J-B. Gouache : « Le risque devient calibré si l’entrepreneur analyse vraiment le DIP »
Le candidat à la franchise doit se renseigner sur le réseau qu’il souhaite intégrer, à partir des données du DIP. Quant au franchiseur, il lui faut se servir de ce document comme base d’un marketing de recrutement. Rencontre avec Jean-Baptiste Gouache, avocat.
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Selon Jean-Baptiste Gouache, avocat, les franchisés ont le devoir de se renseigner sur le réseau qu'ils visent
Franchisés : le devoir de se renseigner
Insuffisances de la loi Doubin
Un DIP, aussi parfait soit-il, ne permet pas de connaître le réseau du franchiseur pour estimer sa capacité à reproduire les recettes commerciales d’un concept. « La loi Doubin n’impose pas certaines informations pertinentes. Par exemple, elle prescrit de faire figurer les comptes annuels de la société du franchiseur pour les deux derniers exercices clos. Ce qui ne donne aucune information sur la rentabilité d’un franchisé ! De plus, il n’existe pas de délivrance de compte d’exploitation type. Des éléments, comme la puissance de la centrale d’achat et le nombre de magasins en propre, ne reflètent pas véritablement la santé financière des franchisés du réseau. », souligne Jean-Baptiste Gouache, avocat. L’entrepreneur doit donc réaliser des recherches complémentaires par ses propres moyens.
Comment travailler le DIP
La loi Doubin prescrit l’inscription de la liste des entreprises membres du réseau de franchise, l’adresse des franchisés, ainsi que le nombre d’entreprises ayant quitté le réseau au cours de l’année précédente. « Ces obligations contractuelles permettent de consulter les comptes des sociétés d’un réseau sur Infogreffe. Voire sur societe.com, où les données, certes gratuites, sont à la fois moins récentes et donc complètes. Grâce à ces résultats, on calcule la marge brute d’un point de vente, et on entre dans le détail de la formation des bénéfices d’une entreprise. C’est notamment fondamental dans le prêt-à-porter et plus généralement les franchises de distribution, où il y a une obligation d’approvisionnement exclusif, une clause laissant peu de marge de manœuvre. On estime aussi mieux les charges tel le coût moyen du loyer, etc. Le futur franchisé peut ainsi envisager de manière précise s’il est capable de faire face à ses remboursements de crédits. », décrypte Jean-Baptiste Gouache.
Faire parler les chiffres
Pour valider le niveau de chiffres d’affaire d’un point de vente, il faut surtout analyser les comptes d’exploitation d’unités comparables à celle que l’on souhaite ouvrir (taille et caractéristiques similaires pour l’agglomération). Mais aussi constater comment le chiffre d’affaires se forme durant l’année et la semaine (éventuelle concentration des ventes durant le week-end, etc.), afin d’adapter ses besoins en personnel, voire choisir le meilleur moment de l’année pour se lancer en cas de saisonnalité. Et enfin, vérifier l’ensemble des ratios significatifs, comme le ratio masse salariale / chiffre d’affaires par rapport au secteur.
Eviter un préjudice, parfois colossal
Le candidat entrepreneur ne doit pas se reposer sur ses seules compétences mais faire parler les chiffres avec l’aide d’un expert-comptable. Ces quelques centaines ou milliers d’euros, payés en échange de l’assistance d’un professionnel, représentent peu par rapport à un investissement mal pensé, dont le préjudice est parfois colossal. « L’entrepreneur peut perdre non seulement son apport initial, mais aussi la valeur de son compte courant et tout ou partie de son patrimoine si son cautionnement est actionné. Le risque devient calibré si l’entrepreneur prend la peine d’analyser le DIP », précise Jean-Baptiste Gouache.





