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Choisir une enseigne : les quatre règles d’or

2015-12-14T07:28:00+02:0014.12.2015, mis à jour le 14.12.2015,


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Près de 4 000 personnes deviennent franchisées chaque année. Parmi elles, certaines vont trop vite et ne prennent pas le temps de procéder correctement à une étape cruciale : le choix du franchiseur.

Choisir une enseigne
Crédits photo : Shutterstock

Une fois le contrat signé, il sera trop tard !

Mûrir son projet

Beaucoup de Français rêvent de créer leur entreprise : ils seraient 36 % en 2015, dont 40 % à vouloir le faire en franchise, selon l’enquête annuelle de la franchise*. Certains souhaitent investir dans leur société, créer leur emploi après une période de chômage ou tout simplement devenir leur propre patron. Souvent enthousiastes, certains porteurs de projet en oublient parfois l’essentiel : la prudence et la réflexion. Devenir franchisé revient à s’engager contractuellement sur plusieurs années auprès d’une même enseigne et investir plusieurs dizaines de milliers d’euros en moyenne. Il importe donc de se poser une première question fondamentale : « Suis-je prêt et fait pour la franchise ?».


Lire attentivement le DIP

Une fois sûr de souhaiter vous lancer en franchise, reste à choisir l’enseigne. Trop souvent, les candidats fonctionnent par « coup de cœur » : ils adhèrent au discours bien rôdé d’un franchiseur ou à une boutique bien agencée. Mais cela ne saurait constituer des éléments suffisants pour vous convaincre de poursuivre.

Depuis la loi Doubin de 1989, un texte de loi vient encadrer quelque peu les relations contractuelles entre franchiseurs et franchisés. En particulier, il est question « d’engagement en connaissance de cause ». L’enseigne doit fournir au candidat des éléments complets, sincères et transparents sur son concept, l’historique de son réseau, l’état local du marché, etc. afin de permettre au futur franchisé de prendre conscience de ce sur quoi il s’apprête à investir. Ce document d’information précontractuelle (DIP) est aujourd’hui obligatoire et doit être remis au candidat minimum 20 jours avant la signature du contrat. Fondamental, le DIP n’est pourtant pas lu avec attention par tous les franchisés qui signent ! Selon la Fédération française de la franchise (FFF), ils seraient 17 % à ne pas considérer ce document comme essentiel avant de s’engager.

Autre conseil : n’hésitez pas à contacter plusieurs enseignes et ne restez pas figé sur un seul concept. Moins d’un franchisé sur deux a eu le réflexe de solliciter deux ou plusieurs réseaux avant de signer. Impossible pour eux, donc, de comparer ce qui se fait dans le secteur d’activité choisi et de s’assurer qu’ils ne pouvaient pas trouver mieux ailleurs.


Enquêter sur le réseau

La seule lecture du DIP ne saurait constituer une étape suffisante dans le choix d’une enseigne. Car ce document n’est pas exhaustif et ne permet pas de prendre une telle décision. Le futur franchisé doit faire, en plus, ses propres recherches pour forger son opinion seul, sans intervention du franchiseur.

Plusieurs éléments peuvent compter, comme par exemple l’antériorité du réseau, qui importe pour 79 % des franchisés, la rentabilité de ses points de vente (78 %), la déontologie de la marque (64 %) ou encore l’existence ou non d’un magasin pilote (34 %). L’une des étapes clés consiste à interroger directement les franchisés de l’enseigne, ceux encore établis et ceux qui ont quitté le réseau. Ce seront les premiers à vous informer sur le quotidien qui vous attend et sur leur relation avec le franchiseur et les services qu’il apporte réellement à ses franchisés.


Demander les conseils d’experts

De la même façon, solliciter l’aide de professionnels externes au réseau s’avère fondamental pour vous assurer que vous faites bonne route. Pourtant, trop peu de franchisés recourent aux conseils d’un comptable (seuls 40 % le font) pour construire un business plan viable et traduire les informations comptables fournies par la tête de réseau, d’un expert bancaire (23 % des cas) pour s’assurer de la faisabilité du projet et estimer le risque lié à l’endettement ou encore d’un avocat (18 %) pour comprendre les documents juridiques qu’ils s’apprêtent à signer.

*Enquête réalisée par la Fédération française de la franchise, CSA et Banque Populaire, publiée en novembre 2015.

Jennifer Matas