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G. Mellinger (EPAC) : « La loi Doubin n’atteint pas son objectif »

2009-12-10T18:24:00+02:00

10.12.2009, 


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La loi Doubin ne répond pas à 3 des 4 questions essentielles de la franchise. C’est pourquoi Gilbert Mellinger, président du cabinet de consultants Epac International, a créé un complément au DIP.

Gilbert Mellinger
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Gilbert Mellinger, président du cabinet de consultants Epac International.

1. Qu’a apporté la loi Doubin à la franchise ?

Qualité très variable des DIP

« La loi Doubin n’a pas été créée pour la franchise, même si la franchise était la première concernée. La France a choisi de légiférer à un moment où la profession devait s’assainir. Les réseaux ont été obligés de remettre, au candidat entrepreneur, un document d ’informations précontractuelles (DIP). Dans les faits, le dossier produit par beaucoup de réseaux reste de qualité très variable – certains ont seulement quelques pages ! Il est même considéré comme une plaie par beaucoup de nouveaux réseaux entrants. La faute à une méconnaissance de la loi Doubin. »


La loi Doubin n’atteint pas son objectif

« Il reste une vraie nécessité pour réfléchir sur ce que le franchiseur promet à son futur partenaire. La liste des informations obligatoires dans le DIP, qui doivent être sincères et vérifiables, reste incomplète. Dans le cadre d’une relation de franchise, la loi Doubin n’atteint pas son objectif : permettre au franchisé de s’engager en connaissance de cause. Il reste à rajoute que le vrai cadre juridique de la relation de franchise c’est le contrat de franchise, qui décrit les règles de vie mutuelles pour les 5, 7 ou 9 ans à venir. »


2. Qu’est-ce qui manque à la loi Doubin ?

Le complément franchise du DIP

« La loi Doubin est une belle initiative dans son esprit : permettre au candidat de s’engager en connaissance de cause., Les informations à transmettre au candidat sont néanmoins beaucoup plus adaptées à la licence de marque ou à la concession. La loi Doubin ne contraint pas la tête de réseau à répondre à trois des quatre questions essentielles de la franchise : Existe-t-il une marque protégée ? En quoi consiste exactement le savoir-faire proposé ? Quel est le contenu précis de la formation et de l’assistance ? Qu’est-ce qui montre que le concept est un succès avéré et reproductible ?
C’est pourquoi j’ai créé le complément franchise du DIP. Je pense que le franchiseur doit informer le candidat entrepreneur avec deux niveaux d’informations. Dans un premier temps, il décrit l’essentiel de son concept, en indiquant comment ça marche et en donnant quelques chiffres clés. Il apporte un complément d’informations dans un second temps, soit l’intégrale du concept, en expliquant comment les chiffres ont été construits, des chiffres qui doivent démontrer le succès du concept. »


3. Comment évoluera le domaine de la franchise dans les prochaines années ?

La franchise, c’est de la technicité

« La franchise sera de plus en plus présente et ce, dans des domaines très différents.Malgré cette place de plus en plus prédominante, il n’existe que peu de formations au management d’un réseau : Rennes et Colmar sont deux heureuses exceptions. La franchise, c’est de la technicité. Or, avec la professionnalisation du métier et de ses acteurs, le niveau d’exigence est de plus en plus élevé pour les nouveaux franchiseurs. Si l’on n’enseigne pas davantage la franchise dans les écoles et les universités, cela deviendra bientôt une lacune pour travailler dans le commerce. Même dans les réseaux détenus en propre, il faudrait traiter ses succursalistes comme si c’étaient des franchisés. »


4. Jusqu’où peut aller l’apport de la franchise à l’économie ?

Mixer l’offre en centre-ville

« La franchise permet des résultats économiques parfois spectaculaires dans la plupart des domaines. Une étude réalisée il y a quatre ans dans la boulangerie a montré que l’on générait 120.000 € de chiffres d’affaires en étant boulanger, 240.000 € si l’on proposait des produits innovants et 480.000 € si l’on tenait un terminal de cuisson. La franchise répond à une nécessité économique. Elle donne, certes, un sentiment d’homogénéisation de l’offre en centre-ville au consommateur. Mais elle redonne aussi vie à de belles rues numéro 2 ou 1-bis et stimule la concurrence. Elle permet aussi aux managers de centre-ville de pouvoir mixer leur offre, optimisée comme dans un centre commercial, et évitant notamment, grâce à la restauration, qu’une rue commerçante ne se transforme en cimetière après 19 heures. »

Sommaire

Franchises, groupements : 20 ans de loi Doubin, bilan et perspectives

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