la lettre, payer un droit d'entrée et des redevances, en échange d'une marque, d'un savoir-faire et d'une assistance. « Ces dernières années, les franchises ont développé de manière intensive des savoir-faire organisationnels : management, logistique, outils de communication... », explique Jean-Pierre Gouzy, expert-comptable spécialisé en franchise.


Ce renforcement de l'accompagnement a porté ses fruits : 20 000 points de vente franchisés supplémentaires depuis dix ans ! Mais attention, la franchise n'est pas une « assurance tous risques » : on compte toujours 20 % d'échecs après cinq ans d'existence de l'entreprise, contre 50 % en création isolée. Alors comment choisir parmi les 1 400 idées de business proposées ?


Tout d'abord, le concept doit dégager une rentabilité avérée. Certes novateur sur le marché de la restauration, avec des sushis préparés à la commande et des recettes créatives, Sushi Shop permet surtout à ses franchisés de réaliser 80 % de leur chiffre d'affaires sur la vente à emporter et la livraison, en s'appuyant sur un emplacement numéro 1. Ce « business model » a d'abord été vérifié dans 6 restaurants détenus en propre durant sept ans par son cofondateur, Grégory Marciano. « Nous voulions gagner la confiance du franchisé par l'exemple », souligne cet entrepreneur de trente-huit ans. Le chiffre d'affaires de l'ensemble du réseau Sushi Shop est ainsi passé de 4,5 à 70 millions d'euros après cinq ans d'existence en franchise.


Ensuite, la bonne idée de business doit être correctement transmise. « Il faut mettre en place une formation cohérente par rapport au savoir-faire à acquérir, ainsi qu'un accompagnement permanent à travers des outils et surtout des ressources humaines », insiste Thierry Kermarrec, responsable intégration chez La Mie Câline, une enseigne qui compte un quart de siècle d'existence, 193 points de vente et seulement quelques échecs. Un cas exemplaire en franchise ! Enfin, l'idée doit rester pertinente durant les cinq à dix ans du contrat de franchise : « Le choix de l'emplacement, la loyauté dans le partenariat avec le franchisé et la création de nouveaux services pour les clients afin de s'adapter à un environnement concurrentiel sont aujourd'hui indispensables à la réussite de l'entrepreneur franchisé », ajoute Thierry Kermarrec.


De franchisé à franchiseur

Si vous avez déjà une idée de business, la franchise peut aussi être la solution... mais cette fois, côté franchiseur ! Cent trente-cinq nouveaux concepts sont apparus en 2009. Après Century 21 Entreprise et Commerce, premier réseau spécialisé dans l'immobilier professionnel, Charles Marinakis lance aujourd'hui CrediPro, première franchise de courtage en crédit professionnel. « Un franchiseur doit identifier un marché non saturé et lui apporter une valeur ajoutée, en agrégeant un savoir-faire métier, éprouvé sur une unité pilote, avec un marketing élaboré. Puis, être capable de formaliser par écrit toutes les procédures de travail afin de permettre aux franchisés de reproduire le succès initial », affirme-t-il.


Créer un réseau nécessite toutefois un an à dix-huit mois de préparation. « Le métier de franchiseur est devenu une fonction à part entière, qui vient se juxtaposer au métier d'origine. Il faut savoir mesurer les besoins du futur franchisé aux niveaux humain, technique et financier », rappelle Jean-Michel Illien, consultant et fondateur du cabinet Franchise Management. Enfin, impossible de lancer sa franchise sans se donner les moyens de ses ambitions. Le groupe Monceau Fleurs a investi plus de 2 millions d'euros dans le développement d'un nouveau concept positionné « low cost », Happy, et la création de 3 unités pilote. « Nous avons travaillé sur l'ergonomie du plan de travail et la logistique, de manière à réduire le loyer commercial et la masse salariale nécessaire à chaque point de vente », raconte Jean-Philippe Lajambe, directeur général d'Happy. Créée en 2006, et raillée à ses débuts, cette enseigne compte désormais 84 points de vente en France et est déjà présente dans 4 pays à l'étranger.