Evénement

Salon de la franchise à Montréal : les opportunités d’affaires en 2010

2010-01-19T10:02:00+02:00

19.01.2010, 


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Les 23 et 24 janvier prochains s’ouvre le premier salon exclusivement consacré à la franchise au Canada. L’occasion de faire un point sur le moral des franchisés, les nouveautés et les concepts porteurs.

Stéphane Bréault, président du CFA
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Stéphane Bréault, président de l'Association Canadienne de la Franchise (CFA).

Franchise : Le Québec en bonne forme, malgré la crise

Un modèle d'affaires unique

Les 23 et 24 janvier, Place Bonaventure, Montréal accueille le premier salon québécois entièrement consacré à la franchise, organisé conjointement par l'Association Canadienne de la Franchise (CFA) et le Conseil Québécois de la Franchise (CQF). Le président-directeur général du CQF, Pierre Garceau, attendait l'événement depuis longtemps : « Auparavant, il existait un salon de la franchise et des occasions d'affaires, mais la confusion qui régnait entre les deux modèles d'affaires était telle que nous voulions créer un salon entièrement consacré à la franchise, afin que les futurs entrepreneurs sachent précisément de quoi il s'agit ».


40 000 franchisés au Canada

Dans une crise économique mondiale, une grande partie des franchises canadiennes ont su préserver de belles perspectives de développement. « Cette crise a été une récession plus régionale que nationale, estime Stéphane Bréault, président du CFA. Le Québec s'en est par exemple très bien sorti alors que l'Ontario a souffert, mais dans une moindre mesure comparé aux États-Unis. Si le bilan de la période des fêtes est bon comme cela est pressenti, on devrait éviter pas mal de problèmes. »
Le Canada représente en effet près de 1 200 franchiseurs et 40 000 franchisés tandis que sa principale province francophone, le Québec, comprend à elle seule près de 300 franchiseurs et 7 000 franchisés.


Ma franchise au Canada : les leçons de l'année écoulée

Franchise : de nouvelles professions

En 2009, certaines franchises du secteur des services ont renforcé leur position : aide aux devoirs (Académie des Maths et des Sciences, Cumon…), formules de fitness concentrées (fitness pour homme ou pour femme en 30 minutes), industrie des spas, entretien ménager de type écologique, soins à domicile en lien avec la population vieillissante, organisations de mariages... « Au Canada, certaines filières sont en train de se structurer autour d'un nouveau socle. C'est notamment le cas des services professionnels d'avocats ou de comptables dédiés aux entreprises, des concepts de restauration sociale (leçons, cours de dégustation, ateliers de saveur, restauration à domicile…) ou de nutrition spécialisée (vente d'aliments naturels), qui tendent désormais à se développer en franchise », estime Stéphane Bréault.


Restauration : créer une qualité de service

La crise aurait même profité aux franchises du secteur de la restauration, puisque selon Pierre Garceau, « une grande partie des consommateurs a préféré se nourrir à un coût inférieur, dans des enseignes où les gens sont sûrs de trouver un bon rapport qualité-prix. » À ce titre, les poids lourds de la franchise québécoise tels que le pharmacien Jean Coutu, la rôtisserie Saint-Hubert et la quincaillerie Rona sont restés stables malgré la crise. « La grande réussite de Saint-Hubert, c'est d'avoir créé, un peu comme Mc Donald's, une qualité de service ; on est bien reçu, ça ne nous coûte pas cher, on mange bien », explique le président du CQF.

Un sondage éclairant sur l'état d'esprit des franchisés canadiens

Trois-quarts de franchisés fidèles à leur réseau

Si la force des franchises québécoises réside autant dans leur capacité d'innover que dans leur intelligente gestion des ressources humaines, un récent sondage* commandé par le CQF à la firme Léger Marketing dévoile que la majorité des franchiseurs (69 %) et des franchisés (44 %) québécois restent « très optimistes » face au futur. Plus des trois quarts des franchisés souhaitent ou pensent poursuivre leurs activités au sein du réseau au cours des trois prochaines années.
Les franchises Mc Donald's, Saint-Hubert et Tim Horton figurent dans le top 3 des meilleures images de marques citées par les sondés. Pour autant, franchiseurs et franchisés affirment ne vouloir recevoir aucune aide en cas de difficulté. « Les entrepreneurs sont souvent des personnes fières, qui ont tout construit seuls, et qui n'aiment pas dire qu'ils sont dans le besoin, affirme Pierre Garceau. Le défi est alors d'identifier leurs besoins et de trouver des moyens de les inciter à se faire aider. »


Franchise : 3 points à surveiller

Selon Stéphane Bréault, l'avenir des franchises canadiennes se jouera essentiellement en trois points : une bonne gestion des ressources humaines à travers la sélection et l'accompagnement des futurs franchisés, une réponse adaptée aux défis du financement, et une évaluation éclairée de l'impact des nouvelles technologies et d'internet, « qui reste un aspect encore sous-estimé à l'heure actuelle ».


* Ce sondage téléphonique a été réalisé auprès de 300 franchisés entre le 7 septembre et le 2 octobre 2009. La marge d'erreur maximale est de 5,7 %, 19 fois sur 20.


Franchises canadiennes : trois modèles québécois ont le vent en poupe

Les gagnants du Maillon d'or

Du côté des petits nouveaux, les franchiseurs Adèle ou Thaï Express font partie des heureux gagnants du prix du Maillon d'or, une récompense décernée chaque année par le CQF pour distinguer la capacité d'innovation des franchises québécoises.
Avec l'ouverture de près de 86 franchises depuis sa création en 1994 - dont la moitié au cours de l'année dernière -, le dirigeant d'Adèle, Gaétan Migneault, espère désormais atteindre le nombre de 200 franchises implantées au Québec. Et pousser bientôt la porte de la France, en se basant sur un modèle inspiré des techniques d'entretien des grands hôtels adaptées au secteur résidentiel. Dès le printemps prochain, M. Migneault sillonnera l'Hexagone aux côtés d'une délégation québécoise afin de « tâter le terrain » et de préparer l'installation de deux franchises.


La cuisine Thaï, alternative au hamburger

Une expansion qui rappelle celle de Thaï Express, une franchise créée il y a six ans. En fêtant cette année l'ouverture de son 100e restaurant, elle est devenue la plus importante chaîne de restauration rapide thaïlandaise au Canada et prévoit d'ouvrir encore 20 restaurants dans le pays au cours de l'année. « Grâce à nos efforts, la nourriture thaï a été adoptée par les Canadiens. C'est devenu une option toute aussi viable que les hamburgers et les pizzas traditionnelles », estime Dennis NG, directeur de Thaï Express.

Presse Café, enseigne québécoise
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Presse Café, enseigne québécoise qui se lance à l'international.

Nouvelle vague, no junk food

Autre fierté québécoise, l'installation d'un Presse Café à Paris début 2009, qui marque le début d'une nouvelle aire de rayonnement des franchises québécoises à l'international avec un but audacieux : conquérir les États-Unis et l'Europe à partir de Paris. D'ici la fin de cette année, cinq nouvelles enseignes devraient voir le jour dans la capitale française. « Presse Café n'est pas un autre café dans Paris », estime Véronique Boisjoly, directrice marketing de Presse Café, qui mise autant sur la qualité du café que sur la convivialité des lieux et la capacité d'innovation et d'adaptation de la marque pour faire sa place. Presse Café se positionne comme l'un des piliers de la nouvelle vague qui souffle sur la restauration en estimant que la rapidité ne doit plus être synonyme de « junk food ». « Aujourd'hui, les gens s'attendent à plus de qualité, plus de service et plus de variété », estime Véronique Boisjoly.


Le potentiel des PME au Canada

« Le Canada possède de fortes ressources, une main-d'œuvre qualifiée et un grand potentiel de croissance pour les entreprises de petite et de moyenne taille qui, ici, représentent la majorité des affaires », estime pour sa part la responsable des relations publiques à UPS Canada, Tara Smith. Le géant américain de la livraison postale vient d'investir 72 millions de dollars pour agrandir son centre d'exploitation de Toronto. « UPS entrevoit toujours autant de possibilités d'affaires au Canada qu'il y a 30 ans, lors de son implantation au pays », explique Tara Smith.

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