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Réseaux succursalistes : la franchise, source d’avenir (6/8)

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C. Fargier (Ninkasi) : « La licence de marque proposée à mes salariés comme une vraie reconnaissance »

18.06.2010, François Simoneschi

Le développement d’un réseau en licence de marque peut s’effectuer uniquement localement et avec des personnes longuement choisies, sans pour autant chercher à viser le territoire tout entier comme en franchise. Rencontre et explications avec Christophe Fargier, fondateur-dirigeant de l’enseigne Ninkasi.

Christophe Farguier, Ninkasi
Crédits photo : DR
Christophe Farguier, fondateur-dirigeant de l’enseigne Ninkasi.

Lieu d’attractivité

En 1997, de retour d’études aux Etats-Unis, Christophe Fargier décide d’ouvrir, avec un ami américain, une microbrasserie, proposant la consommation de la bière sur son lieu de production. Dans son projet, il associe cette boisson fragile, qui se détériore dans les transports au contact de la lumière et de la chaleur, au pain. Le premier établissement Ninkasi est ainsi né dans le quartier de Gerland à Lyon, au sein d’un énorme bâtiment d’une ancienne entreprise de transports.
Ce lieu brut, chargé de sa propre histoire, a été rénové pour accueillir 300 couverts à l’intérieur, une terrasse de 200 places et une salle de concert de 600 places. Son authenticité reflète les valeurs de l’enseigne : « Nous travaillons sur des produits de qualité, qu’ils soient réalisés par des artisans de la région ou de grandes sociétés. La convivialité, la volonté de brassage des populations – jeunes, cadres en costume-cravate – comme de promouvoir la diversité dans la musique appartient à notre culture. Nous voulons permettre aux gens d’échanger entre eux », souligne Christophe Fargier. Cet esprit se perpétue jusque dans le fonctionnement atypique de l’entreprise.


Management socio-économique

« L’enjeu est de créer les conditions d’une relation durable au travers d’un dialogue de qualité. Je suis conscient de la nécessité d’assurer un certain niveau de rentabilité afin de pouvoir appliquer notre concept en respectant nos valeurs. J’ai donc mis en place un mode de management socio-économique, avec des outils simples qui fonctionnent autant dans le monde de l’entreprise que dans le milieu culturel : il n’y a pas de performance économique sans performance sociale. Par exemple, un responsable ne peut encadrer plus de cinq salariés. Je travaille aussi sur un horizon de six mois avec chaque salarié, afin de les faire évoluer en compétence », affirme Christophe Fargier. Ce mode de fonctionnement atypique, propre au pilotage des équipes internes, étend son champ d’évolution jusqu’à la possibilité de devenir entrepreneur indépendant sous enseigne Ninkasi.


Ninkasi
Crédits photo : DR
L'enseigne Ninkasi compte un établissement principal dans le quartier de Gerland et cinq petits cafés.

Logique de développement locale

Cela a été récemment le cas pour Olivier et Sandrine Milesi, qui ont ouvert un établissement sous licence de marque Ninkasi dans le quartier Sans-Souci à Lyon. « La franchise n’est pas un système qui me fait rêver en tant qu’entrepreneur. Je préfère construire le développement du réseau Ninkasi sur l’agglomération lyonnaise, afin de garantir le respect du concept et de la vocation de l’entreprise, et d’éviter les conflits propres à un franchiseur et son franchisé. Le contrat de licence de marque Ninkasi implique un aménagement intérieur strictement défini, le respect d’une carte des menus, et l’exclusivité sur les bières. Je ne le propose qu’au salarié que j’ai formés, comme une vraie reconnaissance », explique Christophe Fargier. Une expérience tentée à Saint-Etienne avec une personne extérieure à Ninkasi ne s’est pas avérée concluante.


Entre 15 et 20 ouvertures visées

Le réseau Ninkasi compte un établissement principal dans le quartier de Gerland et cinq petits cafés. « Tous nos établissements hors Gerland auront normalement basculé en contrat de licence de marque d’ici deux ans. Je suis également en train de réfléchir à un organe de gouvernance dans le réseau, le pouvoir de chaque café étant proportionnel au chiffre d’affaires généré. Nous aimerions nous implanter sur le plateau de la Croix-Rousse, dans la zone de la Doua (à Villeurbanne), autour de la gare des Brotteaux et dans le quartier de Guillotière. Nous visons entre 15 et 20 points de vente. Ce qui déterminera le rythme d’ouverture, c’est l’humain », conclue Christophe Fargier.


Une déesse sumérienne devenue une institution lyonnaise
Ninkasi était la déesse de la bière chez mes Sumériens. Ce nom a été choisi pour l’enseigne afin de toucher le public féminin. Il existe une vraie tradition brassicole à Lyon, qui est née de la venue d’une trentaine de brasseurs d’Alsace-Lorraine après 1870.

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