Economie

Un retour à la croissance contrasté pour les commerces alimentaires

2012-06-15T12:00:00+02:00

26.11.2009 mis à jour le 15.06.2012, 


imprimer

Aux premières loges du ralentissement de la consommation en 2008, les magasins alimentaires spécialisés ont fait face à de nombreuses difficultés. Ces derniers mois semblent augurer un retour à la croissance mais le niveau de 2007 est encore loin d’être atteint.

Ralentissement de la consommation
Crédits photo : Getty images
Pénalysé par le recul du pouvoir d'achat des ménages, l'ensemble du secteur du commerce a marqué le pas en 2008.

Reprise difficile

Avec une valeur de 36,7 milliards d’euros en 20101, les petits commerces alimentaires ne représentent que 8 % du marché du commerce de détail en France, soit 460 milliards d’euros, loin derrière la grande distribution qui pèse 37,8 % du secteur. Pénalisé par le recul du pouvoir d’achat des ménages, l’ensemble du secteur du commerce a marqué le pas au plus fort de la crise en 2008 et s’en remet difficilement depuis 2010. Le secteur alimentaire subit l’atonie de la croissance avec un repli de 0,6 % en volume des ventes, alors qu’il était en hausse de 0,6 % en 2007. Mais l’hémorragie de 2008, avec une chute de 2,6 % des ventes, semble s’être stoppée. La grande distribution ne fait pas vraiment mieux de son côté.


Les coups de boutoir de la grande distribution

Si le retour de la proximité est une bonne nouvelle pour les commerces alimentaires, les enseignes de la grande distribution ne lâchent pas pour autant l’affaire. Selon le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), 69 % des professionnels interrogés prévoient une augmentation des petites surfaces dans les dix années à venir. Les groupes de distribution tels que Système U, Carrefour ou encore Casino investissent les centres-villes avec leurs enseignes U Express, Utile, Carrefour City et autres Franprix. Ces repositionnements s’accompagnent aussi de nouveaux services d’hyper-proximité comme la livraison à domicile. Résultat, le nombre de boucheries recule d’en moyenne 1,1 % par an et celui des charcuteries de 4,5 %, tandis que celui des boulangeries et pâtisseries reste relativement stable depuis 18 ans. Les commerces alimentaires ne peuvent plus uniquement jouer la carte de la proximité.


L’offensive des réseaux

Les réseaux se livrent aussi bataille. La concurrence est d’autant plus rude que leurs activités ont tendance à sortir de leurs champs de compétences et à se rejoindre. Avec l’achat d’Evolution Fresh, concept de bars à jus de fruit, et de La Boulange, réseau de boulangeries implanté aux Etats-Unis, Starbucks élargit sa gamme et rentre en concurrence avec de nombreux réseaux spécialisés. Par ces acquisitions, l’enseigne peut à présent proposer certaines recettes de viennoiseries et de smoothies dans ses propres boutiques, en complément de son offre de cafés. Le groupe américain change même de logo afin de retirer la référence au café, tout en gardant son expertise dans le domaine. D’autres réseaux absorbent également des enseignes tout en restant dans leur domaine d’activité. C’est notamment le cas pour De Neuville, qui a racheté Cacao et Chocolat en 2011.

__________
1 Source : Insee, activité dans le commerce de détail et l’artisanat commercial en 2010

Sommaire
Dans ce secteur
Fiches pro APCE