Avantages et inconvénients

Devenir franchisé d’un jeune réseau : avantages et inconvénients

2010-01-25T12:13:00+02:0025.01.2010, 


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Force de proposition, le franchisé d’un jeune réseau travaille à l’aboutissement du projet d’un franchiseur. Sans garantie de duplicabilité du concept.


Crédits photo : Shutterstock

"Il y a moins de visiblité sur le potentiel de duplicabilité du concept. C'est un vrai pari", pointe Pascal Bégat.

Un rôle moteur à jouer

Dans un réseau naissant et donc pas totalement structuré, les premiers franchisés ont un poids important, un rôle moteur à jouer. « On n’est pas forcément sur le même profil de candidat recherché. La tête de réseau va plutôt cibler des entrepreneurs », indique Olivier Deschamps, avocat spécialisé en franchise du cabinet DM&D. La question est de savoir quelle est votre envie : souhaitez-vous participer à une aventure qui démarre ou recherchez-vous la sécurité maximale ?


Des conditions financières préférentielles

La plupart des jeunes réseaux applique un tarif préférentiel à leurs premières recrues en matière de droit d’entrée. En contrepartie, celles-ci doivent se montrer plus investies. « Il peut leur être demandé, par exemple, de fournir tous les mois un bilan de ce qui fonctionne bien et de ce qui pose problème », explique Olivier Deschamps. Être source d’inspiration et force de propositions : c’est-ce que le franchiseur attend généralement des franchisés de la première heure.


Choix de l’emplacement

Premiers arrivés, premiers servis : les candidats qui embarquent aux côtés d’un nouveau franchiseur ont davantage le choix en terme d’implantation. « Les opportunités d’emplacement sont plus importantes que dans un réseau mâture », confirme Pascale Bégat, expert-comptable spécialiste de la franchise du cabinet Approove. Les ambitieux peuvent même négocier une priorité pour l’ouverture d’une deuxième unité franchisée sur une zone géographique déterminée.


Servir de « cobaye »

« Intégrer une nouvelle franchise, c’est accepter quelques temps d’essuyer les plâtres », prévient Olivier Deschamps. Programme de formation, consistance du savoir-faire, méthodes de management, outils de communication… il arrive que certains aspects du projet de développement ne soit pas suffisamment aboutis, voire qu’ils soient encore en phase d’expérimentation. En outre, rien ne garantit que le franchiseur soit capable de transmettre son savoir-faire. A moins qu’il ait déjà fait ses preuves avec une autre enseigne.


Un pari plus risqué

Qui dit réseau émergent, dit démarrage plus lent en raison du manque de notoriété de l’enseigne. Mais surtout, « il y a moins de visibilité sur le potentiel de duplicabilité du concept. C’est un vrai pari », pointe Pascale Bégat. Plus encore s’il s’agit d’un concept novateur car il n’existe pas d’indicateur objectif permettant de préjuger de la pérennité de l’activité. « Je me souviens d’un très joli projet de réseau qui n’a finalement jamais vu le jour car il était trop en avance par rapport au marché. Les consommateurs n’étaient pas prêts », raconte Pascale Bégat. Selon Jean Beaudoin, expert de la stratégie et du développement de réseaux, mieux vaut éviter les concepts basés sur des systèmes de technologies avancées qui peuvent vite être dépassés comme ce fut le cas des vidéos clubs avec les cassettes VHS. « Il faut miser sur des valeurs sûres (alimentaire, automobile…) », conseille-t-il. Et observer certains points de vigilance tels que les bilans des unités pilotes, le parcours des hommes clés ou la politique de recrutement, avant de s’engager dans un réseau.