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Associations de franchisés : outil de progression pour les réseaux

2011-08-05T15:17:00+02:00

29.05.2009 mis à jour le 05.08.2011, 


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Toute association de franchisés doit être un lieu de concertation et d’initiatives, et non un syndicat. Car en dernier ressort, c’est toujours le franchiseur qui tranche.

L'association de franchisés, outil de progression
Crédits photo : Getty Images
Relais de transmission, l’association de franchisés favorise un dialogue constructif avec la tête de réseau.

Prévenir les conflits

Faire entendre leur voix et défendre collectivement leurs intérêts en toutes circonstances : telles sont les motivations qui poussent les entrepreneurs indépendants d’une même enseigne à se regrouper. Si certaines associations de franchisés voient le jour dans un climat d’hostilité à l’occasion d’un conflit avec le franchiseur, d’autres en revanche sont le fruit d’une démarche concertée. Chez Family Sphere, jeune enseigne de services à la personne, ce sont les carences en matière de dialogue qui ont servi de détonateur. « Cet été, après avoir franchi la barre des 50 unités franchisées, nous avons eu des difficultés à communiquer de manière homogène auprès de nos partenaires. Il y a eu des couacs. L’une des solutions pour y remédier a été d’encourager et d’accompagner la naissance d’une association de franchisés », admet Thierry Rein, directeur général du réseau. Midas, Guy Hoquet L’Immobilier, Accor… ces chaînes ont, elles aussi, privilégié cette forme de coopération franchiseur-franchisés dans un souci d’efficacité. Ce mode de fonctionnement est loin de faire l’unanimité dans les réseaux.


Lieu d’échanges et de réflexion

« Dès lors que le franchiseur a mis en place des outils d’animation (animateurs, réunions régionales, commissions de travail…) permettant aux uns et aux autres d’exprimer leurs opinions et qu’il fait correctement son travail, l’association n’a aucune raison d’être car elle fait double emploi », considère Gilbert Mellinger, président du cabinet Epac International, expert en développement et structuration de réseaux. Un point de vue que réfute Thierry Rein. « Dans une association, les franchisés peuvent à tout moment faire part de leur requêtes ou de leurs revendications sans pudeur, ni tabou », explique-t-il. Charge ensuite à l’association de faire le tri parmi les suggestions et doléances et d’identifier les thèmes d’intérêt collectif qui donneront lieu à discussion avec le franchiseur. « On a ainsi la certitude qu’il n’y a pas de frustrations qui couvent », ajoute Thierry Rein. Aux yeux de ses partisans, l’association de franchisés est donc un outil complémentaire aux instances d’animation créées par le franchiseur.


L’union fait la force

Lieu d’échange et de réflexion, relais de transmission, l’association permet de faire remonter l’information de manière plus structurée et favorise un dialogue constructif avec la tête de réseau. « Nous avons participé il y a quelques mois à l’élaboration d’une convention d’utilisation du système informatique qui détermine notamment où les données sont stockées, à qui elles appartiennent… », explique, à titre d’exemple, Christophe Langevin, président de l’association des franchisés Family Sphère. Du côté des hôtels Ibis, c’est la nouvelle mouture du contrat de franchise qui a été établie l’an dernier de concert par l’association des franchisés et les instances dirigeantes.

 

Un moyen de tester ses idées pour le franchiseur

Chez Guy Hoquet L’Immobilier, « toutes les décisions du siège sont prises en concertation avec l’association des franchisés », assure Guy Hoquet, président et fondateur du réseau, qui estime avoir tout à gagner à travailler « en communion » avec les ambassadeurs de sa marque. En ces temps de crise, les deux parties ont d’ailleurs décidé de faire front commun pour aider les franchisés du réseau en proie à des difficultés. « Les franchisés les plus solides se rendent dans les agences qui vont mal durant trois jours pour dégager des pistes d’action et recadrer l’entreprise », explique Didier Hermabessière, président de l’association des franchisés Guy Hoquet L’Immobilier. Un coup de pouce financé à 50-50 par l’association et par le franchiseur. Mais les propositions de ce dernier ne trouvent pas toujours un écho favorable. « Je souhaitais que l’association soit garante de prêts consentis aux créateurs désireux d’intégrer le réseau. Mais les membres ont refusé de me suivre, jugeant que la prise de risque était trop importante vu le contexte économique », confesse Guy Hoquet, avec le sourire.


Pas de statistiques officielles

Sur les 1 477 réseaux de franchise recensés fin 2010, nul ne sait combien sont dotés d’une association de franchisés. Seul indicateur : 49 % des franchisés interrogés en 2010, dans le cadre de l’enquête annuelle menée par le groupe Banque Populaire et la fédération française de la franchise (FFF), affirment qu’il n’existe pas d’association dans leur réseau. En pratique, on trouve majoritairement ce type de structure au sein des réseaux matures.

Des franchiseurs parfois hostiles

Certains franchiseurs ne voient pas d’un très bon œil la constitution d’une association au sein de leur réseau considérant qu’il s’agit d’une remise en cause de leur autorité. « Mais on en a vu changer de regard », raconte Serge Meresse, avocat spécialisé dans le conseil aux franchisés, du cabinet Thréard Bourgeon Méresse & associés. Tout dépend de la mentalité des hommes qui dirigent l’association. « L’association doit être un outil de concertation et non un syndicat. En dernier ressort, c’est le franchiseur qui tranche », insiste Jean Dalaudière, président de l’association des franchisés Accor Hôtellerie qui représente 650 établissements de 6 marques différentes (Ibis, Etap Hôtel, Mercure…). Il n’est nullement question en effet de partager le pouvoir.
 

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