Au quotidien

Franchisé dans un secteur saisonnier : une activité à part

2015-07-15T06:00:00+02:0015.07.2015, 


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Avec l'arrivée des vacances d'été, certains franchisés vont connaître leur pic d'activité. Glaciers ou piscinistes, ces métiers sont très marqués par la saisonnalité des produits. Un rythme de travail particulier qu'il faut appréhender avant de se lancer.

Saisonnalité et franchise
Crédits photo : Sergey Nivens/shutterstock.com
Certains secteurs accessibles en franchise sont soumis à une forte saisonnalité. Comment gérer ce paramètre ?

La météo : imprévisible mais fondamentale

A Noël, les enseignes de jouets réalisent une grande partie de leur chiffre d’affaires annuel. Même chose pour les chocolatiers qui, entre Pâques, la Saint-Valentin et les fêtes, sont dans le feu de l’action. Mais pour d’autres, c’est l’été que tout se joue. Pendant que certains profitent du soleil pour se ressourcer, eux sont en plein rush. C’est le cas notamment des glaciers ou encore des piscinistes. Les membres de ces réseaux peuvent compter sur la qualité de leur produit ou la renommée de leur enseigne pour attirer le client et assurer un certain nombre de ventes. Cependant, d’autres aspects de leur réussite sont indépendants de toute bonne volonté. C’est aussi cela la saisonnalité. « La météo est fondamentale pour mon activité », explique d’ailleurs Philippe Terrière, franchisé Amorino à Cassis, dans les Bouches-du-Rhône. Et de poursuivre : « S’il fait moche, les touristes ne viennent pas. Tout simplement. » Et dans ce cas-là, les résultats sur son activité sont immédiats.


50 % du chiffre d’affaires annuel en deux mois

Car pour lui, comme pour beaucoup de franchisés spécialisés dans les glaces, la donne est simple : il réalise 50 % de son chiffre d’affaires annuel en juillet et en août. Sur cette période, il maintient toujours une activité élevée. Ouvert de Pâques à la Toussaint, c’est donc hors saison que tout se joue pour lui. « C’est là que la météo est primordiale. En juillet-août, les vacanciers sont là quoi qu’il arrive et la météo est souvent clémente. Les autres mois, en revanche, ce peut être tout ou rien », précise Philippe Terrière.


Franchisé Amorino
Crédits photo : Fabrice Michelier
Philippe Terrière, franchisé Amorino, dans son point de vente situé à Cassis.

Ouvert pendant 7 mois, il a fait le choix de baisser le rideau les cinq autres mois de l’année. « C’est un marché ultra-saisonnier. Le réseau a développé des produits pour être attractif tout au long de l’année. Mais dans une ville comme Cassis, qui ne compte que 8 000 habitants, les touristes sont les principaux clients. Et l’hiver, ils ne sont pas là ». Un facteur qu’il n’avait pas forcément pris en compte au début de son activité. Quand il s’est lancé avec Amorino en 2008, le réseau en était au début de son développement. Après des boutiques à Nantes, Paris et Strasbourg, Cassis était la première « petite ville » à ouvrir. Ainsi, le premier hiver a été surprenant. « Au départ, je pensais qu’il y avait un flux permanent de clients tout au long de l’année. J’ai vite pris conscience de la saisonnalité ». Désormais, cet ancien publicitaire se satisfait pleinement de ses « congés d’hiver » et a même trouvé là un rythme qui lui correspond.


Souffler l’hiver pour enchainer durant l’été

Morgane Muninger connait également très bien la saisonnalité des produits. Pas de glace pour cette chef d’entreprise, mais des piscines. D’abord associée à sa mère pendant 6 ans, elle a lancé sa concession Desjoyaux il y a un an, à Brignoles, dans le Var. Ouverte toute l’année, elle dresse cependant le même constat que Philippe Terrière. Tout se joue sur quelques mois. « 75 % de notre chiffre d’affaires se fait de mars à fin juillet. Les clients basculent sur l’été après les vacances d’hiver. Et comme notre usine ferme en août, l’activité se resserre sur cette période. » Quelques clients anticipent l’année suivante en se présentant à la rentrée. Mais si quelques chantiers se dessinent en septembre et octobre, l’hiver, il y a peu ou pas de construction. Durant la période creuse, Morgane et son conjoint ne sont pas pour autant au chômage technique. L’aspect SAV de l’activité prend le relai, même si le rythme de travail est moins conséquent. « Cela nous permet de souffler un peu, car en période estivale nous sommes sollicités tout le temps », poursuit la pisciniste.


Un choix à bien réfléchir

Choisir un réseau très marqué par la saisonnalité de son produit reste un choix qui doit être pensé et réfléchi. Il faut accepter de travailler pied au plancher pendant quelques mois et être soumis à un rythme beaucoup plus faible le reste de l’année. Il convient également de prendre en considération des facteurs externes non maitrisables. Une aubaine pour certains qui y trouvent un accomplissement personnel, mais cela peut ne pas convenir à tous les profils.

Reste également à choisir un réseau susceptible de proposer des variantes pour maintenir une activité minime tout au long de l’année, mais les coûts de fonctionnement ne doivent pas être trop élevés afin de ne pas avoir à travailler « pour rien ». Ainsi, avant de se lancer, il paraît indispensable de prendre conseil auprès de l’enseigne et des franchisés déjà en place afin d’appréhender ce mode entrepreneurial. Plus encore qu’ailleurs, les études de marché avant de choisir son implantation sont cruciales. La clé de la réussite même.