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Microfranchise solidaire : où en est-on aujourd’hui ?

2018-02-05T08:45:00+02:0005.02.2018, 


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Lancé en 2011, ce modèle permet de créer son entreprise en franchise avec moins de 10 000 euros en poche. Un concept qui plaît bien évidemment à de nombreux porteurs de projet, mais aussi aux enseignes.

Microfranchise solidiare
Crédits photo : Maradon 333 / shutterstock.com

Du 5 au 9 février se tient la Semaine du micro-crédit. Comme chaque année, plusieurs rendez-vous seront donnés dans toute la France afin d’informer un maximum de personnes sur la possibilité de créer son entreprise avec un faible apport personnel. Car c’est de cette idée, développée par la Grameen Bank du Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus pour aider les populations pauvres du Bangladesh, qu’est né le projet de dupliquer ce modèle dans le reste du monde. En France, l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) s’est donné comme mission d’aider les futurs entrepreneurs n’ayant pas accès au crédit bancaire classique à financer leur projet de création grâce au microcrédit. Et depuis 2011, le cadre s’est élargi au monde de la franchise avec le lancement de la micro-franchise solidaire.


Comment devenir micro-franchisé ?

Créer son entreprise n’est pas l’apanage d’une élite : « En France, la moitié des créateurs d’entreprise se lancent avec moins de 8 000 euros », rappelle l’Adie. Et ouvrir une franchise non plus, puisque depuis maintenant six ans il est possible de devenir micro-franchisé solidaire, c’est-à-dire franchisé d’une enseigne qui propose ce modèle tout en investissant moins de 10 000 euros de sa poche. C’est ce qu’a fait Johann Nicolic en 2016. « J’ai rejoint le réseau Mon Assistant Numérique et j’ai créé mon entreprise dans le sud du Finistère, confie-t-il. Je n’ai eu besoin que de 3 000 euros d’apport personnel, principalement pour acheter du matériel de départ, puis j’ai sollicité l’aide de l’Adie via le micro-crédit. » « Demander notre appui n’est pas obligatoire, rappelle Basile Albert, responsable de la micro-franchise solidaire de l’Adie. En effet, nous sommes partenaires de plusieurs réseaux, mais cela n’implique pas nécessairement que les entrepreneurs qui les rejoignent doivent passer par nous pour être aidés dans leur montage financier. Nous sommes surtout là pour accompagner les porteurs de projet qui le souhaitent. »


Un engouement réel

La micro-franchise solidaire veut être un véritable levier pour l’emploi, une solution toute trouvée pour que des personnes au chômage puissent créer leur propre emploi en devenant chef d’entreprise. Le tout en bénéficiant d’un modèle clés en main et d’un accompagnement de la part d’une enseigne qui inclut une formation initiale, la transmission de savoir-faire et plusieurs outils (marketing, administratif, etc.). De quoi séduire bon nombre de personnes à la recherche d’une reconversion professionnelle. Aujourd’hui, quatre réseaux de franchise sont partenaires de l’Adie dans ce projet : O2 pour ses services de jardinage, Chauffeur & Go spécialisé dans les services de transport de personnes, Mon Assistant Numérique pour l’assistance et la formation informatique et, depuis peu, Ecomiam. Cette enseigne bretonne de distribution de produits surgelés a en effet remporté le dernier concours Passeport pour la franchise, dont est partenaire l’Adie depuis un an, et envisage d’ouvrir très prochainement ses premières franchises. Une unité pilote ouvrira d’ailleurs ses portes en Bretagne au mois de mars.

Aujourd’hui, il existe 150 micro-franchisés en activité en France et 300 jobs ont été créés depuis le lancement du projet en 2011. L’Adie espère que ce modèle permettra la création de 3 000 à 5 000 emplois d’ici 2025 et travaille actuellement sur de nouveaux partenariats avec des enseignes, notamment dans le secteur du bricolage où plusieurs pilotes sont actuellement en phase de test.


Partenariat avec Uber

Surtout, l’Adie ne veut pas se cantonner à la franchise stricto sensu mais plutôt s’ouvrir à tout réseau capable d’apporter un véritable coup de pouce à des porteurs de projet. C’est dans cette logique que l’association a participé il y a trois ans au lancement de Mon Coursier de Quartier. Depuis peu, elle s’est également rapprochée d’Uber, ce géant de l’économie collaborative que l’on ne présente plus. L’américain s’engage à hauteur de 2,8 millions d’euros par an afin d’aider 5 000 entrepreneurs à se financer pour devenir chauffeurs VTC. « Nous sommes convaincus que la création d’entreprise est un puissant levier de lutte contre le chômage et que des formes alternatives, comme nous sommes en train de les développer, représentent un vrai potentiel de lutte contre l’exclusion », conclut Basile Albert.

Jennifer Matas