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Réseaux succursalistes : la franchise, source d’avenir (7/8)

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R. Boucaud-Maître (Chocolats Voisin) : « Besoin de connaître une expérience heureuse avec un entrepreneur indépendant »

12.06.2009 mis à jour le 16.06.2010, François Simoneschi

Pour un succursaliste, la franchise peut représenter un saut dans l’inconnu. Surtout quand l’entreprise existe depuis plus d’un siècle. Rencontre avec Romain Boucaud Maître, directeur commercial & marketing des Chocolats Voisin.

Rencontre avec Romain Boucaud-Maître, directeur commercial & marketing des Chocolats Voisin, en juin 2010

Chocolaterie Voisin
Crédits photo : Droits réservés
Chocolats Voisin est sans doute la plus grande chocolaterie artisanale de France.

Expériences insuffisamment concluantes

Guère évident d’intégrer la franchise dans votre développement quand votre entreprise possède une culture succursaliste… depuis 113 ans ! Avec 26 boutiques en France, la maison Chocolats Voisin n’a concédé sa marque qu’à deux points de vente, à Bergerac et à Nice. C’était il y a dix ans. « Il s’agissait d’un test dans le but d’apprendre à travailler à distance, sans définir de statut particulier, ni percevoir de royalties. Seules contraintes pour nos partenaires : vendre nos produits en exclusivité avec l’aménagement intérieur des magasins Chocolats Voisin. Ces expériences ne sont pas suffisamment concluantes pour nous inciter à construire un développement en franchise », affirme Romain Boucaud-Maître.


Investisseurs étrangers intéressés

Cette enseigne, réputée dans le monde du chocolat et positionnée sur le semi-luxe, possède pourtant une bonne partie des éléments nécessaires à un développement en franchise. Une marque – même si la notoriété reste avant tout régionale -, un savoir-faire à la fois séculaire et moderne déjà codifié dans un manuel, ainsi qu’une maîtrise de la production et de la distribution. Mais pas de structure dédiée à la franchise, ni de DIP ou de recrutement actif. « Nous rencontrons quelquefois des entrepreneurs intéressés par notre enseigne, mais il y a toujours une raison qui nous empêche de confier notre marque à un autre : absence de feeling avec la personne, manque de capitaux pour l’investissement initial, emplacement n°1 bis… Nous sommes même démarchés par des investisseurs étrangers pour des implantations aux Etats-Unis, au Mexique, en Biélorussie ou en Chine. Nous préférons d’abord grandir en France, et à notre rythme », explique Romain Boucaud-Maître.


2000 clients en marque blanche

Et les affaires marchent : 13 millions de chiffre d’affaires en 2009, plus de 2000 clients (de grandes chocolateries) qui achètent les Chocolats Voisin en marque blanche (ce qui représente la moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise), des clients fidèles avec 1 Lyonnais sur 4 qui fréquente les boutiques, 5 magasins rénovées cette année…Le poids de l’héritage demeure le principal frein dans une entreprise qui appartient toujours à la même famille depuis son origine : « Nous avons besoin de connaître une expérience heureuse avec un entrepreneur indépendant pour mettre les moyens dans la franchise. On reste une PME. Ce saut dans l'inconnu nous attire autant qu'il nous appelle à la prudence », précise Romain Boucaud-Maître. Les conditions d’intégration dans le réseau sont bien définies : un entrepreneur possédant déjà plusieurs boutiques – et pas forcément dans le chocolat –, un local en emplacement n°1 dans une ville de plus de 100 000 habitants et 150 000 euros pour les travaux d’aménagement.

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