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Les commerçants condamnés à évoluer pour sauver les villes

03.02.2012, source : Les Echos.fr

Les chambres de commerce réunissent aujourd’hui à Paris 2.000 commerçants de la France entière pour présenter les mesures qu’ils jugent indispensables pour maintenir leur activité dans les centres-villes dont ils s’affirment de plus en plus les gardiens.

Lien social, proximité, développement durable, innovation, solidarité, mais aussi soutien et protection, tous les thèmes chers aux commerçants seront abordés par les 2.000 détaillants réunis aujourd’hui à Paris sous l’égide des chambres de commerce. L’enjeu : défendre un secteur économique qui représente 10 % du PIB et 20 % des emplois privés mais aussi un système en pleine mutation, bousculé par les nouveaux rythmes de vie et le commerce électronique. Les commerçants qui ont absorbé le choc de la grande distribution dans les années 1970 en ont certes vu d’autres mais pour André Marcon, le président de l’assemblée faîtière des chambres de commerce (Acfci), l’enjeu est aussi sociétal. « Les commerces ont un rôle à jouer irremplaçable, ils assurent l’animation des coeurs de ville, explique-t-il, en rappelant que 72 % d’entre eux sont des magasins de proximité, mais les commerçants doivent aussi se remettre en cause, s’interroger sur les moyens d’ouvrir le midi et le soir, s’adapter aux achats sur Internet qui représentent déjà un achat sur dix, sur leur rôle de conseiller ou de service après-vente. C’est une révolution culturelle. »


« Cahiers d’espérance »

Révolution dans laquelle, là encore, Internet joue un rôle clef. « L’e-commerce est de moins en moins compliqué, c’est un marché complètement ouvert et on ne pourra pas faire autrement. Aujourd’hui, pour les commerçants, l’important, c’est de savoir conseiller, poursuit André Marcon. Le client qui a accès à un stock mondial de marchandises qui ne cesse de s’étendre sera de plus en plus souvent prêt à payer un commerçant qui saura le conseiller et s’engager sur le service après-vente et les délais de livraison. »


Appelés par l’Acfci à réfléchir sur ces questions, les commerçants d’une cinquantaine de grandes villes ont rédigé des « cahiers d’espérance » qui rassemblent des propositions destinées à faire évoluer leur cadre réglementaire et législatif pour favoriser leur adaptation à cette nouvelle donne. Elles seront détaillées cet après-midi avant d’être soumises aux candidats à la présidentielle.

« Plus que des révolutions, nous avons besoin qu’on nous simplifie la vie », résume André Marcon. Il y est surtout question d’accès des jeunes aux métiers, de formation (notamment au commerce électronique), de dispositifs pour favoriser l’implantation de commerces en zones rurales et dans les quartiers en difficulté, d’organisation commerciale et de commerce durable. Au chapitre des « soutiens », les commerçants suggèrent entre autres de faciliter la prise de décision des banques pour les financements de moins de 25.000 euros, de créer un prêt commerce, de stimuler la création de fonds d’investissement dans le commerce ou de relever les seuils du régime fiscal de la microentreprise ou encore mieux cibler les moyens du Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce sur les besoins des commerçants. Enfin, des allégements fiscaux devraient être associés à la transmission de commerces dans les quartiers difficiles et en zones rurales.


Dominique MALÉCOT, Les Echos, 30/01/2012