Rencontre expert

F. Berthouloux (Adventi Franchise) : « La durée de la formation doit être cohérente avec les exigences du métier »

2009-05-26T14:34:00+02:0026.05.2009, 


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Coût, durée, magasin-école, contenu, qualité des intervenants… Franck Berthouloux, consultant chez Adventi Franchise (Nantes) vous apprend à décoder ce qui fait les qualités et les défauts d’une formation en franchise.

Franck Berthouloux, consultant chez Adventi Franch
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Franck Berthouloux, consultant chez Adventi Franchise (Nantes)

Décisive dans le choix d’une enseigne

Par définition, la franchise repose sur le savoir-faire, et sa transmission aux franchisés, avant leur intégration dans le réseau (formation initiale) comme après l’ouverture de leur point de vente ou agence (formation continue). Les futurs franchisés sont souvent des néophytes en phase d’apprentissage d’un nouveau métier. Dans le choix d’une enseigne, ils doivent entre autres s’attacher à vérifier la qualité de la formation, déterminante pour la réussite de leur entreprise indépendante. Quatre critères sont à examiner de près : le coût, la durée, le contenu et la qualité des intervenants. Toute formation se doit de répondre aux exigences de créateurs d’entreprise qui ont réalisé un important investissement financier et fait le choix d’une nouvelle orientation de carrière.


Formation initiale

Coût : des possibilités de prise en charge

D’un montant de plusieurs milliers d’euros, le coût de la formation doit toujours être clairement notifié, soit dans le contrat de franchise, soit dans le DIP, soit dans le business plan (budget prévisionnel). En général, il est inclus dans le droit d’entrée du réseau. « Le futur franchisé peut demander à faire dissocier le coût de la formation du droit d’entrée sous forme d’une facture et d’une convention. Cette procédure permet d’obtenir, selon les régions, le financement par le Pôle Emploi de tout ou partie de la formation - comme les frais de déplacement -. Si le candidat à la franchise est salarié d’une autre structure, et si son franchiseur est centre de formation agréé, il peut bénéficier de prise en charge par l’OPCA1 de son actuel employeur dans le cadre du Droit Individuel à la Formation », souligne Franck Berthouloux, consultant chez Adventi Franchise.


Durée formation : retour au bon sens

Selon la dernière étude réalisée par la Banque Populaire, la durée de la formation initiale s’établit en moyenne à 34 jours, variant de quelques jours à plusieurs mois. « Il faut faire parler le bon sens. Si la franchise est à dominante technique et commerciale, la durée de la formation doit être cohérente avec les exigences du métier », indique Franck Berthouloux.


Magasin-école ou tutorat par un « senior »

Le contenu de la formation doit s’équilibrer entre théorie et pratique, avec une alternance entre ces deux modes d’enseignements. « Il est plus facile de digérer la partie théorique d’une formation à partir du moment où l’on a passé une journée dans un point de vente. Cela permet au franchisé de mieux appréhender ses missions et domaines d’intervention dans sa future activité, de maîtriser l’environnement de son point de vente et de mesurer l’investissement dans le cadre d’une relation de partenariat avec le franchiseur », précise Franck Berthouloux. Pour découvrir ainsi les coulisses d’un point de vente, comme on le ferait pour un spectacle, il existe deux solutions pertinentes : le magasin-école dans une des unités-pilotes du réseau ou le tutorat par un franchisé « senior ».


Formateurs : gare au vocabulaire employé !

« Pour la transmission de la partie théorique, le formateur doit se faire comprendre sans "sur-utiliser" le langage du métier. Il doit formuler son discours pour un néophyte, mais aussi faire preuve de souplesse pour s’adapter aux profils de futurs chefs d’entreprise en fonction de leur niveau de connaissance. Ce qui est évident pour les uns, ne l’est pas pour les autres. Il ne suffit pas de transmettre son savoir-faire avec ses propres mots, mais de "savoir faire faire" », ajoute Franck Berthouloux. Quant au contenu lui-même, il est forcément à dominante commerciale, technique, et juridique. Idéalement, il doit aussi intégrer une partie généraliste sur la création d’entreprise, la gestion, le management et les ressources humaines, les techniques de vente, un rappel sur le droit de la franchise et les éléments pour négocier un droit au bail.

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1 OPCA : L’Organisme Professionnel Collecteur Agréé collecte et gère les contributions des entreprises au titre du financement de la formation professionnelle.


Qualité et nombre d’intervenants

Dans une formation, ce qui compte, c’est qui forme sur quel domaine. Celui qui détient le savoir-faire (le franchiseur) n’est pas forcément un bon pédagogue. « Le franchiseur détient le savoir-faire. Il est le mieux placé pour le transmettre, à condition d’être un bon pédagogue. Celui-ci pourra illustrer la théorie par son vécu. Expliquer la pratique du métier avec des anecdotes, c’est toujours le petit plus qui fait la différence. », explique Franck Berthouloux. Il est conseillé au franchiseur dans ce cas de suivre une formation de formateur. Ou de faire appel à des compétences externes pour la partie généraliste de la formation, ou encore de proposer à un fournisseur du réseau d’intervenir sur la partie purement technique. En outre, à chaque session de formation, le franchiseur doit apporter des évolutions, en tenant compte des remarques des personnes formées.


Formation continue : en parallèle de l’animation commerciale

Formation continue : la piqûre de rappel

Tout franchiseur doit offrir une visibilité sur le plan de formation continue du réseau pour le franchisé ainsi que pour ses collaborateurs. « La formation continue, ou Form’action, est tout autant un rappel du savoir-faire qu’un enrichissement des connaissances sur de nouvelles thématiques, lesquelles peuvent être dispensées par un cabinet extérieur. Cet accompagnement tout au long du contrat, absolument vital, peut entrer dans le cadre du Droit Individuel à la Formation et donc bénéficier de prises en charge. Il doit concerner le franchisé aussi bien que ses collaborateurs. Il constitue un argument de choix pour capter les meilleurs éléments en phase de recrutement, ou encore, pour fidéliser son personnel. », assure Franck Berthouloux.


Franchiseur, animateur et formateur : trois métiers différents

« La formation continue devient alors un outil de management, augmentant la performance des collaborateurs au service de l’entreprise, et évitant la déperdition du savoir-faire. Participer à un séminaire ou une convention, ce peut aussi être de la formation continue. A travers l’échange d’expérience, elle est une opportunité de faire travailler le franchisé sur son quotidien hors du contexte du point de vente, et sur sa motivation. Il appartient au franchiseur de tout mettre en œuvre pour pérenniser l’activité de ses franchisés. », affirme Franck Berthouloux.
Comme pour la formation initiale, la description de formation continue doit être stipulée en détail dans le DIP et le contrat de franchise. Durée, coût, contenu et intervenants sont les critères pour en déterminer l’efficacité. La mission n’est pas accomplie au terme du programme, mais uniquement si le savoir-faire a été réellement transmis.