Entreprendre en famille : savoir gérer les relations parents-enfants
27.01.2012, Ophélie Colas des Francs
En France, 60 % des entreprises sont familiales. Plus pérennes, elles sont aussi plus rentables. Tout ne va pas pourtant de soi… Quelques pistes pour une bonne cohabitation des différentes générations.
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Médiateur
« A la maison, c’est "maman", ici, c’est "Isabelle". » Lorsqu’elle a proposé à son fils de 19 ans, Mathieu, de venir travailler dans son agence Aveo Home Staging, Isabelle Labbé a tout de suite fait le distinguo entre vie familiale et vie professionnelle. Fils de la patronne ou pas, Mathieu est un salarié comme les autres, ou presque… « Il a toute ma confiance, explique la chef d’entreprise exerçant à Metz (57). Pour lui faire prendre conscience de l’importance de la bonne gestion d’un chantier, je peux déballer tous les chiffres de l’entreprise. » D’ici à une quinzaine d’années, Isabelle compte bien lui transmettre la société. Les premiers mois de cohabitation n’ont pourtant pas été faciles : « Il ne comprenait pas l’importance de mon rôle dans l’entreprise, la difficulté de décrocher un contrat », se souvient-elle. La situation est d’autant plus délicate que Mathieu vit encore chez ses parents. Les soirées deviennent alors houleuses. « Mon mari a temporisé au moment où la situation aurait pu dériver », précise-t-elle. Aujourd’hui le duo mère-fils a trouvé son équilibre.
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Isabelle Labbé, franchisée Aveo, et son fils Mathieu
Chacun son point de vente
Alison, elle aussi, a 19 ans et c’est avec ses deux parents, propriétaires de deux boutiques La Mie Câline à Albi (81), qu’elle travaille. Etudiante en BTS de management des unités commerciales, elle dirige le deuxième point de vente seule, en liaison téléphonique avec sa mère. « Le travail est primordial dans notre vie de famille, explique sa mère, Laurence Plas. Alison, qui a les mêmes objectifs que nous, est la meilleure personne pour nous représenter. » Deux générations, deux visions différentes, les tensions ne manquent cependant pas d’apparaître dans la journée, pour se dissiper le soir. « Je pars au quart de tour, confesse Alison. Il nous est arrivé de nous fâcher en journée mais le soir, nous en reparlons à table, en prenant du recul. » Si la jeune fille se dépense sans compter pour l’entreprise, elle ne renonce pas pour autant à sa vie personnelle : « Quand je n’ai pas envie de donner un coup de main, je prends mes jours de repos, comme tout salarié. » Et sa mère ne lui en tient pas rigueur. Une attitude indispensable selon Alexandre Loisy, directeur du cabinet RH médiation : « Les liens familiaux sont une force mais l’enfant doit être volontaire et considéré comme un adulte. Si on l’embauche uniquement pour lui fournir un emploi, on monte un piège. » Aussi faut-il poser des règles dès le départ. « L’idéal est de rédiger une fiche de poste pour bien délimiter les tâches et les délégations. Elle servira de référence en cas de conflit », poursuit l’expert.






